L’Amazonie est ravagée par des incendies de forêt. Les foyers d’incendie enregistrés en Amazonie en 2019 sont parmi les plus nombreux de ces dernières années.

Entre début janvier et le 20 août 2019, le nombre d’incendies a augmenté de 145% par rapport à la même période en 2018. Mais ce n’est pas seulement le Brésil qui est touché, mais aussi la Bolivie, la Colombie, le Paraguay et l’Argentine. Outre l’Amazonie, les savanes moins connues du Cerrado et du Gran Chaco sont également touchées.

Greenpeace Brésil a capturé des images des incendies qui ravagent la forêt amazonienne depuis trois semaines lors d’un survol dans les États de Rondônia et Pará. Dans ce qui constitue une des pires crises en la matière de ces dernières années en Amazonie, les incendies continuent de menacer la biodiversité, les peuples autochtones et le climat dans le monde entier.

Contrairement à ce que prétend le gouvernement, la vague de feu qui balaie l’Amazonie est liée à une augmentation de la déforestation dans la région. Et la destruction des forêts alimente la crise climatique. Plus de déforestation et d’incendies en Amazonie signifient plus d’émissions de gaz à effet de serre et plus de réchauffement planétaire. Cela rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus forts et plus dangereux, mettant davantage en danger la forêt, la biodiversité, l’accès à la nourriture et la santé humaine. 

Les scientifiques mettent en garde contre des conséquences dramatiques. Si la superficie forestière devait se réduire de seulement 20%, cela déclencherait très probablement une réaction en chaîne irréversible. Le bilan hydrique de l’Amazonie s’effondrerait et, en très peu de temps, le bassin amazonien pourrait devenir une savane.

L’Amazonie et le climat dépendent de nos choix

Si les politiques menées par les pays amazoniens, et tout particulièrement celles du Brésil, jouent un rôle important dans la crise actuelle, il ne faut pas oublier que la cause de la déforestation, d’un point de vue global, se cache aussi dans nos assiettes. La production nourriture pour animaux et la libération de surfaces pour l’élevage sont parmi les principales causes de déforestation en Amazonie.

Lorsque l’on parle de nourriture pour les animaux, on évoque évidemment le soja, dont la production a plus que quadruplé ces 20 dernières années au Brésil. Une croissance qui se fait sur le dos de la forêt et des écosystèmes naturels comme celui du Cerrado. Si la déforestation liée à la culture du soja s’est ralentie ces dernières années grâce à l’instauration d’un moratoire, la politique menée par le gouvernement Bolsonaro réduit actuellement ces efforts à néant en favorisant un déboisement rapide de l’Amazonie.

La Suisse importe près de 300’000 tonnes de soja par année, majoritairement depuis le Brésil. Ce soja ne sert pas à faire du tofu, des yoghourts végétaliens ou du lait végétal. Non, ce soja nourrit les animaux que nous retrouvons chez nos boucher sous l’appellation « viande suisse ». Cela signifie que les choix que nous faisons en termes d’alimentation peuvent avoir un impact pour la protection de l’Amazonie.

Ajoutons qu’en 2018, la Suisse a importé au total près de 21 000 tonnes de viande d’Argentine, du Brésil, du Paraguay et d’Uruguay (source : Administration fédérale des douanes). Même s’il s’agit de produits issus d’une production « responsable », il ne peut être garanti que les droits de l’homme et l’environnement ont été correctement respectés, car les chaînes d’approvisionnement manquent de transparence.

Réduire sa consommation de viande et de produits issus de l’élevage permet de protéger efficacement les écosystèmes naturels, comme l’Amazonie , qui jouent un rôle fondamental pour la régulation du climat. Cela va de paire avec une refonte du système alimentaire et le développement d’une agriculture plus respectueuse de la nature. Pour se faire une idée à quoi pourrait ressembler une telle évolution dans notre pays, Greenpeace a produit une vision de ce qui pourrait l’agriculture suisse dans le futur.

Une étude récente a montré qu’aucun autre pays n’exporte une part aussi importante de son impact environnemental vers des pays tiers que la Suisse. Ce que nous mangeons, et les objets et les produits que nous utilisons tous les jours jouent un rôle prépondérant dans notre capacité à protéger des écosystèmes importants pour contrer la crise climatique. Cet état de fait a été confirmé récemment par la communauté scientifique, au travers du rapport spécial du GIEC sur l’utilisation des terres publié le 8 août dernier.

Il est donc de notre responsabilité d’agir, d’autant plus que nos choix individuels peuvent avoir un impact décisif pour l’Amazonie.