Quatre navires de pêche ont été arrêtés dans les eaux de la Guinée-Bissau.  Des patrouilles conjointes ont été effectuées par Greenpeace et le Département de surveillance des pêches de Guinée-Bissau qui ont constaté de multiples infractions: absence de noms lisibles sur les navires, non-paiement des amendes et utilisation illégale d’équipement de pêche.

« Le fait que nous ayons réussi en si peu de temps à tomber sur un grand nombre de navires violant la loi confirme que la situation est vraiment alarmante dans les eaux de l’Afrique de l’Ouest. Les compagnies de pêche et leurs équipages se sont habitués à ce que l’exploitation des eaux soit insuffisamment contrôlée par la Guinée-Bissau. Nos résultats montrent que les opérations illégales ont lieu quotidiennement« a déclaré Pavel Klinckhamers, chef de projet à bord de l’Esperanza, navire de Greenpeace.

Le 21 mars, trois navires de pêche battant pavillon chinois Yi Feng 8, Yi Feng 9 et Yi Feng 10 ont été repérés à 50 miles marins de la côte de Guinée-Bissau par Greenpeace et les inspecteurs. Les navires avaient des noms écrits uniquement en chinois, bien que tous les navires de pêche soient tenus par la loi de porter des noms aisément identifiables.

Le 22 mars, le Saly Reefer effectuait un transbordement illégal avec les navires de pêche Flipper 3, Flipper 4 et Flipper 5, battant pavillon comorien. Le transbordement en mer a souvent été lié à la dissimulation de poissons capturés sans permis. Il est pourtant interdit par le gouvernement de la Guinée Bissau depuis 2015.

Le 24 mars, Greenpeace et les inspecteurs ont repéré un autre navire chinois, le Chang Yuan Yu 05, alors qu’il pêchait au large des côtes de l’archipel des Bijagos. Le navire est connu des autorités locales, car ses propriétaires n’ont pas payé l’amende pour avoir utilisé des filets illégaux en septembre 2016.

L’Afrique de l’Ouest est la seule région au monde où la consommation de poisson est en déclin en raison de la surexploitation des ressources. Les répercussions de l’épuisement des stocks de poisson, leur principale source de protéines, sur la sécurité alimentaire et l’économie sont extrêmement préoccupantes. En Afrique de l’Ouest, la pêche est une source vitale de revenus et d’emplois pour environ 7 millions de personnes.

La pêche illégale, non réglementée et non déclarée en Afrique de l’Ouest, réduit de 300 000 le nombre d’emplois dans les secteurs artisanaux. Entre 2010 et 2016, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée et la Sierra Leone ont perdu environ 2,3 milliards de dollars par an de chiffre d’affaires, tandis qu’un montant de 13 millions de dollars a été récupéré grâce au suivi, au contrôle et à la surveillance de la pêche. Le nombre le plus élevé d’infractions s’est produit en Guinée-Bissau. En 2014, les autorités de ce pays ont patrouillé avec huit navires pendant une semaine. Toutefois, les sanctions en cas de violation de la loi en mer en Guinée-Bissau sont trop faibles et la loi n’est pas appliquée correctement.

L’Esperanza a déjà sillonné le Cap-Vert, la Mauritanie et maintenant la Guinée-Bissau.  Greenpeace continuera à assurer une surveillance conjointe avec les autorités locales afin de préserver les océans d’Afrique de l’Ouest de la pêche industrielle illégale. Greenpeace soutient activement la mise en place d’un organisme de gestion régional, en mesure d’assurer la transparence et d’améliorer la gouvernance dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest.

Les océans sont notre bien commun: sauvons-les et signons la pétition en faveur d’une gestion durable de la pêche.