De nombreux sondages ont montré et montrent encore qu'une très large majorité des consommatrices et des consommateurs considère que les aliments transgéniques (génétiquement modifiés, GM) comportent plus de risques que d'avantages. De plus en plus de consommateurs veulent des aliments naturels, sans pesticides ni génie génétique et provenant d'élevages respectueux des animaux. Tous les grands distributeurs ont donc renoncé d'eux-mêmes à vendre des aliments GM. Des organisations comme Greenpeace ont systématiquement recherché et dénoncé la vente de produits GM; ils ont donc été rapidement retirés des étalages. Les agriculteurs y ont aussi renoncé volontairement parce que l'agriculture suisse n'a de chances de survie que dans la production de qualité proche de la nature et du consommateur.
Non. Un pays aussi petit et compartimenté que la Suisse ne permet pas à une agriculture bio et GM de coexister. Le vent peut transporter le pollen GM de certaines espèces sur plusieurs centaines de mètres ou plusieurs kilomètres, ce pollen GM peut ensuite féconder des plantes de la même famille contaminant des cultures entières qui ne pourraient plus être vendues comme bio. Les dégâts économiques seraient énormes pour l'agriculture suisse qui est connue pour ses produits de qualité.
Non. Les animaux et les plantes GM prétendument à haut rendement ne sont pas une réponse au problème de la faim dans le monde. Les causes de ce problème ne se trouvent pas dans une production insuffisante, l'agriculture mondiale produit en effet plus de nourriture que jamais auparavant. L'Inde produit par exemple chaque année 24 millions de tonnes de blé et de riz en excédent; ce qui n'empêche pas des millions de personnes de souffrir de la faim chaque jour en Inde. Les causes des problèmes de faim ou de malnutrition ne peuvent pas être résorbées avec une 'solution brevetée'. Elles ont en effet souvent des origines économiques et sociales multiples, quand elles ne sont pas les conséquences de guerres et d'enrichissement d'un petit nombre d'entreprises, de potentats et de gouvernements.
Oui. Les principaux producteurs de soja fourrager sont les USA, l'Argentine, le Canada, le Brésil et la Chine; ce soja fourrager est largement GM. En 2005, les surfaces cultivées en plantes GM sont passées de 68 à 81 millions d'hectares – soit 20 fois la surface de la Suisse – pour ce faire, des millions d'hectares de forêts anciennes ont été défrichés (surtout en Amazonie). L'Europe est un important acheteur de soja GM; l'Argentine à elle seule livre 30 millions de tonnes de soja GM à l'industrie alimentaire européenne. Ce soja est affouragé à des porcs, des vaches, des volailles ou des poissons et se retrouvera dans nos assiettes sous forme de lait, de fromage, de yaourt ou de viande.
Non. Les agriculteurs suisses renoncent volontairement aux fourrages GM parce que l'agriculture suisse ne survivra qu'en continuant à se concentrer sur une agriculture de niche pour des aliments produits naturellement.
En ne mangeant que des aliments suisses, bio ou écologiques vous soutenez une agriculture diversifiée et soutenable. Des labels suisses garantissent l'absence de fourrages GM dans leurs produits: Bio-Suisse, Demeter, KAG Freiland, IP-Suisse, Suisse Garantie, Coop Naturaplan, Bio-Migros, M-7 de Migros.
Greenpeace s'engage pour l'application de la tolérance zéro pour les semences. Mais actuellement 0.5% de contamination des semences est autorisé; ce n'est pas satisfaisant parce que cela constitue une dissémination rampante. La séparation entre produits GM et non GM lors de la production et de la transformation doit encore être améliorée pour éviter les contaminations. Il n'est pas non plus satisfaisant que les producteurs de viande élevant des animaux nourris avec des plantes GM ne doivent pas le déclarer.
Pas du point de vue d'une organisation écologiste comme Greenpeace. Dans le domaine médical, les chercheurs utilisent des micro-organismes GM dans des milieux fermés pour une production plus rationnelle de médicaments. Ces médicaments ne contiennent pas d'OGM et ces procédés ne relâchent pas d'OGM dans l'environnement s'ils sont exécutés correctement. Les humains mettent de (trop?) grands espoirs dans le génie génétique appliqué à la médecine. Ils espèrent ainsi que le génie génétique permettra de développer de nouvelles thérapies pour soigner des maladies incurables à ce jour. Les thérapies géniques sont toutefois très controversées et n'ont eu que peu de succès.
Rien ne s'oppose à la production de médicaments au moyen du génie génétique, pour autant qu'il n'y ait pas de dissémination de transgènes. Cela vaut aussi pour la production d'additifs alimentaires qui ne contiennent plus l'OGM qui a servi à les fabriquer. Dans la sélection de plantes, le "marker assisted breeding" – le marquage par génie génétique de plantes conventionnelles ou bio de lignées particulièrement prometteuses – permet sans doute d'obtenir des succès. Toutes ces applications qui n'impliquent pas de dissémination dans l'environnement peuvent tout à fait être utiles. C'est aussi le cas des applications purement analytiques comme le déchiffrage des génomes d'animaux et de plantes qui permet de mieux les comprendre.
Au contraire. L'agriculture suisse est mise sous pression par l'importation de produits bon marché; il est d'autant plus important que la Suisse puisse s'imposer contre la concurrence avec des produits de qualité élevée. Si la Suisse fait comme tous les autres pays et vend des OGM sur le marché international, nos agriculteurs n'ont plus aucune chance, car la différence de prix par rapport aux produits bon marché de l'étranger ne se justifiera plus. Par ailleurs, le moratoire sur la culture d'OGM ne touche pas la recherche, car il ne concerne que la culture commerciale de plantes GM.
Non, Greenpeace les rejette catégoriquement. En brevetant des semences, les transnationales de l'agrochimie comme Syngenta et Monsanto visent le contrôle du commerce planétaire des semences. Un brevet donne à son détenteur le monopole sur la fabrication et la commercialisation d'un produit. Les perdants sont les agriculteurs qui ne peuvent plus garder une partie de leur récolte pour la semer l'année suivante – ou seulement en payant une redevance. Chaque année, ils doivent acheter les semences GM à un prix élevé.
De nombreux agriculteurs de pays pauvres ne peuvent pas se permettre un achat de semences brevetées et sont poussés dans la pauvreté. Les éleveurs et sélectionneurs sont aussi perdants, car pour pouvoir travailler avec succès, ils doivent pouvoir avoir accès librement à de nombreuses sortes. Les brevets limitent ce libre accès ou le rendent impossible. Les brevets sur des parties du corps humain, des gènes ou des procédés analytiques augmentent les prix des diagnostiques et des thérapies médicales – au bénéfice des transnationales de la pharmacochimie. Mais les transnationales pharmaceutiques et alimentaires brevètent aussi des animaux et des plantes parfaitement naturels dont ils prévoient de profiter. Nous qualifions cela de biopiraterie, car ce n'est rien d'autre que le vol d'une partie de la diversité génétique naturelle de notre Terre.