L’initiative Ecopop évoque un pays idyllique, dans lequel nous ne pourrions maintenir notre prospérité que si nous vivions en vase clos. Ce prétendu miracle n’est en fait qu’une habile astuce: une illusion. Rien n’indique que la disparition d’une nature inaltérée dans ce pays ait un lien étroit avec l’immigration. A moins que ces personnes n’aient peut-être contribué à cette prospérité, qui nous permet – à nous indigènes – de financer des logements toujours plus grands, de consommer encore et encore ou de nous déplacer toujours plus. Si nous voulons réellement protéger notre environnement ici, ce n’est possible qu’avec de véritables solutions: un mode de vie sobre et durable et une société qui rapproche les gens au lieu de les séparer.

L’initiative Ecopop évoque un pays idyllique, dans lequel nous ne pourrions maintenir notre prospérité que si nous vivions en vase clos. Ce prétendu miracle n’est en fait qu’une habile astuce: une illusion. Rien n’indique que la disparition d’une nature inaltérée dans ce pays ait un lien étroit avec l’immigration. A moins que ces personnes n’aient peut-être contribué à cette prospérité, qui nous permet – à nous indigènes – de financer des logements toujours plus grands, de consommer encore et encore ou de nous déplacer toujours plus. Si nous voulons réellement protéger notre environnement ici, ce n’est possible qu’avec de véritables solutions: un mode de vie sobre et durable et une société qui rapproche les gens au lieu de les séparer.

Greenpeace partage la préoccupation des initiants, au sens où une croissance illimitée de l’humanité peut effectivement entraîner des souffrances. Mais cela ne signifie pas qu’on puisse attribuer la destruction de la biosphère à la « surpopulation » dont se plaint Ecopop. L’histoire montre une corrélation entre taux de natalité élevé et mauvaise formation, oppression des jeunes filles et des femmes et, surtout, injustice sociale. Le changement climatique et la surexploitation de nos ressources naturelles provoquent conflits et migrations. Et donc encore plus de souffrances.

Les responsables ne sont pas à chercher parmi les personnes dont l’empreinte écologique est la plus faible. C’est pourquoi investir dans la « planification familiale volontaire » pour le pauvre Sud paraît – au mieux – naïf. Si Ecopop veut absolument distribuer des préservatifs, pourquoi ne le fait-elle pas parmi les riches de cette planète?

Quelle solution à nos véritables problèmes – qui sont énormes, globaux et ne s’arrêtent pas à la frontière suisse? C’est que nous apprenions à partager, à diminuer notre train de vie et à mettre sur pied une politique intelligente, sociale, durable et, malgré tout, ouverte au monde. Greenpeace s’engage pour une telle politique, ici et dans le monde. Nous intervenons en faveur d’une société 2’000 Watt. Pour une agriculture proche de la nature, diversifiée, sociale. Et pour une répartition équitable des richesses de notre terre.

Nous maintenir dans un idyllique « parc national de la prospérité » encore quelques années n’est pas la solution. Il est de toute façon voué à disparaître, si nous autres – les êtres humains – nous continuons sur notre lancée. Au contraire, ce type de pseudo-solutions est dangereux, car il nous empêche de chercher de vraies solutions.

Intervention de Verena Mühlberger, co-directrice de Greenpeace Suisse, lors de la conférence de presse du Comité « Oui à l’environnement. Non à Ecopop. »

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