La Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE-N) ferme les yeux face à la menace que représente le réacteur 1 de la centrale de Beznau, le plus âgé du monde. La majorité de la commission s’est en effet montrée favorable au retrait du concept d’exploitation à long terme de la Loi sur l’énergie nucléaire (LENu). Celui-ci avait pourtant été proposé par l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). Greenpeace Suisse condamne ce retour en arrière scandaleux.

Désastre financier chez Axpo, problèmes insolubles à Beznau: l'heure de la fin du nucléaire est arrivée. Seuls les politiciens refusent de le voir. © Greenpeace / Michael WürtenbergMalgré les enseignements de Fukushima, la commission refuse d’améliorer la sécurité dans le domaine du nucléaire. C’est parfaitement scandaleux! Il reste à espérer que le Conseil national se montrera plus avisé, en maintenant au moins le concept d’exploitation à long terme, proposé par l’IFSN. Si tel n’est pas le cas, la politique nucléaire suisse se retrouverait de facto au même point qu’il y a 5 ans, au moment du début de la catastrophe de Fukushima.

En 2011, le Parlement avait accepté l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires sur le territoire. Malheureusement, le monde politique s’est montré incapable de changer d’approche en matière de stratégie énergétique. Pourtant, il apparaît de plus en plus clairement que l’énergie nucléaire est à bout de souffle dans notre pays. Les problèmes insolubles de Beznau, le désastre financier chez Axpo, la prochaine mise à l’arrêt de Mühleberg, sont des signes probants de la fin de l’âge de l’atome. Des signes qui sont sciemment ignorés au sein du Palais fédéral.

L’urgence de trouver une solution pour Beznau
Greenpeace Suisse appelle les conseillers nationaux à trouver rapidement une solution pour les problèmes de sécurité à Beznau et à défendre le concept d’exploitation à long terme. Si le Conseil national décide d’ignorer les signes des temps, il faudra que le peuple se charge de protéger la Suisse du danger que représentent les centrales nucléaires et de favoriser la transition énergétique.

Greenpeace Suisse se prépare donc à la campagne autour de l’initiative « Sortir du nucléaire » qui se profile à l’horizon.

Florian Kasser est spécialiste du nucléaire pour Greenpeace Suisse

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