Vladimir Poutine, le Président de la Russie, reconnaît lui aussi que les militants Greenpeace arrêtés « ne sont manifestement pas des pirates ». Il a cependant affirmé que l’équipage de l’Arctic Sunrise avait enfreint le droit international – il y a quelques années il avait pourtant exprimé sa sympathie pour Greenpeace.


Sini, Camila, Phillip, Tomasz et Marco sont toujours détenus pas les autorités russes. ©Greenpeace/Sinyakov

 Kumi Naidoo, le directeur de Greenpeace International, se réjouit que M. Poutin rejette l’accusation de piraterie et reconnaisse que l’équipage de l’Arctic Sunrise n’a agi que dans le but de protéger l’Arctique. « Les militants ont tenté de grimper sur la plateforme de forage pour protester contre les forages de pétrole dans l’Arctique qui y détruisent l’environnement. C’était une action pacifique de protection du climat et de l’environnement arctique contre Gazprom, le premier groupe pétrolier qui veut extraire du pétrole dans le périmètre de la banquise arctique, » a ajouté Kumi Naidoo.

Greenpeace rejette toutefois catégoriquement la position de M. Poutin qui a déclaré lors du Conseil de l’Arctique à Salekhard (Sibérie du Nord) que les militants Greenpeace ont contrevenu au droit international. De nombreux juristes rejettent ce reproche ; parmi eux le professeur Stefan Kirchner qui est spécialisé dans le droit maritime international et s’est exprimé à titre personnel à ce sujet.

Les 30 militants arrêtés, dont un Suisse, se trouvent toujours à Mourmansk. Ils ont tous été interrogés en présence d’un avocat et le tribunal devrait les informer encore aujourd’hui s’ils sont inculpés. Une équipe Greenpeace se trouve sur place; elle a pu s’entretenir brièvement avec l’équipage de l’Arctic Sunrise.

La diplomatie suisse a envoyé un représentant à Murmansk et demandé des éclaircissements au Ministère russe des affaires étrangères et à l’Ambassade de Russie en Suisse. De nombreux diplomates ont uni leurs efforts pour exprimer clairement aux autorités russes leurs réserves sur le manque d’assistance juridique et l’absence de clarté sur le lieu de détention des militants. Les Pays-Bas envisagent en outre d’engager une procédure judiciaire auprès du Tribunal international du droit de la mer.

Vous aussi vous pouvez vous engager pour les défenseurs de l’Arctique: Ecrivez à l’ambassade de Russie et exigez la libération immédiate de Marco et de tout l’équipage de l’Arctic Sunrise.