Greenpeace Suisse est scandalisée de la décision que le Conseil des Etats a prise aujourd’hui sur la sortie du nucléaire. En décidant seulement d’interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires, la majorité de droite du Conseil des Etats se fait avoir par les exploitants de centrales, bafoue la volonté populaire et prend le risque d’un accident dans la centrale de Beznau, la plus vieille au monde.


A plusieurs reprises Greenpeace a dénoncé la prolongation de la durée d'exploitation de Beznau, le plus vieux réacteur au monde. ©Greenpeace/Cobbing
A plusieurs reprises Greenpeace a dénoncé la prolongation de la durée d’exploitation de Beznau, le plus vieux réacteur au monde. ©Greenpeace/Cobbing
Les exploitants de centrales peuvent se frotter les mains. S’il en allait selon le Conseil des Etats, les centrales nucléaires pourraient théoriquement continuer à fonctionner indéfiniment sans mesures de sécurité supplémentaires. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) est affaiblie. Elle avait demandé une amélioration légale minimale avec le concept d’exploitation à long terme des réacteurs.

Mais même ce concept adopté par le Conseil national n’a pas trouvé de majorité au Conseil des Etats. La Chambre haute a ainsi encore péjoré les mesures de sortie du nucléaire déjà insuffisantes décidées par le Conseil national. Il est clair que la majorité des élus bourgeois du Conseil des Etats ont montré que les intérêts des exploitants de centrales sont plus importants à leurs yeux que la sécurité de la population suisse .

Aujourd’hui, c’est la population suisse qui est la grande perdante. Elle doit accepter que le Conseil des Etats la soumette au risque croissant d’un accident nucléaire. La situation du réacteur Beznau 1, le plus vieux de la planète, est particulièrement intéressante. Ce réacteur déjà affaibli par l’âge, est en plus fragilisé par des défauts découverts en juin dernier dans le matériau de sa cuve de pression. Il est tout simplement scandaleux que le Conseil des Etats se moque manifestement de ce risque accru.

Le débat parlementaire sur la sortie du nucléaire est loin d’être fini. Greenpeace appelle le Conseil national à tenir bon sur le concept d’exploitation à long terme lorsqu’il s’agira d’éliminer ses différends avec le Conseil des Etats et de trouver une solution pour Beznau. Autrement, le Parlement suisse aura raté l’occasion de protéger la population contre un accident nucléaire.

Greenpeace considère qu’un arrêt rapide de toutes les centrales nucléaires suisses reste le but ultime. Cet objectif peut aussi être atteint hors des murs du Palais fédéral. D’après le baromètre électoral de la SSR, la population est également favorable à la sortie du nucléaire avec une limitation de la durée de fonctionnement des centrales. Greenpeace Suisse se prépare maintenant à une possible campagne de votation sur l’initiative « Sortir du nucléaire ».

Avant cela, vous pouvez choisir d’envoyer à Berne des parlementaires opposés au nucléaire. Pour connaitre les positions de tous les candidats aux élections fédérales du 18 octobre 2015, rendez-vous sur www.ecorating.ch