Les incendies qui se sont déclarés dans la région de Tchernobyl ces derniers jours pourraient libérer de grandes quantités de radioactivité.

Un incendie de forêt s'est déclenché dans la zone d'exclusion autour de la centrale de Tchernobyl. Copyright Getty Images.

Si le feu se propage aux zones les plus lourdement contaminées autour de la centrale accidentée de Tchernobyl, une pollution nucléaire est quasiment inévitable. On pourrait ainsi s’acheminer vers un accident grave. Depuis le déclenchement de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, une grande quantité de substances radioactives dangereuses s’est déposée dans les forêts de la région, dont du césium 137 du strontium 90 et du plutonium 239. Ce n’est pas la première fois que de tels incendies se déclenchent, mais il s’agit des pires depuis 1992.

Une catastrophe potentielle
En se basant sur des données satellite, Greenpeace estime que le feu s’est propagé dans une zone de 13’300 hectares. Plus de 4’000 hectares sont actuellement en train de brûler. L’incendie n’a pas encore atteint les zones les plus contaminées, mais se trouve tout de même à 15-20 kilomètres du site de la centrale accidentée. Récemment, une analyse des risques menée par des scientifiques spécialisés a conclu que dans le pire des cas, de tels incendies pourraient déclencher un incident de niveau 6 sur l’échelle internationale de classement des événements nucléaires (échelle INES), soit un accident grave. Pour mémoire, les accidents de Fukushima et de Tchernobyl sont classés au niveau 7.

La radioactivité pénètre l’atmosphère par les fumées des incendies. La force et la direction des vents, l’altitude et d’autres facteurs météorologiques influe sur sa dispersion. Lors de précédents incendies, on a retrouvé de la radioactivité jusqu’en Turquie. La communauté internationale construit une arche en acier, afin de protéger les restes du réacteur accidenté en 1986, mais il est impossible de mettre toutes les forêts contaminées dans un sarcophage. Alors que la catastrophe de Tchernobyl entre dans sa 30e année, on est en droit de craindre une nouvelle dispersion d’éléments radioactifs en Europe.

Mathias Schlegel est porte-parole Climat & Energie pour Greenpeace Suisse

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