Un rapport international de Greenpeace montre que diverses marques de mode continuent de recourir à des produits chimiques hautement toxiques. Adidas et Nike ont été très peu actifs pour renoncer, comme ils l’avaient pourtant promis, aux produits toxiques dans leurs produits d’ici à 2020. De même, le groupe Li Ning n’a pas encore entrepris de démarches concrètes pour produire sans polluants d’ici à 2020.


Il temps pour la mode de se désintoxiquer. ©Greenpeace/Lee

 Le Podium Detox de Greenpeace, a publié ses résultats de recherche. Parmi les pionniers au niveau international se trouvent des entreprises telles que Mango, H&M et la Coop, seule société suisse à adhérer clairement aux principes de décontamination. La Migros n’a pas encore signé d’engagement à ce jour.

« La Migros a tout de même promis de produire tous les textiles de sa propre marque conformément à la norme Eco-Standard de la Migros dès 2017 », relève le chargé de campagne de Greenpeace, Matthias Wüthrich. À la mi-septembre, le géant orange a publiquement donné des détails sur la façon dont il va atteindre cet objectif.  Matthias Wüthrich déclare: « Une bonne nouvelle: la Migros éliminera le groupe dangereux des composés per- et polyfluorés (PFC) de ses textiles. Les PFC sont surtout contenus dans les lignes de vêtements de plein air des magasins SportXX. « 

Malheureusement, la Migros se montre moins ambitieuse dans sa gestion du groupe des éthoxylates d’alkylphénol (APEO), pourtant tout aussi nuisibles pour la santé. Elle exige certes de ses fournisseurs de remplacer les APEO par des alternatives moins dangereuses, mais tolère toujours 100mg/kg d’APEO dans le produit final – après 2017! Les études de Greenpeace ont pourtant clairement démontré que ces produits toxiques se retrouvaient dans nos cours d’eau lors du lavage des habits. Dans l’environnement, ces produits se recomposent en substances perturbant le système endocrinien.

La Coop, elle, fait preuve d’une réelle volonté: avec Greenpeace et l’Institute of Public & Environmental Affairs à Pékin/Institut chinois de l’environnement (IPE), elle s’efforce de rendre transparente toute sa chaîne de production. Le groupe  a reconnu l’ampleur de la problématique des substances toxiques et informe désormais tous ses fournisseurs sur leurs obligations en matière de décontamination. Cependant, même le premier de classe ne peut pas se reposer sur ses lauriers. Matthias Wüthrich insiste: « L’entreprise devrait donner l’exemple et mettre en œuvre son intention d’intégrer des technologies de dépistage de la dernière génération dans sa chaîne d’approvisionnement. »

La plateforme en ligne évalue 17 marques de mode qui se sont engagées à éliminer les substances toxiques de leurs vêtements d’ici à 2020 dans le cadre de la campagne Detox. Greenpeace a classé les marques en trois catégories: pionniers, imposteurs et perdants. Adidas et Nike, qui se trouvaient dans le peloton de tête il y a deux ans, n’ont pas transformé leurs belles paroles en mesures concrètes et se retrouvent donc dans la dernière catégorie.

La majorité des entreprises évaluées montre toutefois que de réels progrès sont possibles. Citons pour exemples Mango, H&M et Uniqlo.  Les critères clé à remplir pour faire partie des pionniers du Podium Detox sont la transparence et des mesures concrètes pour renoncer aux produits chimiques dangereux. Ces entreprises publient des données sur les rejets de substances polluantes de leurs fournisseurs en Chine sur la plateforme de l’IPE. Elles ont aussi commencé à éliminer de leurs procédures de fabrication et de leur gamme de vêtements des substances nuisibles particulièrement dangereuses telles que les composés per- et polyfluorés (PFC).

Greenpeace exige d’éliminer d’ici à 2020 toutes les substances chimiques dangereuses dans la chaîne de production vestimentaire et de les remplacer par des alternatives plus écologiques. En outre, Greenpeace demande aux entreprises de publier des données précises sur les polluants qui sont rejetés dans les eaux usée par leurs sites de production. Dans des pays tels que la Chine, le Pakistan ou le Mexique, l’industrie textile pollue les cours d’eau et l’eau potable avec des conséquences très graves pour les hommes et l’environnement.