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La légende est toujours bien vivante: le «Rainbow Warrior II» ©Greenpeace/Aslund

En septembre 1971, le navire "Phyllis Cormack" quittait le port de Vancouver pour le cap d'Aleuten. Sur la voile était inscrit en grande lettre le mot GREENPEACE. Le bateau s'est frayé un chemin dans le Golf de l’Alaska à une vitesse maximum de dix nœuds. C'est ainsi que le premier navire de Greenpeace marquait le début d'une nouvelle ère.

Les bateaux sont en quelque sorte la marque de fabrique de Greenpeace. Le plus connu de tous est le «Rainbow Warrior». Le premier «Rainbow Warrior» a été dynamité par des agents des services secrets français en 1985. Avec le «Rainbow Warrior II», Greenpeace lutte aujourd’hui contre les transports de plutonium, l’immersion des déchets toxiques, les exterminateurs de baleines et autres délinquants de l’environnement. Le nouveau bateau, le «Rainbow Warrior III», doit être mis en fonctionnement en 2011.

L’attentat perpétré le 10 juillet 1985 par la DGSE – les services secrets français – sur le «Rainbow Warrior I» pourrait être tiré d’un film policier. Deux agents qui avaient pénétré en Nouvelle-Zélande munis de faux passeports suisses font ce jour-là sauter le navire amarré dans le port d’Auckland sur la coque duquel ils avaient fixé deux charges explosives. Le fait que le photographe et père de famille Fernando Pereira ait été tué ne constitue pour les services secrets qu’un «dommage collatéral» regrettable.


Le recours à des méthodes aussi violentes montre clairement la nervosité de l’Etat français devant les campagnes de protestation menées par le «Rainbow Warrior» contre ses essais nucléaires. A Auckland, l’équipage du bateau était justement en train de préparer une nouvelle action devant la zone d’essais de l’atoll de Mururoa. L’attentat devait empêcher cette action.

Quelques semaines plus tôt, l’équipage du «Rainbow Warrior» avait aidé les habitants de l’île de Rongelap, contaminée par les retombées radioactives des explosions, à quitter définitivement leur terre natale. Depuis les essais nucléaires américains sur l’atoll de Bikini, la terre et l’eau de cette île du Pacifique sont en effet radioactifs; 95% de la population souffrait de cancers et de nombreux enfants étaient atteints de malformations génétiques.

Cette rencontre avec les habitants de Rongelap allait être décisive pour les militants de Greenpeace, car elle illustrait les terribles effets des essais nucléaires et les confortait dans leur lutte. Désormais, seuls des essais nucléaires souterrains sont encore pratiqués, même s’ils sont largement proscrits. Il s’agit là de l’un des premiers grands succès remportés par Greenpeace.

Que ces bateaux soient en mission pour lutter contre la pêche au chalut et aux filets dérivants qui fait des ravages, ou contre l’immersion de déchets toxiques en haute mer, une chose est sûre: bien souvent les opérations très médiatiques de Greenpeace ne pourraient être réalisées sans le concours du «Rainbow Warrior», de l’«Esperanza» ou de l’«Arctic Sunrise». Ces grands navires, que viennent renforcer les canots pneumatiques, faciles à manoeuvrer, permettent à Greenpeace d’être sur place lorsque des chalutiers chargés de produits toxiques sont clandestinement mis à la casse ou que les interdictions de pêche dans des eaux internationales sont purement et simplement ignorées.

Le «Rainbow Warrior III» devra, avant toutes choses, correspondre aux normes les plus rigoureuses en matière d’écologie. ©Greenpeace/Schorr

Le Rainbow Warrior III: un bateau pas comme les autres

En juillet dernier, le directeur de Greenpeace International, Gerd Leipold, signait le contrat portant sur la fabrication du «Rainbow Warrior III». Ce nouveau bateau devrait coûter 23 millions d’euros, soit environ 35 millions de francs suisses. C’est la première fois que Greenpeace fait construire un bateau. Jusqu’à présent, l’organisation avait acheté des bateaux déjà usagés et les avait transformés en fonction de ses besoins.

Le «Rainbow Warrior III» sera construit de manière à pouvoir naviguer le plus souvent possible à la voile: grâce à une surface vélique de 1'300 mètres carrés, il pourra atteindre des vitesses remarquables. Des canots pneumatiques spéciaux pourront être utilisés rapidement et en toute sécurité par gros temps également. Dans la salle multimédia sécurisée, Greenpeace pourra traiter des photos et des vidéos sur place et les envoyer via Internet et par satellite dans le monde entier.

Mais ce bateau doit, avant toutes choses, correspondre aux normes les plus rigoureuses en matière d’écologie. Les eaux usées seront retraitées et purifiées de manière biologique et un système de remplissage des réservoirs et d’aération central doit empêcher des fuites de carburant ou d’huile lorsque le bateau fait le plein. Ses moteurs à propulsion mécanique de type diesel consomment par ailleurs fort peu de carburant.

 

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