Le classement climatique par pays, publié chaque année par Climate Action Network (CAN) et Germanwatch, a été rendu public aujourd’hui dans le cadre de la Conférence de Paris sur le climat (COP21). La Suisse perd trois places, pour la seconde année consécutive.


La Suisse est le pays d'Europe qui a le plus recours au chauffage au mazout. ©Greenpeace/Vasari
La Suisse est le pays d’Europe qui a le plus recours au chauffage au mazout. ©Greenpeace/Vasari
La Confédération était encore classée 8ème en 2014, mais dans le classement 2016, elle ne pointe plus qu’à la 14ème place. Une dégringolade liée à l’incapacité du pays à empoigner les dossiers les plus importants. A l’échelle globale, l’humanité a dépensé les 2/3 de son budget carbone, soit la quantité maximale d’émission de CO2 à ne pas dépasser pour maintenir le réchauffement sous la barre des 2°. La Suisse en a déjà dépensé les 4/5.

La Confédération doit trouver le moyen de sortir des énergies fossiles sans émettre plus que ce cinquième restant. Or, avec la politique climatique actuelle, la Suisse finira de dépenser son budget carbone dans moins de 15 ans. À ce moment là, elle aura au mieux réduit ses émissions de CO2 de 30% et se trouvera obligée de dépasser fortement son budget.

La Suisse prétend pourtant qu’elle peut maintenir des objectifs ambitieux en comptabilisant dans son bilan interne le soutien aux efforts de réductions réalisés à l’étranger. En abusant de l’achat de certificats d’émission, la Suisse cherche à se présenter comme une bonne élève en matière de protection du climat tout en maintenant un bouquet énergétique basé sur les énergies fossiles. Le Conseil fédéral cherche à obtenir le beurre et l’argent du beurre.

Malheureusement, en abusant des mesures effectuées à l’étranger, la Suisse passe à coté de décisions fondamentales en matière de protection climatique et se trouve à la traîne de pays plus ambitieux comme la France, l’Italie ou le Royaume-Uni. La Suisse est, par exemple, le pays d’Europe dont la population a le plus recours au chauffage au mazout et le secteur des transports est l’un des plus motorisés du Vieux Continent.

La Suisse a cherché à se donner une bonne réputation grâce à sa politique climatique, pourtant même sur ce point elle est en train d’échouer, comme le montre le classement climatique par pays. Il faut désormais que le Conseil fédéral pose des objectifs qui permettent à la fois de sortir de la dépendance au énergies fossiles et de protéger la population contre les effets du réchauffement climatique.

Le classement climatique par pays (Climate Change Performance Index: CCPI) est un classement annuel des principaux pays émetteurs de CO2 sur la planète. Les 58 pays classés représentent plus de 90% des émissions mondiales de CO2. Les trois premières places du classement ne sont pas attribuées, car aucun pays ne parvient à réaliser l’objectif d’un réchauffement climatique plafonné à deux degrés. Le Danemark, le Royaume-Uni et la Suède arrivent respectivement aux places 4, 5 et 6.