Libération des 4 militants emprisonnés à Copenhague

6.01.2010  Greenpeace annonce avec soulagement la fin de la détention provisoire de Juan Lopez de Uralde (Espagne), Nora Christiansen (Norvège), Christian Schmutz (Suisse) et Joris Thijssen (Hollande) aujourd’hui, vers 17h50, après 19 jours de détention préventive à Copenhague.

Cette libération n'est qu'une étape car ils risquent toujours d'être traînés devant les tribunaux danois et d'être condamnés à des peines de prison. ©Greenpeace/Holsting

«Alors que les responsables de l’échec de Copenhague, les fossoyeurs du climat, ont passé les fêtes au chaud en famille et sabré le champagne, les vrais héros étaient en prison,» déclare Cyrill Studer, spécialiste du climat chez Greenpeace Suisse. «Priver les quatre militants Greenpeace d’un Noël en famille a représenté une condamnation sans procès. C’est totalement disproportionné par rapport à ce qu’ils ont fait, alors que les pseudos leaders politiques, présents à Copenhague, sont rentrés chez eux, libres comme l’air et pourtant coupables d’un véritable crime climatique en ne parvenant pas à un accord équitable, ambitieux et légalement contraignant.»

La justice danoise doit encore trancher sur le sort des quatre militants ayant protesté de manière pacifique le 17 décembre 2009. Leur crime: avoir manifesté de façon non-violente un point de vue partagé par des millions de personnes et avoir brandi des banderoles portant le message «Les politiciens parlent – les leaders agissent» dans le palais de la Reine du Danemark, lors du dîner de gala organisé pour les chefs d’État. Greenpeace a lancé cette action non-violente à visage découvert. Les logos de Greenpeace étaient collés sur les pare-brises des limousines et les plaques d’immatriculation affichaient un 007, clin d’œil à James Bond. Par ailleurs, Greenpeace coopère en toute transparence avec la police danoise qui mène l’enquête.

En Suisse et dans de nombreux pays européens, des manifestations ont été organisées devant les ambassades et consulats danois. Malgré la fin de la détention préventive, Greenpeace continue de soutenir activement les militants en vue de leur procès. Aux Etats-Unis en juillet dernier, onze militants ont escaladé le Mont Rushmore pour y déployer une banderole avec le visage de Barack Obama et le message «L’Amérique honore les leaders, pas les politiciens: stop au réchauffement climatique». Ils ont été jugés le lundi 4 janvier et condamnés à effectuer chacun entre 50 et 100 heures de travaux d’intérêt général. L’un d’eux, Matt Leonard, a même été condamné à deux jours de prison ferme. Au Japon, deux militants sont poursuivis depuis deux ans pour avoir subtilisé des colis contenant de la viande de baleine afin de les remettre à la police dans le but de dénoncer le trafic illégal de ce produit. Mais la réponse de la justice japonaise a été de poursuivre les militants pour vol plutôt que d’enquêter sur le trafic en question.

Greenpeace dénonce ces situations qui illustrent une dérive dangereuse dans les pays démocratiques: la criminalisation de l’action militante non-violente.

Vidéo de la libération de nos militants


 


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