En mai 2008 Greenpeace révélait un véritable trafic de viande de baleine après une enquête de plusieurs mois. Junichi Sato et Toru Suzuki, deux collaborateurs de Greenpeace Japon, sont accusés d'avoir volé un carton contenant 23,5 kilos de viande de baleine débarqué du Nisshin Maru, le navire-amiral de la flotte japonaise, de retour de la chasse à la baleine dans l'Antarctique. Ce carton avait été remis par Greenpeace aux autorités japonaises pour constituer une preuve de l'existence d'un trafic organisé de viande de baleine en provenance du Nisshin Maru. En dépit du moratoire international sur la chasse à la baleine, le gouvernement japonais continue de chasser dans le sanctuaire antarctique à des fins soi-disant scientifiques.
«Les Japonais sont plus que jamais en droit de savoir lorsque leur gouvernement se rend complice d’une faute grave. En révélant le détournement de la viande de baleine par la flottille japonaise, les deux militants ont agi dans le respect des principes fondamentaux des droits de l’homme et dans l’intérêt des citoyens japonais!» affirme François Chartier, chargé de campagne Océans pour Greenpeace France.
Au Japon, Greenpeace appelle aujourd’hui l’Agence japonaise des pêches (FAJ) à communiquer les vrais registres de ventes de viande de baleine. Ces documents sont censés détailler ces ventes ainsi que les termes du contrat entre la FAJ et l’ICR (Institut de recherche des cétacés). Des documents ont été remis le 19 janvier dernier, mais ils étaient falsifiés et n’avaient aucune valeur légale. «Ces documents, volontairement falsifiés, rendent compte du niveau de secret qui entoure le programme gouvernemental de recherche baleinière pseudo scientifique » affirme Jun Hoshikawa, directeur exécutif de Greenpeace Japon, «ils symbolisent le manque de volonté criant de la part de la FAJ à respecter ses engagements en termes de transparence et de responsabilité!»
Malgré l’actuelle crise économique – la plus grave du siècle au Japon – la FAJ continue de subventionner l’ICR et son soi-disant programme de recherche scientifique dans l’océan Austral à hauteur de 500 millions de yen (5 millions d’euros) par an. Les contribuables japonais financent ainsi à leur insu une activité non-rentable et dont les dirigeants se refusent à communiquer la façon dont cet argent est dépensé. La validité scientifique n’a jamais été reconnue au niveau international. Seuls les industriels de la chasse baleinière ainsi qu’une poignée de bureaucrates soutiennent encore ce programme.