Ce matin, Monsieur Gosman Kabirov, malade à cause de la radioactivité, a lancé un appel désespéré au Conseil national suisse: «N’autorisez pas de trafics radioactifs entre la Suisse et la Russie – nous, les habitants de la Russie, les payerons de notre santé et de nos vies». Greenpeace a invité M. Kabirov à séjourner en Suisse. Il a amené des images effrayantes de Russie sur la vie avec les déchets radioactifs. Lors de cette session, le Conseil national débattra de la nouvelle Loi sur l’Energie nucléaire (LENu).

Berne (BE). La LENu sera décisive pour l’avenir
des déchets radioactifs suisses. Seront-ils directement éliminés en
Suisse – ou, comme le veulent les nucléocrates, pourront-ils être
exportés à fin de retraitement et de stockage?

Une bonne solution ne semble pas se dessiner –
la commission du Conseil national (CEATE) veut autoriser le
retraitement, contesté, du plutonium, bien que le Conseil fédéral
ait proposé de l’interdire. De sont côté, le Conseil des Etats n’a
autorisé l’exportation que si des «normes internationales» sont
respectées à l’étranger.

Le terme de «normes internationales» ouvre la
voie à de malpropres trafics. C���est ce que montre l’exemple de la
fabrique russe de combustible Elektrostal où la centrale nucléaire
(CN) de Gösgen fait confectionner des éléments de combustible.
L’installation correspond officiellement aux «normes
internationales» exigées. La sûreté y est toutefois misérable: en
décembre 2001, une bande trafiquant a ainsi été démasquée qui avait
volé de l’uranium de qualité militaire chez Elektrostal pour le
vendre au plus offrant.

M. Kabirov est né et a grandi dans la région de
Mayak, la seule usine russe de retraitement de plutonium (UP); il
s’oppose à l’importation de combustible nucléaire irradié (CNI) et
de déchets radioactifs en Russie. Greenpeace l’a invité en Suisse:
«Nous ne voulons pas de vos déchets radioactifs – nous souffrons
déjà assez des conséquences de nos propres déchets radioactifs qui
contaminent les environs de Mayak». M. Kabirov est malade à cause
des activités des nucléocrates russes.

Des millions de russes partagent l’avis de M.
Kabirov, plus de 2 millions d’entre eux avaient signé une demande
de référendum. Mais les nucléocrates suisses tiennent absolument à
pouvoir exporter, particulièrement en Russie; surtout parce qu’en
Occident le retraitement du plutonium et le stockage des déchets
radioactifs sont fortement controversés. En Russie, ils sont par
contre bon marché et la population n’y a pas de droits
démocratiques en la matière.

C’est maintenant aux politiciens de décider:
ces irresponsables trafics doivent-ils être autorisés? ou le
Parlement suisse doit-il prendre sa responsabilité au sérieux et
mettre un terme définitif aux manigances des magouilleurs
radioactifs? Les demi-mesures ne suffisent pas.

Le principe du pollueur payeur et le respect de
la vie des personnes qui vivent autour des installations atomiques
étrangères exigent du Conseil national qu’il interdise le
retraitement et l’exportation du combustible nucléaire irradié à
l’étranger.