Greenpeace a rendu public, Jeudi 28 mai 2015, un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la catastrophe nucléaire de Fukushima. Ce document présente de sérieuses lacunes, notamment en termes de santé, de sécurité et d’environnement. Greenpeace demande à l’AIEA de revoir son expertise en profondeur, de sorte qu’elle reflète le véritable impact de la catastrophe de Fukushima Daichii.

Un employé de Greenpeace mesure la radioactivité dans une crèche à proximité de Fukushima, sous le regard curieux d'un enfant. Juin 2011. © Noriko Hayashi / Panos / Greenpeace

Dans son rapport, l’AIEA confirme que la compréhension de la radioactivité après la fusion des réacteurs de Fukushima Daichii était incomplète et incertaine. Mais très vite, l’agence s’enfonce ensuite dans le brouillard nucléaire. Elle avance néanmoins qu’elle n’attend aucun impact perceptible sur la santé, ignore l’énorme ampleur et la complexité de la contamination radioactive et néglige l’impact de la catastrophe sur la faune et la flore. En outre, elle n’arrive pas à démontrer que le Japon travaille à un meilleur contrôle de la sécurité nucléaire.

La mission de l’AIEA est la promotion et la stimulation de l’énergie nucléaire dans le monde entier. C’est ce qui ressort clairement de cette analyse superficielle des conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le rapport a, de plus, été élaboré sans concertation avec les personnes qui ont été les plus touchées par la catastrophe : les habitants des environs de Fukushima.

Déjà-vu nucléaire

Après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, l’AIEA avait joué un rôle similaire, en essayant de minimiser les conséquences sur les personnes et l’environnement, et de prétendre qu’elle mettait tout en œuvre pour la mise en place de mesures de sécurité internationales plus sévères. La réalité est en fait toute autre : le site aux alentours de Tchernobyl est tellement contaminé que la situation, 29 ans après le début de la catastrophe, n’est toujours pas sous contrôle . Fukushima prouve de manière évidente que les régulateurs nationaux n’arrivent toujours pas à garantir notre sécurité.

Tout comme en 1986, l’AIEA émet des critiques sévères sur la situation avant la catastrophe mais en minimise les conséquences et ne propose pas d’amélioration crédible. Nous ne pouvons nous laisser endormir par ce type de propagande : l’énergie nucléaire est et reste une technologie dangereuse.

Pour consulter le rapport complet (en anglais) :
partie 1, partie 2, partie 3, partie 4 & partie 5.

Pour lire l’analyse (en anglais) de Greenpeace, cliquez ici.

Mathias Schlegel est porte-parole Climat & Energie pour Greenpeace Suisse

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