Le projet de centrale nucléaire sous-marine Flexblue est un défi à l’entendement, un cauchemar pour la biosphère et une solution miracle à court terme pour l’industrie nucléaire en perte de vitesse. Comment est-on arrivé à ce que les consortiums français de l’énergie atomique (EDF, Areva, CEA) prennent au sérieux l’idée d’un armateur de construire des centrales nucléaires sous-marines, opérées à distance, pour alimenter des villes côtières de pays émergents? Petit retour sur son histoire avant une exploration du délire Flexblue.L’industrie et la recherche appliquée ont de tous temps été mis au service des intérêts militaires des Etats. Depuis 350 ans la Direction des Constructions navales (DCNS) livre des navires de guerre au Roi et plus récemment au Ministère de la défense français. Encore majoritairement en mains de l’Etat (75% du capital), la DCNS a acquis les activités navales du groupe Thalès en 2006. La fusion donne à la DCNS les épaules nécessaires pour jouer du coude sur le marché mondial de l’armement. L’Allemagne, le Brésil et la Russie font partie des pays clients de l’armateur DCNS. L’appétit venant en mangeant, la direction a identifié des opportunités alléchantes non plus auprès des seuls ministères de la défense mais aussi auprès des ministères de l’industrie des pays qui ne se sont pas encore endettés jusqu’au cou: les pays dorénavant appelés des « économies émergentes ». Ceux-ci pourraient remplir le carnet de commande de la DCNS. Selon le scénario de référence World Energy Outlook de l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale d’énergie augmentera de 36% entre 2008 et 2035. Les pays hors OCDE représentent 93% de cette croissance. A part leur solvabilité, ces pays présentent l’avantage, pour la DCNS et leur Flexblue, d’avoir un appétit croissant en approvisionnement énergétique. Jusqu’ici l’expansion de l’industrie nucléaire vers les pays nouvellement industrialisés posait des problèmes structurels importants: absence de personnel formé sur place, réseau d’acheminement de courant à bâtir, problèmes de sécurisation du site, conditions défavorables pour la gestion courante des centrales, leur maintenance et le remplacement régulier du combustible usé. Voici comment Flexblue résoudrait ces problèmes selon la DCNS: ces centrales seraient fabriquées en France (Cherbourg), livrées par bateau, arrimées au fond marin, entièrement télégérées par le fabricant et resteraient sa propriété sous contrat de leasing avec le pays client. En ne fournissant « que » 50 à 250 MW, soit le quart d’une centrale habituelle, il serait plus facile d’assurer l’écoulement continu de l’énergie fournie. Un écoulement indispensable puisque la production d’une centrale nucléaire doit impérativement être consommée pour éviter son emballement.Ce nouveau type de centrale nucléaire, appelé Small Modular Reactor (SMR), ne mobilise pas seulement les ingénieurs de la DCNS mais aussi ceux de Terrapower (projet de Bill Gates) et plus proche de nous les ingénieurs Russes qui ont inauguré l’Akademik Lomonosov, une centrale nucléaire flottante (70 MW), construite pour dessaler 240’000 m3 d’eau par jour ou approvisionner une ville de 200’000 habitants. Enfin, comme économie supplémentaire (à court terme et financièrement parlant) par rapport à une centrale sur terre, une enveloppe en béton, n’a plus lieu d’être construite autour d’un Flexblue puisque le crash d’un avion n’est plus possible par 100m de fond, éliminant le risque d’attentat. Selon DCNS.Vous vous inquiétez des risques pour l’environnement et pour la gestion des déchets? Il n’y pas de quoi se faire de souci selon la DCNS, puisque la sécurité sera la même que pour l’EPR, le dernier modèle de chez Areva, actuellement en construction en Finlande et en France (Flamanville). Vous n’êtes pas rassurés? Votre intuition est saine, puisque l’EPR inquiète sérieusement les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise, qui l’ont fait publiquement savoir en novembre 2009. « Il y a un gros travail à fournir par Areva et EDF (qui construit l’EPR en France) pour se conformer aux recommandations » déclarait alors Guillaume Wack, directeur des centrales nucléaires à l’Autorité de sûreté nucléaire française. Des rumeurs récentes laissent même entendre qu’EDF pourrait abandonner – pour d’autres raisons – le développement d’EPR, puisque tant le chantier finlandais que celui de Flamanville ont pris 3 ans en demie de retard et que leur facture initiale à doublé. Les risques supplémentaires que des Flexblue feraient courir à la nature sont éludés par la DCNS. Le câble reliant la centrale au littoral par exemple devra impérativement rester intact en permanence. Or les incidents ne sont pas rares impliquant des chalutiers qui arrachent par accident des sonars ou autres câbles du fond marin. Cela pourrait arriver avec le câble d’un Flexblue. Enfin il y a les deux situations économiques malheureusement classiques qui souvent ont mené à ce que la précaution passe au second plan: premièrement, lorsque des dizaines, bientôt des centaines de millions d’euros sont investis dans un projet, la seule façon de transformer cette dépense en source de profit est de ne pas reculer devant les difficultés ou les contre-indications sécuritaires. Dans ce cas, sauf un retournement politique de l’actionnaire principal (l’Etat français), on peut parier que la décision de réaliser un prototype de Flexblue au chantier naval de Cherbourg s’imposera. Jusqu’ici Nicolas Sarkozy a agit en parfait porte valise de l’industrie nucléaire. Les autres candidats présidentiables restant aussi acquis à la voie nucléaire. La décision de construire un prototype est agendée pour 2013. Si le prototype fonctionne, la construction en série des Flexblue pourrait commencer en 2017 selon le calendrier annoncé par la DCNS. Ce qui semblait tenir d’une mauvaise plaisanterie pourrait ainsi devenir réalité.Deuxièmement, pour les constructeurs de centrales nucléaires, les commissions légales ou occultes sont monnaie courante et nuisent évidemment au respect d’un minimum de précautions sécuritaires. Au rang des commissions illégales, la DCNS fait l’objet d’enquêtes concernant plusieurs affaires de corruption liées à des exportations d’armement. En 2002 onze de ses employés sont morts dans l’explosion du bus qui les transportait près de Karachi (Pakistan), dans une affaire d’Etat non encore résolue. Selon un avocat des victimes, l’attentat pourrait être l’oeuvre de militaires Pakistanais désireux de « punir » la France après l’arrêt du versement de commissions liées à un contrat d’armement remontant à 1994. Selon Bruno Tertrais du Fonds de recherche stratégique, Flexblue a été pensé spécifiquement « pour des pays dans lesquels il n’y a pas trop de réticences vis-à-vis de l’énergie nucléaire. Car l’idée de placer des réacteurs sous la mer peut susciter des réactions de rejet dans les opinions publiques sensibles aux risques potentiels du nucléaire ». Pour savoir si les opinions ont une réaction de rejet ou non il faudrait encore que les gouvernants les consultent. L’absence de surveillance démocratique et impartiale sur les tractations commerciales et les activités industrielles à très haut risque n’est pas une exclusivité des pays émergents. La Suisse ou la France dans les années 70 n’ont pas non plus organisé de votation avant de décider la construction de centrales nucléaires. Cela dit, le phénomène est plus grave là où la société civile est la moins écoutée.En 1973 la France annonçait 200 super réacteurs de type Superphénix capables de digérer les stocks accumulés de déchets radioactifs. Nous le savons maintenant, ce type de réacteur s’est révélé être un fiasco majeur, il a d’ailleurs été abandonné. Presque 40 ans après cette annonce, la DCNS annonce qu’il y a un marché potentiel pour 200 Flexblue dans les 20 prochaines années. Un défi industriel que la DCNS se dit prête a relever, puisque chaque composant de Flexblue est déjà maîtrisé, certes séparément, par le constructeur qui a livré ces dernières années 18 navires militaires a propulsion nucléaire. Lorsque l’impact sur l’environnement est mentionné, la DCNS répond que « la localisation sous-marine des mini réacteurs rend impossible tout risque de sabotage ou d’attaque terroriste ». Qui voudra bien leur rappeler l’existence des sous marins lance torpille? Sachant que les trafiquants de drogue Colombiens utilisent des sous-marins pour acheminer leur cargaison aux USA, on peut en déduire qu’une organisation terroriste serait elle aussi capable de s’équiper et de passer à l’acte. Quant aux risques de pollution maritime, ils sont écartés par la DCNS, du fait même de l’immersion du réacteur. « L’eau est la meilleure barrière contre l’irradiation », argue-t-on à la DCNS. « On est en plein délire s’exclame Didier Anger, ancien Eurodéputé et Président de l’association antinucléaire CRILAN. “ En cas d’accident il n’y a pas pire que l’eau, où la pollution radioactive comme chimique se disperse plus vite que d’ans l’air ». Selon Anger, « Toute la Manche serait détruite ou contaminée, selon l’importance du sinistre et la dispersion par les courants. Qui plus est, dans un tel cas, le réchauffement brutal des eaux provoquerait un formidable choc thermique destructeur de vie, une évaporation et une dispersion d’un nuage d’aérosols radiotoxiques tributaire des vents », a-t-il ajouté. Prochaine étape? Dans la perspective de 2013 (décision sur la construction d’un prototype), un dossier va être soumis à l’Autorité française de sûreté nucléaire. En guise d’épilogue momentané, reste un détail piquant relevé en visionnant attentivement la vidéo promotionnelle pour Flexblue.

Le projet de centrale nucléaire sous-marine Flexblue est un défi à l’entendement, un cauchemar pour la biosphère et une solution miracle à court terme pour l’industrie nucléaire en perte de vitesse. Comment est-on arrivé à ce que les consortiums français de l’énergie atomique (EDF, Areva, CEA) prennent au sérieux l’idée d’un armateur de construire des centrales nucléaires sous-marines, opérées à distance, pour alimenter des villes côtières de pays émergents? Petit retour sur son histoire avant une exploration du délire Flexblue.

L’industrie et la recherche appliquée ont de tous temps été mis au service des intérêts militaires des Etats. Depuis 350 ans la Direction des Constructions navales (DCNS) livre des navires de guerre au Roi et plus récemment au Ministère de la défense français. Encore majoritairement en mains de l’Etat (75% du capital), la DCNS a acquis les activités navales du groupe Thalès en 2006. La fusion donne à la DCNS les épaules nécessaires pour jouer du coude sur le marché mondial de l’armement. L’Allemagne, le Brésil et la Russie font partie des pays clients de l’armateur DCNS. L’appétit venant en mangeant, la direction a identifié des opportunités alléchantes non plus auprès des seuls ministères de la défense mais aussi auprès des ministères de l’industrie des pays qui ne se sont pas encore endettés jusqu’au cou: les pays dorénavant appelés des « économies émergentes ». Ceux-ci pourraient remplir le carnet de commande de la DCNS. Selon le scénario de référence World Energy Outlook de l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale d’énergie augmentera de 36% entre 2008 et 2035. Les pays hors OCDE représentent 93% de cette croissance. A part leur solvabilité, ces pays présentent l’avantage, pour la DCNS et leur Flexblue, d’avoir un appétit croissant en approvisionnement énergétique.

Jusqu’ici l’expansion de l’industrie nucléaire vers les pays nouvellement industrialisés posait des problèmes structurels importants: absence de personnel formé sur place, réseau d’acheminement de courant à bâtir, problèmes de sécurisation du site, conditions défavorables pour la gestion courante des centrales, leur maintenance et le remplacement régulier du combustible usé. Voici comment Flexblue résoudrait ces problèmes selon la DCNS: ces centrales seraient fabriquées en France (Cherbourg), livrées par bateau, arrimées au fond marin, entièrement télégérées par le fabricant et resteraient sa propriété sous contrat de leasing avec le pays client. En ne fournissant « que » 50 à 250 MW, soit le quart d’une centrale habituelle, il serait plus facile d’assurer l’écoulement continu de l’énergie fournie. Un écoulement indispensable puisque la production d’une centrale nucléaire doit impérativement être consommée pour éviter son emballement.

Ce nouveau type de centrale nucléaire, appelé Small Modular Reactor (SMR), ne mobilise pas seulement les ingénieurs de la DCNS mais aussi ceux de Terrapower (projet de Bill Gates) et plus proche de nous les ingénieurs Russes qui ont inauguré l’Akademik Lomonosov, une centrale nucléaire flottante (70 MW), construite pour dessaler 240’000 m3 d’eau par jour ou approvisionner une ville de 200’000 habitants. Enfin, comme économie supplémentaire (à court terme et financièrement parlant) par rapport à une centrale sur terre, une enveloppe en béton, n’a plus lieu d’être construite autour d’un Flexblue puisque le crash d’un avion n’est plus possible par 100m de fond, éliminant le risque d’attentat. Selon DCNS.

Vous vous inquiétez des risques pour l’environnement et pour la gestion des déchets? Il n’y pas de quoi se faire de souci selon la DCNS, puisque la sécurité sera la même que pour l’EPR, le dernier modèle de chez Areva, actuellement en construction en Finlande et en France (Flamanville). Vous n’êtes pas rassurés? Votre intuition est saine, puisque l’EPR inquiète sérieusement les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise, qui l’ont fait publiquement savoir en novembre 2009. « Il y a un gros travail à fournir par Areva et EDF (qui construit l’EPR en France) pour se conformer aux recommandations » déclarait alors Guillaume Wack, directeur des centrales nucléaires à l’Autorité de sûreté nucléaire française. Des rumeurs récentes laissent même entendre qu’EDF pourrait abandonner – pour d’autres raisons – le développement d’EPR, puisque tant le chantier finlandais que celui de Flamanville ont pris 3 ans en demie de retard et que leur facture initiale à doublé. Les risques supplémentaires que des Flexblue feraient courir à la nature sont éludés par la DCNS. Le câble reliant la centrale au littoral par exemple devra impérativement rester intact en permanence. Or les incidents ne sont pas rares impliquant des chalutiers qui arrachent par accident des sonars ou autres câbles du fond marin. Cela pourrait arriver avec le câble d’un Flexblue.

Enfin il y a les deux situations économiques malheureusement classiques qui souvent ont mené à ce que la précaution passe au second plan: premièrement, lorsque des dizaines, bientôt des centaines de millions d’euros sont investis dans un projet, la seule façon de transformer cette dépense en source de profit est de ne pas reculer devant les difficultés ou les contre-indications sécuritaires. Dans ce cas, sauf un retournement politique de l’actionnaire principal (l’Etat français), on peut parier que la décision de réaliser un prototype de Flexblue au chantier naval de Cherbourg s’imposera. Jusqu’ici Nicolas Sarkozy a agit en parfait porte valise de l’industrie nucléaire. Les autres candidats présidentiables restant aussi acquis à la voie nucléaire. La décision de construire un prototype est agendée pour 2013. Si le prototype fonctionne, la construction en série des Flexblue pourrait commencer en 2017 selon le calendrier annoncé par la DCNS. Ce qui semblait tenir d’une mauvaise plaisanterie pourrait ainsi devenir réalité.

Deuxièmement, pour les constructeurs de centrales nucléaires, les commissions légales ou occultes sont monnaie courante et nuisent évidemment au respect d’un minimum de précautions sécuritaires. Au rang des commissions illégales, la DCNS fait l’objet d’enquêtes concernant plusieurs affaires de corruption liées à des exportations d’armement. En 2002 onze de ses employés sont morts dans l’explosion du bus qui les transportait près de Karachi (Pakistan), dans une affaire d’Etat non encore résolue. Selon un avocat des victimes, l’attentat pourrait être l’oeuvre de militaires Pakistanais désireux de « punir » la France après l’arrêt du versement de commissions liées à un contrat d’armement remontant à 1994. Selon Bruno Tertrais du Fonds de recherche stratégique, Flexblue a été pensé spécifiquement « pour des pays dans lesquels il n’y a pas trop de réticences vis-à-vis de l’énergie nucléaire.

Car l’idée de placer des réacteurs sous la mer peut susciter des réactions de rejet dans les opinions publiques sensibles aux risques potentiels du nucléaire ». Pour savoir si les opinions ont une réaction de rejet ou non il faudrait encore que les gouvernants les consultent. L’absence de surveillance démocratique et impartiale sur les tractations commerciales et les activités industrielles à très haut risque n’est pas une exclusivité des pays émergents. La Suisse ou la France dans les années 70 n’ont pas non plus organisé de votation avant de décider la construction de centrales nucléaires. Cela dit, le phénomène est plus grave là où la société civile est la moins écoutée.

En 1973 la France annonçait 200 super réacteurs de type Superphénix capables de digérer les stocks accumulés de déchets radioactifs. Nous le savons maintenant, ce type de réacteur s’est révélé être un fiasco majeur, il a d’ailleurs été abandonné. Presque 40 ans après cette annonce, la DCNS annonce qu’il y a un marché potentiel pour 200 Flexblue dans les 20 prochaines années. Un défi industriel que la DCNS se dit prête a relever, puisque chaque composant de Flexblue est déjà maîtrisé, certes séparément, par le constructeur qui a livré ces dernières années 18 navires militaires a propulsion nucléaire.

Lorsque l’impact sur l’environnement est mentionné, la DCNS répond que « la localisation sous-marine des mini réacteurs rend impossible tout risque de sabotage ou d’attaque terroriste ». Qui voudra bien leur rappeler l’existence des sous marins lance torpille? Sachant que les trafiquants de drogue Colombiens utilisent des sous-marins pour acheminer leur cargaison aux USA, on peut en déduire qu’une organisation terroriste serait elle aussi capable de s’équiper et de passer à l’acte. Quant aux risques de pollution maritime, ils sont écartés par la DCNS, du fait même de l’immersion du réacteur. « L’eau est la meilleure barrière contre l’irradiation », argue-t-on à la DCNS. « On est en plein délire s’exclame Didier Anger, ancien Eurodéputé et Président de l’association antinucléaire CRILAN. “ En cas d’accident il n’y a pas pire que l’eau, où la pollution radioactive comme chimique se disperse plus vite que d’ans l’air ». Selon Anger, « Toute la Manche serait détruite ou contaminée, selon l’importance du sinistre et la dispersion par les courants. Qui plus est, dans un tel cas, le réchauffement brutal des eaux provoquerait un formidable choc thermique destructeur de vie, une évaporation et une dispersion d’un nuage d’aérosols radiotoxiques tributaire des vents », a-t-il ajouté.

Prochaine étape? Dans la perspective de 2013 (décision sur la construction d’un prototype), un dossier va être soumis à l’Autorité française de sûreté nucléaire. En guise d’épilogue momentané, reste un détail piquant relevé en visionnant attentivement la vidéo promotionnelle pour Flexblue.

 

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