Des militants Greenpeace déguisés en ours polaires ont bloqué aujourd’hui l’accès au bureau principal du géant énergétique russe Gazprom à Moscou. Ils exigent que l’entreprise abandonne ses projets d’exploitation du pétrole de l’Arctique. Les militants venus d’Allemagne, de Hongrie, d’Autriche de Pologne et de Russie ont installé un décor enneigé immaculé digne devant le bureau principal de Gazprom. Ils se sont attachés à des tentes et ont empêché l’accès au bâtiment, avant de se faire déloger par l’intervention de la police.


Cet acte de protestation s’inscrit dans la lignée d’autres actions directes. ©Greenpeace/Podgorny

Cet acte de protestation s’inscrit dans la lignée d’autres actions directes menées par Greenpeace à l’encontre de Gazprom et de sa plateforme pétrolière Prirazlomnaya installée dans la mer de Pechora. La semaine dernière encore, Gazprom informait qu’elle rangeait au placard ses projets controversés d’exploitation du gisement de Chtokman, dans la mer de Barents, en raison des coûts astronomiques et des difficultés économiques qu’ils impliquent.

« Les projets de forage éhontés de compagnies pétrolières telles que Gazprom et Shell pourraient ravager définitivement ce territoire vierge », explique Vladimir Chuprov, responsable de campagne chez Greenpeace Russie. « Le Grand Nord subit déjà de plein fouet la menace du changement climatique. Il faut interdire les forages dans cette région si l’on veut sauver ce domaine naturel unique. »

Le géant énergétique russe Gazprom espère commencer ses forages pétroliers commerciaux dans la mer de Pechora au début de l’année prochaine. L’entreprise deviendrait ainsi la première à exploiter commercialement le pétrole du pôle Nord. Toutefois, la plate-forme de Prirazlomnaya est loin d’être prête pour affronter l’Arctique. Greenpeace a récemment découvert qu’aucun plan d’urgence officiel n’existait en cas de fuite de pétrole. Un tel incident dans une région aussi sensible rendrait tout nettoyage impossible et signifierait la destruction de la faune unique occupant cette région.

« L’abandon du projet Chtokman doit être un signal fort à destination des investisseurs », poursuit Chuprov. « Les contraintes techniques et les coûts liés au forage dans des conditions aussi extrêmes comportent des risques énormes. »