FAQ sur la pêche

 

Quels sont les effets sur l'écosystème océanique et l'environnement en général s'il n'y a plus de poissons?

Les effets sur l'écosystème océanique sont multiples. Les méthodes de pêche destructrices, comme le chalutage en eaux profondes, ont une forte influence sur l'écosystème. Le chalutage en eaux profondes consiste à traîner d'énormes filets lourdement lestés sur le plancher océanique. Ce procédé détruit tout ce qui fait obstacle au passage du filet, à commencer par les récifs de corail qui offrent abri et nourriture à d'innombrables espèces animales. Les poissons perdent leur biotope et ne peuvent plus se développer et se reproduire correctement. Le chalutage en eaux profondes n'utilise en général pas de méthodes de pêche sélectives, ce qui fait que d'innombrables poissons non ciblés se retrouvent comme prises annexes dans les filets. Cela provoque une réduction massive des stocks de poissons. Un autre problème vient du fait que les poissons vivant à grande profondeur ne se reproduisent que tard. Or le chalutage en eaux profondes les attrape souvent avant qu'ils aient pu se reproduire.

 

Quels pays et quelles entreprises pillent le plus les océans?

Toutes les grandes marques connues qui n'ont pas de label bio. La plupart de ces marques appartiennent à des transnationales comme Unilever et Deutsche See. Chaque pays pratiquant la pêche industrielle, dont le chalutage en eaux profondes constitue une méthode, est coresponsable du pillage des océans. En Europe, l'Espagne joue un rôle particulièrement critiquable parce qu'elle pratique la pêche illégale à grande échelle. Les pêcheurs illégaux pillent les mers sans autorisation, sans contrôle et en contravention avec les prescriptions relatives à la pêche. Le Japon et la Chine jouent aussi un rôle très critiquable. Ils pratiquent la pêche industrielle sans retenue et à grands frais. Ils achètent aussi souvent les cargaisons de pêcheurs illégaux – en général en haute mer. Ce comportement encourage indirectement la pêche illégale et donc le pillage des océans.

 

Quelles sont les méthodes de pêche plus douces?

Seules les méthodes de pêche sélectives permettent une pêche plus "douce". Cela signifie que l'on ne pêche que les poissons d'une certaine espèce et qui sont assez grands et vieux. Cela permet de réduire fortement les prises annexes. La pêche côtière est elle aussi soutenable, elle permet à de nombreux petits pêcheurs et à leurs familles de vivre. Ils sortent en mer tous les matins, n'appliquent pas de méthodes industrielles et ne menacent donc pas les stocks.

 

Pourquoi les méthodes de pêche sélectives ne sont-elles pas utilisées plus souvent?

La pêche sélective est une pêche plutôt chère, ses méthodes demandent un important investissement financier et une bonne formation des pêcheurs. C'est contraire aux objectifs de profit maximal que visent les pêcheurs industriels. Comme la pêche industrielle a déjà largement surpêché tous les océans, les pêcheurs doivent faire de plus en plus d'efforts pour remplir leurs filets. La pêche se trouve donc dans un cercle vicieux qui ne pourra être rompu qu'avec des décisions courageuses, mais efficaces.

 

Pourquoi l'UE et les autres Etats ne fixent-ils pas des quotas de pêche de façon à ce que la survie des poissons soit assurée à long terme et que la mer reste une source de nourriture?

C'est une décision politique. On sait en principe quels quotas de pêche permettraient de garantir une pêche durable. Le Conseil international pour l'exploration des mers (International Council for the Exploration of the Sea) recommande des quotas de pêche annuel pour chaque espèce de poisson qui permettent une pêche durable et la survie des poissons. Mais les Etats ne respectent pas ou pas assez ces quotas. Par crainte de pertes économiques, les autorités politiques décident souvent en faveur de l'industrie de la pêche – avec des conséquences catastrophiques pour les océans.

 

Y a-t-il des pays qui tentent de contourner ces quotas de pêche?

Il est courant que les quotas de pêche soient contournés. On qualifie cette pêche d'illégale, de non-répertoriée et de non réglementée (illegal, unreported and unregulated, IUU), elle constitue un grave problème. Les pêcheurs industriels prennent la mer et pêchent autant de poisson que possible. Les prises sont ramenées illégalement à terre ou même transférées au large sur d'autres bateaux. Ce sont surtout des bateaux japonais et chinois qui procèdent de la sorte. En Europe, c'est l'Espagne qui compte le plus de pêcheurs illégaux.

 

Quels dégâts commettent les pays qui pratiquent la pêche illégale?

Les dégâts sont immenses. Les pêcheurs illégaux contreviennent aux quotas de pêche, déjà définis de façon très peu réaliste, et constituent donc une menace supplémentaire. Cela fait que de nombreuses espèces de poissons sont plus fortement pêchées que prévu, ce qui provoque des erreurs d'estimation sur la taille réelle des stocks qui se réduisent de plus en plus et ont de la peine à se reproduire.

 

Les petits pêcheurs ont-ils encore leur place à côté des flottes de pêche industrielle?

Pratiquement plus. La source de revenus de millions de personnes, qui vivent de toute façon dans des conditions difficiles, est de plus en plus menacée. La pêche industrielle ne donne plus assez de temps aux poissons pour se reproduire. Du coup, les poissons disparaissent complètement des zones accessibles aux petits pêcheurs côtiers. Pour trouver de nouveaux revenus, de nombreux pêcheurs côtiers se livrent au braconnage. En Afrique, par exemple, ils chassent des singes, des éléphants, des lions et d'autres animaux menacés d'extinction. La pêche industrielle a donc aussi un effet négatif sur la biodiversité terrestre.

 

Quel pourcentage d'animaux pêchés est-il considéré comme prise non souhaitée ou annexe?

Cela dépend beaucoup de la méthode de pêche et de l'espèce pêchée. La pêche de crevettes sauvages peut provoquer des prises annexes atteignant jusqu'à 80%. La pêche non sélective implique 40% de prises annexes et la pêche sélective moins de 10%.

 

Que fait-on de ces prises annexes?

Les prises annexes sont en général rejetées à la mer, mortes ou presque; ce sont des poissons, de petites et de grandes baleines, des oiseaux marins, des phoques, des tortues de mer, etc. Si une espèce ayant une haute valeur marchande se retrouve dans les prises annexes, il arrive souvent qu'elle soit illégalement vendue au plus offrant.

 

Que puis-je faire personnellement pour assurer la survie de certaines espèces de poissons?

Consommez aussi peu de poissons de mer que possible et évitez les produits à base de poisson comme le surimi ou les bâtonnets de poissons. La brochure "Quel poisson dans nos assiettes" de Greenpeace vous informe sur les poissons de mer qu'il est judicieux de manger en Suisse. Le poisson suisse ainsi que les poissons de mer avec le label Bio sont des alternatives que vous pouvez consommer sans inquiétude.

 


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