Le gouvernement indien a bloqué des comptes de l’organisation et interdit à des collaborateurs de quitter le pays. Mais Greenpeace ne se laisse pas réduire au silence et lutte contre cette forme d’oppression.

Manifestation dans le cadre de la campagne contre la mine de charbon dans la forêt de Mahan

Greenpeace Inde n’a plus qu’un mois pour lutter contre sa fermeture. C’est le résultat de lourdes sanctions du gouvernement indien contre la société civile. Samit Aich, directeur de Greenpeace Inde, a expliqué que les réserves financières ne suffisaient plus que pour payer les salaires et les coûts durant 30 jours.

Greenpeace Inde reproche au Ministère de l’intérieur de pratiquer une « oppression sournoise » et appelle les autorités à mettre un terme aux mesures punitives arbitraires et à reconnaître enfin qu’elles ne servent qu’à faire taire Greenpeace. Les agissements inadmissibles des autorités indiennes viennent du succès des campagnes menées par Greenpeace Inde. C’est la première fois en 44 ans d’existence de l’organisation que des tentatives d’intimidation parviendraient à faire fermer un bureau Greenpeace.

Comptes bancaires bloqués
Rajnath Singh, le Ministre indien de l’intérieur, avait fait bloquer les comptes de Greenpeace dans des banques indiennes. Cette décision pourrait non seulement coûter leur poste de travail à 340 collaborateurs de Greenpeace, mais surtout mettre un terme aux campagnes de défense de l’environnement et de la santé publique qui sont en cours.

Samit Aich a déjà annoncé le risque de fermeture aux employés Greenpeace. L’organisation écologiste est présente en Inde depuis 14 ans. « Je viens de prononcer le discours le plus difficile de ma vie », reconnaît Samit Aich. Mais mes collègues ont le droit de savoir la vérité. Il ne nous reste plus qu’un mois pour lutter contre notre fin et contre les injustes décisions du Ministre de l’intérieur qui a fait geler nos comptes. »

Cela fait longtemps que Greenpeace Inde est la victime d’accusations arbitraires sur son financement. Les sanctions qui y sont liées ont toutes été décrétées par le Ministère de l’intérieur, il en va de même de la dernière accusation. Les montants disponibles sur les comptes bloqués viennent de 77’000 donateurs Indiens. Jusqu’ici, la Cour suprême indienne a toujours invalidé les sanctions.

Greenpeace Inde est en train de préparer sa réaction formelle contre la décision du Ministère de l’intérieur et une nouvelle procédure judiciaire. Samit Aich s’inquiète du fait que cette procédure dépasse largement les moyens financiers de Greenpeace Inde. Il ne reste actuellement qu’assez d’argent pour couvrir les salaires et les frais de fonctionnement durant 30 jours. « Je me demande pourquoi 340 personnes devraient perdre leur travail, » déclare le directeur de Greenpeace Inde. « Est-ce que c’est parce que nous parlons de thé sans pesticides? De pollution de l’air et d’un avenir sans toxiques et plus équitable pour toute la population indienne? »

« Peur de l’avenir »
Priya Pillai, chargée de campagne chez Greenpeace Inde, a écouté l’allocution de Samit Aich. Elle est aussi touchée par les sanctions du Ministère de l’intérieur. En janvier de cette année, il lui a été interdit de quitter le pays. Le Cour suprême a levé cette interdiction en mars. « J’ai peur pour mon propre avenir,  » dit-elle. « Mais ce qui m’inquiète encore plus, c’est le message qui est ainsi transmis à la population indienne. Le Ministre de l’intérieur est allé trop loin en bloquant nos comptes, car les dons viennent de citoyens Indiens. Si Greenpeace Inde est la première organisation touchée, quelle sera la suivante sur la liste ? »

Samit Aich espère que le Ministère de l’intérieur donnera les vraies raisons de ses décisions arbitraires. « Le Ministre de l’intérieur essaie de nous planter un couteau dans le dos. Car il sait qu’interdire Greenpeace dans son ensemble est anticonstitutionnel, » explique Samit Aich. « Nous l’appelons à reconnaître enfin qu’il veut interdire Greenpeace Inde pour nous faire taire. Ces attaques arbitraires pourraient créer un précédent extrêmement dangereux. En Inde, toutes les organisations civiles sont devenues des cibles. »

La voix des Indiens ne doit pas être réprimée par des décisions arbitraires et des prétextes. Les tribunaux doivent une fois pour toutes affirmer que les sanctions appliquées par le Ministère de l’intérieur sont illégales.

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