L’Indonésie est devenue une gigantesque boîte d’allumettes. L’industrie de l’huile de palme et du papier ont en grande partie contribué à ce désastre écologique durant des décennies. Les forêts ont été détruites et les tourbières asséchées. Les productions d’huile de palme durables seraient également concernées. Il appartient aux politiciens et aux producteurs d’agir. Car les orangs-outans voient leur habitat disparaître chaque jour un peu plus.


©Greenpeace/Ifansasti
©Greenpeace/Ifansasti

Depuis des mois, une épaisse brume toxique de fumée affecte l’environnement, fait souffrir les animaux et les êtres humains. Il devient urgent d’établir une stratégie durable pour la culture des palmiers à huile et d’éteindre définitivement ces feux.

Même les producteurs d’huile de palme, qui s’étaient engagés à respecter des critères de durabilité tels que Golden Agri Resources (GAR) et Wilmar, semblent impliqués dans la destruction des forêts tropicales et l’assèchement des tourbières. Nos chercheurs ont étudié trois plantations dans l’ouest indonésien et au centre de Kalimatan: dans tous les cas, la déforestation et l’assèchement ont précédé les incendies de forêt. Deux plantations sont membres de la Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO) – dont les critères sont trop peu contraignants selon Greenpeace  – et la troisième est certifiée Forest Stewardship Council (FSC), un système qui doit encore être nettement amélioré.

Annisa Rahmawati, expert en forêts pour Greenpease Asie du Sud-Est, dépeint un tableau sombre. En 23 ans, 31 millions d’hectares de forêts ont déjà été détruits, une superficie presque aussi grande que l’Allemagne. En 25 ans, la production d’huile de palme d’Indonésie a sextuplé: le pays est devenu le leader du marché de l’exportation.

Les importateurs ont également des obligations. En Suisse, les importations ont triplé entre 2011 et 2014! Certes, le gouvernement fédéral a décidé que dès 2016, tous les aliments contenant de l’huile de palme devraient être étiquetés. Mais cela ne nous dira pas pour autant si elle provient de la destruction des forêts ou de plantations durables.

Les grands distributeurs alimentaires ne pourront pas simplement se cacher derrière des certifications qui ne peuvent garantir, à l’heure actuelle, que les produits contenant de l’huile de palme ne détruisent pas les forêts. Nous exigeons donc de la RSPO, de la FSC et des gouvernements qu’ils enquêtent de toute urgence et que les entreprises qui détruisent les forêts de tourbières soient exclues du marché de l’huile de palme. Afin que les labels n’induisent pas en erreur les consommateurs.