Greenpeace Suisse exige que toute la lumière soit faite sur les dégâts observés sur le combustible nucléaire de Leibstadt. L’organisation écologiste a déposé plainte auprès de l’autorité de surveillance qu’est le Conseil de l’IFSN. Dans l’énoncé de sa plainte, Greenpeace montre que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a sans doute enfreint la législation en vigueur en autorisant le redémarrage de la centrale sans connaître la cause exacte des dégâts constatés sur les barres de combustibles. L’organisation documente aussi la manière dont l’IFSN a communiqué de façon contradictoire et non transparente dans cette affaire.

À la mi-février 2017, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) avait autorisé le redémarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt. La centrale avait été arrêtée pendant des mois pour de graves dégâts sur près de 50 éléments de combustible nucléaire, présentant une forte oxydation comparable à de la rouille. Le feu vert de l’IFSN a été donné sans que l’on connaisse la cause exacte de ces dégâts. L’IFSN a bien identifié des «dryouts» – un assèchement dû au refroidissement insuffisant des barres de combustible – comme en étant la cause. L’origine de ce phénomène reste pourtant inconnue. Greenpeace Suisse a minutieusement analysé le cas et Florian Kasser, son spécialiste du nucléaire, considère qu’il est «clairement inadmissible que l’IFSN ait autorisé Leibstadt à redémarrer sans connaître la cause des dégâts observés sur le combustible».

Infraction à la législation en vigueur ?

Greenpeace Suisse pose la question de la légalité de cette décision. C’est la conclusion à laquelle on arrive en se basant sur la législation en vigueur: un refroidissement défaillant des barres de combustibles n’est pas tolérable. Celles-ci constituent en effet une barrière centrale contre la dispersion de radioactivité. «L’autorité de surveillance de l’IFSN doit clarifier ce qui n’a pas correctement fonctionné dans le cas de Leibstadt, c’est le but de cette plainte» explique Florian Kasser. La plainte déposée par l’organisation révèle d’autres manquements. Bien qu’un phénomène d’assèchement du combustible soit déjà survenu en 2014, les dégâts n’ont toujours pas fait l’objet d’une analyse approfondie jusqu’ici. D’autres problèmes concernent la communication venant de l’IFSN. D’importantes informations ont en effet régulièrement été oubliées et les déclarations souvent contradictoires. Les faits ont été minimisés. «Les négligences se sont accumulées dans une mesure inadmissible» résume Florian Kasser. «Cela montre que l’IFSN a une compréhension de la sécurité qui n’est pas acceptable.»

L’IFSN doit changer sa pratique de surveillance

Greenpeace Suisse prie le Conseil de l’IFSN d’analyser de façon approfondie les manquements constatés auprès du surveillant nucléaire. Le Conseil de l’IFSN doit enjoindre l’IFSN à corriger sa pratique en matière de surveillance et à informer complètement et de manière totalement transparente sur ce qui s’est réellement passé à Leibstadt ces dernières années. La plainte a été déposée jeudi, Greenpeace demande une enquête rapide sur le dossier.

Texte complet (en allemand) de la plainte à l’autorité de surveillance

 

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Florian Kasser, spécialiste nucléaire Greenpeace Suisse, 076 345 26 55, florian.kasser@greenpeace.org
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