D’après son communiqué de presse, la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil des Etats (CEATE-E) a décidé la semaine passée de créer une taxe sur le CO2 du courant sale.

La CEATE-E adopte ainsi en partie une revendication de Greenpeace, du WWF et de Swissolar. En septembre 2014, ces trois organisations ont déposé une pétition à ce sujet pourvue de plus de 30’000 signatures. Avec cette redevance sur le courant sale, elles demandent que les prix de l’électricité correspondent à ses coûts réels. Le courant sale prétendument meilleur marché ne couvre en réalité pas ses coûts, car la collectivité doit en assumer l’impact  environnemental  et sanitaire.

Avec sa proposition, la commission montre que la Suisse peut influer sur le type de courant qui approvisionne le marché et qui est consommé ici. Si le courant sale couvrait ses coûts, il serait si cher que personne ne l’achèterait. Une redevance sur le courant sale aiderait par contre les énergies renouvelables indigènes à percer. Dans notre scénario Energy [R]Evolution, nous montrons comment la Suisse peut couvrir sa consommation avec du courant local et propre. Et si cela ne devait pas suffire, il serait possible d’importer de temps en temps du courant propre, et non du courant sale.

Les déchets radioactifs sont aussi sales

En définissant le courant sale, la CEATE-E n’a malheureusement pensé qu’au gaz à effet de serre qu’est le CO2 et complètement ignoré les déchets radioactifs du courant nucléaire. Une grande majorité des habitants de la Suisse est pourtant tout aussi opposée à l’importation de courant nucléaire qu’à celui à base de charbon et souhaite un bouquet électrique renouvelable. Le courant nucléaire ne couvre par ailleurs pas non plus ses vrais coûts, mais en répercute une grande partie sur la collectivité.

Dans les semaines à venir, le Conseil des Etats a la possibilité de corriger le tir. Greenpeace exige des représentants du peuple d’introduire une taxe sur le courant sale à la fois sur le courant d’origine fossile et sur le courant d’origine nucléaire.

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