C’est une grande victoire que nous voudrions partager avec vous aujourd’hui: cette semaine, les États membres de l’Union européenne ont voté en faveur de l’interdiction des importations de textiles comportant des éthoxylates de nonylphénol (NPE). Cette décision vient combler une lacune réglementaire qui permettait l’arrivée en Europe de vêtements et accessoires contaminés par ces substances toxiques. Elle vient aussi mettre fin à un paradoxe, puisque l’utilisation de ces composés chimiques dans la fabrication textile est déjà interdite sur le territoire européen.

Les NPE, c’est quoi ?

Les NPE sont des composés chimiques artificiels utilisés comme agents de surface ou tensioactifs par l’industrie textile. Ils se dégradent ensuite en nonylphénols (NP), des composés encore plus toxiques que les NPE, qui ne se désagrègent pas facilement dans l’environnement et s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Ces sont également des perturbateurs endocriniens.

Une pollution sans frontières

Depuis le lancement de la campagne Detox en 2011, Greenpeace dénonce le cycle toxique de la mode: dans les pays de fabrication des vêtements, les cours d’eau sont pollués par les rejets de produits toxiques utilisés par l’industrie textile… et dans les pays où ces vêtements sont importés, le lavage en machine des tissus et leur mise en décharge provoquent aussi le rejet de substances toxiques dans l’environnement.

L’Union européenne interdisait déjà l’utilisation des NPE dans la fabrication textile sur son territoire. Désormais, l’importation de textiles contenant des NPE sera elle aussi interdite. Cette décision devra être validée par la Commission européenne dans les prochaines semaines, et sa mise en place effective devrait prendre encore cinq ans, ce qui laissera amplement le temps à l’industrie de trouver des substituts non dangereux à ces produits.

Lentement mais sûrement

Certes, le temps législatif est long… Mais cette décision aura des répercussions aussi dans les pays exportateurs, où les sous-traitants seront contraints d’assainir leurs chaînes de production pour ne pas perdre de parts de marché.  La Chine, par exemple, aura tout intérêt à se plier aux normes de l’Union européenne, son premier partenaire commercial.

À ce jour, grâce à votre mobilisation, 18 grandes marques de vêtements se sont engagées dans une cure de « detox ». Les gouvernements bougent aussi, puisque des mesures législatives ont déjà été prises en Chine, en Indonésie, au Mexique et aujourd’hui en Europe. Nous avons bien conscience que notre campagne est loin d’être terminée, mais nos efforts portent leurs fruits. Greenpeace continuera de surveiller de près les engagements des marques et les avancées réglementaires. Pour cela, nous aurons encore besoin de votre participation et nous comptons sur vous.

Partagez
Tweetez
Partagez
+1
E-mail
WhatsApp