De récentes mesures effectuées par Greenpeace dans la région entourant le complexe nucléaire de Mayak contaminée par la radioactivité montrent qu’en deux ans les valeurs en strontium et en tritium ont considérablement augmenté dans l’eau de la rivière Tetcha. Cela suscite de nouvelles questions que Greenpeace transmet à Axpo pour le voyage d’information qu’elle veut organiser à Mayak. Ce voyage se fera sans Greenpeace, contrairement à ce que l’exploitant de centrales nucléaires avait laissé entendre jusqu’ici.


En novembre 2010, Greenpeace a parcouru la région contaminée autour du complexe nucléaire de Mayak. ©Greenpeace/Sinyakov (Archives)

En 2010, Greenpeace avait révélé que les centrales nucléaires suisses utilisent aussi des barres de combustible nucléaire contenant de l’uranium retraité par l’usine de retraitement de plutonium de Mayak. La région autour de Mayak est contaminée par la radioactivité suite à une série d’accidents et de graves négligences: en fait les déchets radioactifs liquides sont déversés dans les eaux souterraines et de surface.

En novembre 2010, Greenpeace a parcouru la région contaminée autour du complexe nucléaire de Mayak pour se faire une opinion de la situation sur place. Durant ce voyage, des échantillons ont été prélevés dans la rivière Tetcha. Ils ont ensuite été analysés dans les laboratoires de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD); ils affichaient des valeurs alarmantes en strontium et en tritium. Et les valeurs en césium 137 ont augmenté de plus de 30% depuis 2008. La provenance de cette radioactivité n’est toujours pas claire.

Greenpeace présume que le complexe nucléaire de Mayak continue de déverser des déchets radioactifs dans la Tetcha et de contaminer ainsi l’espace vital de la population locale. De leur côté, les exploitants de Mayak assurent que le fonctionnement actuel ne provoque pas de nouvelle menace pour l’environnement et que les problèmes soulevés viennent de sites contaminés historiques.

En tant que cliente achetant du combustible nucléaire à Mayak, Axpo veut en savoir plus et veut manifestement organiser un nouveau voyage d’information à Mayak durant l’été. Axpo considère que ses pratiques commerciales (l’achat de combustible à Mayak) se justifient si la contamination radioactive des eaux de surface provient d’événements antérieurs et que l’exploitation actuelle respecte les normes environnementales.

Les inquiétants résultats des dernières analyses d’eau suscitent des questions que Greenpeace a posées à Axpo pour qu’elle les soumette à ses interlocuteurs lors de son prochain voyage à Mayak: « Si Axpo veut instaurer une vraie transparence par rapport à la situation à Mayak, comme elle l’annonce régulièrement, elle doit tout faire pour clarifier la situation. Si elle n’y parvient pas, ce voyage n’aura été qu’une opération de relations publiques, » déclare Florian Kasser, chargé de la campagne énergie de Greenpeace.

Le fait qu’Axpo n’accepte pas la participation de Greenpeace suscite peu de confiance en la réelle volonté d’information de l’exploitant de centrales nucléaires. En janvier, Axpo avait pourtant encore certifié qu’une participation est « en principe possible ». On ne sait pas ce qui a provoqué ce changement d’attitude. « Elle nuit en tous cas à la crédibilité du voyage. Cela ne fait pas très bonne impression de la part d’une entreprise aux mains des cantons, » ajoute Florian Kasser.