« A chaque fois que j’amène mon enfant à l’hôpital, c’est à cause de la poussière. Les médecins affirment que ses poumons en sont remplis. » La femme qui fait ce terrible témoignage se nomme Sonto Mabina. Elle vit dans la ville de Witbank dans la province du Mpumalanga, en Afrique du Sud. Voici 25 ans qu’elle est arrivée dans cette localité, bien avant les trois lavoirs à charbon qui entourent aujourd’hui sa maison, bien avant que la terre ne devienne noir et que l’eau ne soit polluée à l’acide, bien avant les incessants passages de camion. La ville de Witbank possède l’air le plus polluée de la planète. Même Pékin n’atteint pas un tel taux de pollution. C’est en tout cas ce qu’a démontré une étude réalisée par des chercheurs européens durant deux ans. Mais si dans la capitale chinoise, une large part de la population possède de quoi s’offrir des masques de protection, les habitants de Witbank, eux, ne peuvent pas se protéger contre la pollution des mines et des centrales à charbon exploités dans la région par l’entreprise Eskom. La plupart n’ont pas accès à l’électricité et doivent utiliser des poêles à charbon de mauvaise qualité. 220 millions de tonnes de charbon sont extraits du sous-sol de la province de Mpumalanga chaque année, soit 90% de la production sud-africaine. Cette région accueille également 11 des 13 centrales à charbon exploitées par l’entreprise Eskom dans le pays. Cette entreprise publique est le plus gros producteur d’électricité d’Afrique. A l’échelle de la planète elle est le 7e  plus gros producteur et le 9e plus gros vendeur. 85% de l’électricité consommée en Afrique du Sud est produite à partir du charbon. Malheureusement le coût environnemental est  énorme. La liste des polluants émis par ces centrales thermiques est gigantesque et contient des produits comme le mercure, l’arsenic, le cadmium et l’uranium. En Afrique du Sud, Greenpeace estime que plus de 2’200 personnes meurent chaque année à cause des centrales à charbon, dont plus de 200 enfants en bas âge. Pourtant, cela ne semble pas arrêter Eskom. L’entreprise construit la centrale de Kusile, également dans la province du Mpumalanga. Une fois terminée, elle sera l’une des plus grandes de la planète, avec une production qui devrait osciller entre 4’800 et 5’400 Mégawatts. A elle seule, cette installation pourrait augmenter de 10% le total d’émissions de CO2 de l’Afrique du Sud. Et ce n’est pas tout. Dans la province du Limpopo, dans le nord du pays, Eskom construit une seconde centrale – dont la capacité égale celle de Kusile – avec le soutien financier de la banque mondiale: la centrale de Medupi, pour laquelle 60 nouvelles mines de charbon seront creusées. Pas étonnant qu’Eskom ait été nominée pour les Public Eye Awards 2014. Et comme si cela ne suffisait pas, Eskom fait tout pour se défiler de ses responsabilités environnementales. En 2005, l’Afrique du Sud introduisait une nouvelle législation concernant les émissions de polluants dans l’atmosphère. Eskom a jusqu’à avril 2015 pour se conformer à ces nouvelles normes. Malgré ce délai généreux d’une dizaine d’années, elle tente aujourd’hui de se soustraire à la loi. Le cynisme de l’entreprise est tel qu’elle se permet d’affirmer « que se soumettre aux nouvelles normes n’est techniquement pas réalisable et  l’Afrique du Sud n’a rien à y gagner ». Greenpeace mène campagne contre Eskom depuis de nombreuses années. Et, depuis quelques semaines, notre antenne sud-africaine fait tout pour l’empêcher  d’obtenir le report de l’application des normes de pollution à ses centrales à charbon. Dans sa campagne, elle donne notamment la parole aux victimes de l’entreprise: les habitants de la province du Mpumalanga. Vous pouvez soutenir nos collègues d’Afrique australe en signant et en partageant leur appel.

« A chaque fois que j’amène mon enfant à l’hôpital, c’est à cause de la poussière. Les médecins affirment que ses poumons en sont remplis. » La femme qui fait ce terrible témoignage se nomme Sonto Mabina. Elle vit dans la ville de Witbank dans la province du Mpumalanga, en Afrique du Sud. Voici 25 ans qu’elle est arrivée dans cette localité, bien avant les trois lavoirs à charbon qui entourent aujourd’hui sa maison, bien avant que la terre ne devienne noir et que l’eau ne soit polluée à l’acide, bien avant les incessants passages de camion.

La ville de Witbank possède l’air le plus polluée de la planète. Même Pékin n’atteint pas un tel taux de pollution. C’est en tout cas ce qu’a démontré une étude réalisée par des chercheurs européens durant deux ans. Mais si dans la capitale chinoise, une large part de la population possède de quoi s’offrir des masques de protection, les habitants de Witbank, eux, ne peuvent pas se protéger contre la pollution des mines et des centrales à charbon exploités dans la région par l’entreprise Eskom. La plupart n’ont pas accès à l’électricité et doivent utiliser des poêles à charbon de mauvaise qualité.

220 millions de tonnes de charbon sont extraits du sous-sol de la province de Mpumalanga chaque année, soit 90% de la production sud-africaine. Cette région accueille également 11 des 13 centrales à charbon exploitées par l’entreprise Eskom dans le pays. Cette entreprise publique est le plus gros producteur d’électricité d’Afrique. A l’échelle de la planète elle est le 7e  plus gros producteur et le 9e plus gros vendeur. 85% de l’électricité consommée en Afrique du Sud est produite à partir du charbon.

Malheureusement le coût environnemental est  énorme. La liste des polluants émis par ces centrales thermiques est gigantesque et contient des produits comme le mercure, l’arsenic, le cadmium et l’uranium. En Afrique du Sud, Greenpeace estime que plus de 2’200 personnes meurent chaque année à cause des centrales à charbon, dont plus de 200 enfants en bas âge.

Pourtant, cela ne semble pas arrêter Eskom. L’entreprise construit la centrale de Kusile, également dans la province du Mpumalanga. Une fois terminée, elle sera l’une des plus grandes de la planète, avec une production qui devrait osciller entre 4’800 et 5’400 Mégawatts. A elle seule, cette installation pourrait augmenter de 10% le total d’émissions de CO2 de l’Afrique du Sud. Et ce n’est pas tout. Dans la province du Limpopo, dans le nord du pays, Eskom construit une seconde centrale – dont la capacité égale celle de Kusile – avec le soutien financier de la banque mondiale: la centrale de Medupi, pour laquelle 60 nouvelles mines de charbon seront creusées. Pas étonnant qu’Eskom ait été nominée pour les Public Eye Awards 2014.

Et comme si cela ne suffisait pas, Eskom fait tout pour se défiler de ses responsabilités environnementales. En 2005, l’Afrique du Sud introduisait une nouvelle législation concernant les émissions de polluants dans l’atmosphère. Eskom a jusqu’à avril 2015 pour se conformer à ces nouvelles normes. Malgré ce délai généreux d’une dizaine d’années, elle tente aujourd’hui de se soustraire à la loi. Le cynisme de l’entreprise est tel qu’elle se permet d’affirmer « que se soumettre aux nouvelles normes n’est techniquement pas réalisable et  l’Afrique du Sud n’a rien à y gagner ».

Greenpeace mène campagne contre Eskom depuis de nombreuses années. Et, depuis quelques semaines, notre antenne sud-africaine fait tout pour l’empêcher  d’obtenir le report de l’application des normes de pollution à ses centrales à charbon. Dans sa campagne, elle donne notamment la parole aux victimes de l’entreprise: les habitants de la province du Mpumalanga. Vous pouvez soutenir nos collègues d’Afrique australe en signant et en partageant leur appel.

Mathias Schlegel est porte-parole de la campagne Climat & Energie de Greenpeace Suisse

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