Rien à faire, l'accord n'est ni équitable, ni ambitieux, ni contraignant. Les leaders ont rendu leur copie mais ils n'ont pas fait leur job: nous prémunir des conséquences des changements climatiques. Honte sur eux.
Copenhague ressemble à une scène de crime climatique avec des hommes et femmes coupables fuyant vers l'aéroport, la honte aux joues. Les dirigeants de ce monde avaient la chance - unique pour cette génération - de changer radicalement le monde en évitant les conséquences les plus dramatiques des changements climatiques.
Ce dont nous avons besoin, c'est d'un accord contraignant et équitable vis à vis des pays en voie de développement et suffisamment ambitieux pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et mettre un terme à la déforestation.
En fin de compte, la montagne Copenhague n'a fait qu'accoucher d'une souris. L'accord sur la table ressemble tellement à une passoire qu'Air Force One, l'avion présidentiel américain pourrait s'y engouffrer. Dans un monde en crise, la crise à laquelle nous venons d'assister est avant tout une crise de leadership.
La lutte pour le climat ne s'achève pas ce 19 décembre. Partout dans le monde, des citoyens ont réclamé un accord de Copenhague fort. A Bruxelles, le 5 décembre dernier nous étions 15'000 à réclamer un peu d'espoir pour la planète. Cette revendication demeure. La lutte contre le réchauffement planétaire doit se poursuivre à tous les niveaux politiques. Elle doit être menée à l'échelon local, régional, national et international.
Kumi Naîdoo, directeur général de Greenpeace International a rédigé une lettre Climate Change: failure is not an option (Changements climatiques: l'échec n'est pas une option) où il avertit que Greenpeace, comme d'autres organisations non gouvernementales, ne baissera pas les bras et où il s'engage à continuer à tout mettre en oeuvre pour que les leaders de ce monde terminent ce qu'ils ont commencé. Dans cette lettre ouverte aux sympathisants de Greenpeace, il se demande si nous pourront les mettre au pas suffisamment tôt.
Il note enfin avec ironie que si certains quittent Copenhague dans des jets privés, trois militants de Greenpeace sont actuellement en prison pour trois semaines après avoir agi pour le climat en s'invitant au dîner de gala offert aux chefs d'état par la souveraine danoise...