Le président russe Vladimir Poutine a annoncé aujourd’hui que la compagnie pétrolière d’Etat Gazprom est prête à envoyer en Europe le premier transport de pétrole extrait au large dans l’Arctique. Dans un entretien téléphonique avec Alexey Miller, le directeur général (CEO) de Gazprom – qui se trouve sur la plate-forme Prirazlomnaya située en Mer de Petchora – le président Poutine a déclaré que « cela représente une nouvelle expansion de la présence russe sur les marchés internationaux de l’énergie ».


27.08.2013: Action sur la plate-forme pétrolière russe Prirazlomnaya, en Mer de Petchora. ©Greenpeace/Sinyakov (Archives)

En septembre 2013, cette plate-forme a fait l’objet d’une protestation écologiste de haut niveau suite à laquelle 28 militants Greenpeace et deux journalistes indépendants connus comme les « 30 de l’Arctique » ont été détenus durant plus de deux mois pour piraterie et vandalismes.

En réponse à l’annonce de ce premier transport, Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace International, a déclaré que: « C’est un moment déterminant pour l’Arctique et le reste de notre planète. Les compagnies énergétiques propriétés de l’Etat russe parient que l’Arctique peut fournir une nouvelle source de pouvoir et de profits pendant les décennies à venir. Les principales compagnies pétrolières internationales comme Shell, Exxon Mobil et Statoil s’allient avec les entreprises russes pour exploiter cette région fragile et augmenter leurs réserves en diminution.

« Si nous n’arrêtons pas cette ruée vers le pétrole de l’Arctique, nous ne menaçons pas seulement notre environnement, mais aussi notre capacité à nous débarrasser des structures de pouvoir héritées du siècle passé. Il ne s’agit pas de passer d’une source d’énergie fossile à une autre. Il s’agit d’accélérer l’inévitable transition vers des technologies propres tout en réduisant la quantité d’énergie que nous utilisons. La situation n’a jamais été aussi critique et la solution plus évidente. »

« Greenpeace, soutenue par des millions de personnes, continuera à s’opposer à toute compagnie pétrolière qui essaie de forer dans l’Océan glacial arctique où la banquise fond. » Le pétrolier « Mikhail Ulyanov » qui assurera ce premier transport bat pavillon russe. Un dossier établi par Greenpeace suggère que le transport de pétrole brut lourd a pris bien plus longtemps que prévu pour quitter la plate-forme et que la qualité du pétrole est si mauvaise que Gazprom a eu de la peine à trouver un acheteur. Il est aussi établi que la plate-forme produira nettement moins de pétrole que ce que prétend Gazprom. Ce rapport est disponible sur le site internet de Greenpeace (voir les notes).

Reuters a rapporté que Gazprom a d’abord annoncé que ce premier transport arriverait fin-février. Aucune explication n’a été fournie pour ce retard, mais les rudes conditions qui règnent dans l’Arctique y rendent toute activité industrielle difficile. Kumi Naidoo a ajouté que: « Malgré le ton triomphant du président russe, ce transport a lieu très tard et porte sur un pétrole de très mauvaise qualité, il constitue aussi un risque élevé pour l’environnement vierge de l’Arctique. La fanfare entourant ce départ fait plus penser à une opération de relations publiques qu’à une nouvelle source de pétrole crédible. »

En mars, le Parlement néerlandais a adopté une résolution appelant à interdire le transport de pétrole brut lourd dans l’Océan glacial arctique. Le gouvernement néerlandais doit maintenant s’engager au niveau international avec l’Organisation maritime internationale (OMI) pour que cette interdiction entre en vigueur.

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