L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) et l’entreprise BKW/FMB se passent la patate chaude en ce qui concerne les responsabilités en matière de sécurité pour la centrale de Mühleberg. La sphère politique ne s’exprime pas. Les politiciens se cachent derrière le prétexte que la question est trop complexe sur le plan technique et qu’il faut faire confiance à l’IFSN. Mais le devons-nous vraiment?

Le nucléaire: une menace pour la population suisseL’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) et l’entreprise BKW/FMB se passent la patate chaude en ce qui concerne les responsabilités en matière de sécurité pour la centrale de Mühleberg. La sphère politique ne s’exprime pas. Les politiciens se cachent derrière le prétexte que la question est trop complexe sur le plan technique et qu’il faut faire confiance à l’IFSN. Mais le devons-nous vraiment?

Hans Wanner, le directeur de l’IFSN prétend que suite à l’annonce des BKW/FMB de fermer la centrale de Mühleberg en 2019, toutes les exigences formulées en matière de sécurité sont maintenues. L’IFSN aurait simplement laissé à BKW/FMB la possibilité de proposer des « alternatives ».

L’IFSN pose des exigences, mais accepte des alternatives. Elle fixe des délais, mais les décale à sa guise. Demande des rééquipements et ne reçois que des documents et des concepts. La liste de ses contradictions est longue, presqu’autant que les explications qu’elle fournit à chaque fois. Justifications dans lesquelles le diable se cache naturellement dans les détails.

Mais le problème fondamental de l’IFSN ne réside pas seulement dans son manque de transparence et de cohérence. Non là où le bât blesse vraiment, c’est dans le manque d’indépendance de cette institution et son incapacité à s’imposer. Dans le cas de Mühleberg, ses responsables affirment qu’il n’y a pas eu de marchandage, simplement une prise de contact avec l’exploitant de la centrale. Pourtant, au final, le résultat est le même. L’IFSN prend des positions qui satisfont pleinement les exploitants et leur accorde des passes droits, surtout lorsqu’il s’agit de la sécurité liée aux risques d’inondations et de séismes.

Un signal positif est venu hier du Conseil fédéral. Il estime que l’indépendance des membres de la Commission fédérale de sécurité nucléaire (CSN) doit être garantie. Il leur sera désormais interdit d’accepter un mandat auprès de l’industrie nucléaire. Cela n’empêche pas les lobbyistes de l’atome actuellement en place de le demeurer. Mais cela confirme ce que Greenpeace dit depuis de nombreuses années: l’indépendance des autorités de tutelle du nucléaire est un sujet qui ne peut en aucun cas être pris à la légère.

Florian Kasser est en charge de la campagne nucléaire de Greenpeace Suisse

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