Le WWF et Greenpeace ont présenté ce matin une étude intitulée ‚Une comparaison européenne d’une taxe suisse sur le CO2’. L’association allemande ‚Förderverein Ökologische Steuerreform’ (FÖS) montre que, en comparaison avec la Suisse, la plupart des pays européens ont déjà introduit avec succès des taxes sur le CO2 et d’autres substances depuis des années. Greenpeace et le WWF demandent au Conseil fédéral d’introduire une taxe incitative sur le CO2 lors de leur réunion sur le climat de demain.

Berne (BE) Le WWF et Greenpeace ont
présenté ce matin une étude intitulée ‘Une comparaison européenne
d’une taxe suisse sur le CO2’. L’association allemande
‘Förderverein Ökologische Steuerreform’ (FÖS) montre que, en
comparaison avec la Suisse, la plupart des pays européens ont déjà
introduit avec succès des taxes sur le CO2 et d’autres substances
depuis des années. Greenpeace et le WWF demandent au Conseil
fédéral d’introduire une taxe incitative sur le CO2 lors de leur
réunion sur le climat de demain.

Économiesuisse a affirmé il y a peu que «en dehors de la Suisse,
aucun pays européen n’envisage d’introduire une taxe sur le CO2
pour remplir ses obligations vis-à-vis de Kyoto». Le WWF et
Greenpeace ont mandaté une étude qui montre au contraire que plus
de la moitié de l’Europe des 15 a introduit des taxes incitatives
sur le CO2 ou sur l’énergie. En outre, cinq pays ont augmenté leurs
taux d’imposition au 1er janvier 2005.

L’auteur de l’étude, Kai Schlegelmilch de FÖS, explique que la
Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Suède sont en tête en ce qui
concerne le respect des engagements pour Kyoto. Ces pays ont tous
mis sur pied des taxes sur le CO2. L’Allemagne a ainsi pu réduire
la consommation de carburant de 10% en cinq ans. Selon
Schlegelmilch, «En plus des gains démontrables pour le climat et
l’environnement ; la santé, les technologies nouvelles et l’emploi
profitent de l’introduction d’une taxe sur le CO2. Ce n’est dès
lors pas étonnant que de nombreux pays envisagent des mesures
supplémentaires pour les taxes sur le CO2 et l’énergie. La Suisse
peut apprendre beaucoup de l’Europe à ce sujet».

Au vu de ces développements, il n’est pas étonnant que, lors de
leur réunion d’aujourd’hui et de demain, les chefs d’État européens
envisagent de se fixer des buts de protection du climat très larges
qui s’appuient sur les connaissances scientifiques en la matière.
Pour Cyrill Studer, responsable de campagne pour la protection du
climat pour Greenpeace Suisse: «Les ministres de l’environnement
européens proposent de réduire les émissions de CO2 de 60 à 80% en
45 ans. Il n’y a pas de telles discussions en Suisse. La Suisse
doit absolument se mettre à jour d’ici la prochaine conférence
internationale sur le changement climatique, en novembre 2005».

Partick Hofstetter, responsable des questions de politique
climatique au WWF Suisse fait clairement comprendre que les mesures
librement consenties ne suffisent pas à réduire à elles seules les
émissions de CO2 comme il est stipulé dans la loi sur le CO2. Les
émissions de CO2 dues au trafic ont augmenté de 8% entre 1990 et
2003. Or selon la loi sur le CO2, ces émissions doivent être
réduites de 8% d’ici 2010.

«Les expériences faites jusqu’à présent en Suisse avec les taxes
incitatives et l’incitation par les prix sont très positives»
explique Patrick Hofstetter. «L’efficacité d’une taxe sur le CO2
est évidente également pour la Suisse et le Conseil fédéral devrait
l’introduire dès le premier janvier 2006». Sans taxe sur le CO2, ce
n’est qu’une question de temps avant que la Suisse ne se retrouve
en queue de peloton au niveau européen en matière de politique
climatique – et ceci, malgré le fait que nos Alpes soient tout
particulièrement concernées par le changement climatique.