La croisière méditerranéenne la plus durable de tous les temps

Cet été, le Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace, a sillonné la Méditerranée pour s’arrêter sur des destinations touristiques appréciées, comme Majorque, Dubrovnik ou Zakynthos. Pas pour faire des excursions, des fêtes sur le sable ou de la baignade. Le but était de sensibiliser le public, de nettoyer les plages et de communiquer des constats scientifiques, pour dire : « Stop au plastique dans les océans ! ».

En principe les croisières ne sont pas recommandées, écologiquement parlant, et aussi en raison des masses de touristes déversées dans les plus beaux coins du monde, parfois au détriment des habitants des lieux. Mais un voyage en Méditerranée peut avoir du bon : le Rainbow Warrior, le deux-mâts de Greenpeace, laisse derrière lui des plages propres et des êtres humains bien informés.

La croisière méditerranéenne probablement la plus durable du monde a commencé début juin à Valence, en Espagne. Elle s’est terminée mi-août au-delà du Bosphore, à Varna, en mer Noire. La durabilité du voyage découle du mode de propulsion du Rainbow Warrior, principalement basé sur le vent et l’électricité, mais aussi et surtout de la mission accomplie : attirer l’attention sur le grave problème du plastique dans la mer, et proposer des solutions.

Greenpeace a mis l’accent sur la problématique en utilisant d’immenses objets en plastique.
© Pedro Armestre / Greenpeace

Le Rainbow Warrior propose des mesures qui réduisent notre consommation plastique. © Pedro Armestre / Greenpeace

Les tortues de mer confondent les sacs en plastique avec des méduses. Elles les mangent et meurent.
4.3 billions de sacs à usage unique sont utilisés en Grèce. © Kostas Papafitsoros / Archelon / Greenpeace

La tortue de mer confond les sacs en plastique avec des méduses.
© Troy Mayne / Oceanic Imagery Publications

Les oiseaux de mer utilisent des déchets en plastique et des filets de pêche pour construire leurs nids.
De nombreux oiseaux s’étranglent et meurent.© Wolf Wichmann / Greenpeace

13 millions de tonnes de plastique

Le plastique, c’est pratique : il est malléable, facile à fabriquer, résistant à l’usure. Mais ses avantages en font aussi un gigantesque problème. Les sachets, emballages et bouteilles en plastique qui se retrouvent dans l’environnement ne disparaissent pas. La dégradation du plastique peut prendre des milliers d’années. Les débris de plastique jetés dans la mer nuisent surtout aux organismes marins, qui confondent le plastique avec leur nourriture et meurent étouffés par les détritus. Les poissons, en particulier, sont également affectés par les substances toxiques présentes sur les microplastiques qu’ils absorbent. En mangeant du poisson nous retrouvons sur nos assiettes les déchets abandonnés sur les plages. Les scientifiques estiment que les océans reçoivent ainsi près de 13 millions de tonnes de plastique par année.

Durant son expédition en Méditerranée, le Rainbow Warrior a multiplié les actions pour dénoncer le problème du plastique et proposer des solutions :  avec des photos de bouteilles en plastique géantes, lors de journées portes ouvertes sur le bateau, par des entretiens avec des politiciens ou des représentants de la grande distribution. En outre, les résultats d’analyse des poissons et des échantillons d’eau prélevés au cours du voyage seront disponibles fin octobre et donneront certainement lieu à des conclusions révélatrices.

Des militants Greenpeace de 13 pays – dont la Suisse – déploient une bannière de 50 mètres
sur le pont de Asparuhov à Varna, Bulgarie. © Ivan  Donchev / Greenpeace

Des militants Greenpeace et des bénévoles ont créé en collaboration avec l’artiste George Mparakas un dauphin fabriqué avec des sacs en plastique. L’installation sur la plage de Thessalonique montre l’ampleur de la pollution. © Nicoletta Zarifi / Greenpeace

Une caméra sous-marine montre les déchets en plastique déposés sur les fonds marins à Santorin.
© Greenpeace

Les biologistes Dimitar Berov et Stefania Klayn analysent l’eau de la mer Noire entre Burgas et Varna.
© Ivan  Donchev / Greenpeace

Les biologistes Dimitar Berov et Stefania Klayn analysent l’eau de la mer Noire entre Burgas et Varna.
© Ivan  Donchev / Greenpeace

Une opération de nettoyage à Zakynthos, Grèce montre la pollution plastique.
© Constantinos Stathias / Greenpeace

Durant toute l’expédition, Greenpeace a travaillé avec des entreprises de recyclage locales.
© Constantinos Stathias / Greenpeace

Stop au plastique dans les océans !

L’équipe du Rainbow Warrior a fourni un sérieux travail d’information, de communication et d’entretiens. Environ 20 000 personnes issues de la population locale ont saisi l’occasion de visiter le bateau Greenpeace. Et certaines ont commencé à réduire leur consommation de plastique, en fabriquant leur propre cabas dans le cadre d’un workshop proposé à bord, ou en se procurant des gobelets à café réutilisables. La diffusion de notre message à travers les médias a également touché un grand nombre de personnes. En témoigne le bureau Greenpeace en Espagne, qui a recensé plus de 600 articles et émissions dans les journaux, à la radio ou à la télévision.

Les entretiens directs avec des décideurs ont eux aussi donné lieu à de premiers succès : le débat sur la réduction du plastique jetable est maintenant bien présent dans les milieux politiques européens. La lutte contre la marée de plastique prend de l’ampleur, et s’étend bien au-delà de la Méditerranée. Les bureaux Greenpeace ont ainsi lancé des campagnes contre le plastique en République tchèque, en Nouvelle-Zélande, en Asie de l’Est et dans beaucoup d’autres pays et régions.

Des bénévoles ont formé une bannière humaine à la plage Rauche à Beyrouth, Liban.
© Samir Kayal / Greenpeace

Des bénévoles nettoient la plage de Rauche à Beyrouth, Liban.
© Greenpeace

Des membres de l’équipage du bateau ont libéré un oiseau du plastique.
© Will Rose / Greenpeace

La reproduction d’une baleine à la plage de Naic en Cavite, au sud de Manille
démontre que de nombreux cétacés meurent à cause de la pollution plastique. © Greenpeace

Lancer une campagne mondiale, collecter de précieuses données scientifiques et donner une information directe à des dizaines de milliers de personnes, c’est un peu la croisière idéale.