Mercredi 14 août dernier, le Conseil fédéral annonçait une révision de l’ordonnance sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion des centrales nucléaires. Les contributions des exploitants sont appelés à prendre l’ascenseur, ce qui était attendu depuis longtemps. Mais cela ne change pas la réalité actuelle. L’énergie nucléaire continue de bénéficier de subventions indirectes qui en masquent le coût réel.  Et les manipulations des bilans financiers des opérateurs se poursuivent.

Le réacteur de la centrale de Gösgen a dû être mis à l'arrêt entre le 8 et le 21 août 2013, une opération qui coûte 1 million de francs suisses par jour.Mercredi 14 août dernier, le Conseil fédéral annonçait une révision de l’ordonnance sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion des centrales nucléaires. Les contributions des exploitants sont appelés à prendre l’ascenseur, ce qui était attendu depuis longtemps. Mais cela ne change pas la réalité actuelle. L’énergie nucléaire continue de bénéficier de subventions indirectes qui en masquent le coût réel.  Et les manipulations des bilans financiers des opérateurs se poursuivent.

En janvier dernier, Greenpeace Suisse et l’Association Trinationale de Protection Nucléaire (ATPN) ont déposé des plaintes contre les centrales nucléaires de Gösgen-Däniken AG (KKG) et de Leibstadt AG (KKL), leur reprochant de se livrer à des manipulations comptables, afin de réduire artificiellement leurs frais, mais aussi de ne pas prévoir suffisamment d’argent pour la gestion des déchets radioactifs. Une facture de plusieurs milliards de francs suisses qui risque d’être payée par la population. Malgré les protestations des opérateurs, pour qui les allégations sont « sans fondement », le procureur des cantons d’Argovie et de Soleure ont engagé des poursuites pour clarifier les tours de passe-passe découvert dans la comptabilité des exploitants.

Politiquement la question est déjà réglée depuis un moment. Comme le montre un document commun de Greenpeace et de l’ATPN, le Conseil fédéral arrivait en février dernier déjà à la conclusion que rien ne justifie le rendement de 5% appliqué par les opérateurs. Celui-ci doit donc être revu à la baisse, ce qui entraine une augmentation des contributions des exploitants. BKW/ FMB S.A., l’exploitant de Mühleberg, applique déjà les valeurs du marché, contrairement à ce qui est fait dans le cas des centrales nucléaires de Gösgen-Däniken AG (KKG) et de Leibstadt AG (KKL).

Les exploitants des centrales nucléaires protestent pourtant contre cette décision du Conseil fédéral, sous prétexte qu’une telle augmentation les empêcherait d’investir efficacement dans les nouvelles énergies. Une prise de position qui ne manque pas de culot lorsqu’on voit le faible niveau d’investissement de ces entreprises dans les nouvelles énergies renouvelables et les efforts qu’elles déploient pour maintenir l’activité de centrales nucléaires décaties qui constituent autant d’épées de Damoclès pour la population de notre pays.

Mathias Schlegel est porte-parole de la campagne Climat & Energie de Greenpeace Suisse

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