L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a donné son feu vert à la remise en service de la centrale de Leibstadt. Mais l’origine des problèmes qui ont amené aux oxydations observées sur des assemblages de combustible n’a toujours pas été identifiée. 

L’IFSN va à l’encontre du bon sens et de ses propres principes. L’autorité de surveillance avait clairement exigé qu’il soit impossible que des situations de surchauffe des éléments de combustibles (« les états d’ébullition critiques ») puissent survenir. Voici comment l’IFSN a exprimé cette exigence le 9 janvier dernier:

« L’IFSN a exigé de la centrale nucléaire de Leibstadt que le cœur du réacteur et son exploitation soient configurés pour exclure les états d’ébullition critiques en exploitation normale (niveau de sécurité 1), lors d’incidents d’exploitation (niveau de sécurité 2) ainsi que lors de défaillance de dimensionnement (niveau de sécurité 3) relevant des catégories de défaillance 1 et 2 selon l’ordonnance du DETEC (RS 732.112.2). »

En 2015 déjà des dommages similaires ont été détectés. L’IFSN avait pourtant autorisé la remise en service de Leibstadt. Avec les mesures mises en œuvre à l’époque, l’autorité de surveillance et les responsables de la centrale étaient persuadés de s’être prémuni contre une résurgence du problème-. Mais c’est le contraire qui s’est produit. En été 2016, de nouvelles oxydations ont été observées. Celles-ci ont pris une ampleur jamais observée.

Si l’IFSN continue d’agir de la sorte, cela constitue un blanc-seing pour le maintien d’une expérimentation dangereuse qui va à l’encontre de toutes les règles de sécurité.