Le programme de rapatriement nucléaire en provenance d’Angleterre est en cours. Le premier transport de déchets hautement radioactifs de Sellafield est en route pour la Suisse.


Les images thermiques montrent le convoi transportant les déchets radioactif parti de Valognes (France) le 16 septembre, vers 3h du matin. ©Greenpeace
Les images thermiques montrent le convoi transportant les déchets radioactif parti de Valognes (France) le 16 septembre, vers 3h du matin. ©Greenpeace

Revoilà les transports de déchets hautement radioactifs, appelés « transports Castor » en Allemagne, pays où ils rencontrent régulièrement des milliers de personnes, activistes et paysans bloquant avec leurs tracteurs la voie ferrée menant au site de stockage de Gorleben. Cette fois-ci, le transport nucléaire en provenance de l’usine de retraitement anglaise Sellafield est en route pour la Suisse. Son chargement de déchets nucléaires chauds et hautement radioactifs est constitué de coquilles de verre, conditionnées dans des conteneurs d’acier pesant une centaine de tonnes chacun.

L’industrie nucléaire suisse pensait à l’origine résoudre le problème de la gestion des déchets hautement radioactifs en exportant les éléments combustibles usés vers les usines de retraitement en France et en Angleterre. Les premiers contrats signés avec Sellafield (GB) et La Hague (F) ne prévoyaient pas de rapatriement des déchets.

Mais les contrats plus récents imposent la reprise de la part hautement radioactive des déchets. C’est ce qui a poussé la Suisse à construire un nouveau site de stockage intermédiaire, les capacités de stockage dans les centrales étant limitées. Fin des années 1990, les exploitants des centrales suisses tentent pourtant encore de se débarrasser de leurs éléments combustibles usés en les livrant en Russie. L’affaire tournera court et le retraitement perdra en attractivité économique.

Aujourd’hui, les déchets retournent à leur source. Symbole de la folie nucléaire, le rapatriement démontre que personne n’a de solution pour gérer ces déchets. Trente ans après les premières livraisons de combustible usé en France et en Angleterre, la question se pose encore et toujours: que faire de cette charge empoisonnée qui devra être entreposée en lieu sûr pour des centaines de milliers d’années? Provisoirement, tout est acheminé au site de stockage intermédiaire de Würenlingen (Argovie), c’est donc une solution transitoire. Et après? Dépôt définitif Benken, dans le Nord-Est zurichois, ou encore au Bözberg?

Au lieu de chercher à maîtriser le problème et à élaborer une solution centralisée, la Suisse distribue ses déchets nucléaires un peu partout sur le globe. En effet, l’extraction et la transformation de l’uranium des centrales suisses produisent déjà des tonnes de déchets.