{"id":23817,"date":"2011-08-12T00:00:00","date_gmt":"2011-08-11T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/master.greenpeace.ch\/press-release-fr\/23817\/vert-fonce-pourquoi-la-decroissance\/"},"modified":"2019-05-30T17:58:19","modified_gmt":"2019-05-30T15:58:19","slug":"vert-fonce-pourquoi-la-decroissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/story-fr\/23817\/vert-fonce-pourquoi-la-decroissance\/","title":{"rendered":"Vert fonc\u00e9: pourquoi la d\u00e9croissance?"},"content":{"rendered":"<p><b>\u00ab\u00a0Le PIB, cette pr\u00e9tendue mesure de la croissance \u00e9conomique, ne permet pas de distinguer les co\u00fbts des avantages.\u00a0\u00bb Herman Daly, \u00e9conomiste \u00e0 la Banque mondiale, auteur de \u00ab\u00a0Steady State Economics\u00a0\u00bb.Des \u00e9conomistes et des scientifiques se sont r\u00e9unis \u00e0 Paris en 2008 sous le th\u00e8me de la D\u00e9croissance \u00e9conomique pour la soutenabilit\u00e9 \u00e9cologique et l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale. Le mouvement pour la d\u00e9croissance a pris de l\u2019expansion suivant cette r\u00e9volution de la pens\u00e9e \u00e9conomique fran\u00e7aise. Une conf\u00e9rence similaire a eu lieu \u00e0 Barcelone en 2010. Pour ma part, j\u2019aide depuis deux ans \u00e0 l\u2019organisation de la Conf\u00e9rence sur la d\u00e9croissance de Vancouver, au Canada. Des journalistes et des \u00e9conomistes traditionnels ont demand\u00e9 pourquoi il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir un mouvement qui pr\u00e9conise la d\u00e9croissance. Voici les r\u00e9ponses \u00e0 leurs questions.<\/b><\/p>\n<div class=\"post-content\">\n<div>\n<p><img decoding=\"async\" style=\"float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/26806_51847.jpg\" alt=\"\" width=\"200\">\u00ab\u00a0Le PIB, cette pr\u00e9tendue mesure de la croissance \u00e9conomique, ne permet pas de distinguer les co\u00fbts des avantages.\u00a0\u00bb Herman Daly, \u00e9conomiste \u00e0 la Banque mondiale, auteur de \u00ab\u00a0Steady State Economics\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Des \u00e9conomistes et des scientifiques se sont r\u00e9unis \u00e0 Paris en 2008 sous le th\u00e8me de la D\u00e9croissance \u00e9conomique pour la soutenabilit\u00e9 \u00e9cologique et l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale. Le mouvement pour la d\u00e9croissance a pris de l\u2019expansion suivant cette r\u00e9volution de la pens\u00e9e \u00e9conomique fran\u00e7aise. Une conf\u00e9rence similaire a eu lieu \u00e0 Barcelone en 2010. Pour ma part, j\u2019aide depuis deux ans \u00e0 l\u2019organisation de la Conf\u00e9rence sur la d\u00e9croissance de Vancouver, au Canada. Des journalistes et des \u00e9conomistes traditionnels ont demand\u00e9 pourquoi il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir un mouvement qui pr\u00e9conise la d\u00e9croissance. Voici les r\u00e9ponses \u00e0 leurs questions.<\/p>\n<h4>Pourquoi concentrer ses efforts pour mettre fin \u00e0 la croissance? La croissance n\u2019est-elle pas naturelle?<\/h4>\n<p>Certes, la croissance est naturelle, mais m\u00eame dans la nature elle est astreinte \u00e0 certaines limites. Le mouvement pour la d\u00e9croissance cherche \u00e0 combattre l\u2019augmentation de la consommation par les soci\u00e9t\u00e9s humaines, ayant pour causes la croissance \u00e9conomique, l\u2019augmentation de la population et les cons\u00e9quences de l\u2019extraction des ressources (d\u00e9versements p\u00e9troliers, fleuves pollu\u00e9s et exc\u00e8s de carbone dans l\u2019atmosph\u00e8re). Le syst\u00e8me poss\u00e8de des m\u00e9canismes r\u00e9troactifs (d\u00e9gel du perg\u00e9lisol et \u00e9manations de m\u00e9thane) qui accentuent les cons\u00e9quences nuisibles de la croissance. Nous appellerons \u00ab\u00a0d\u00e9bit\u00a0\u00bb (en anglais throughput) l\u2019ensemble des biens et services consomm\u00e9s par les soci\u00e9t\u00e9s humaines \u00e0 un moment donn\u00e9, ainsi que les d\u00e9chets qui en r\u00e9sultent.<\/p>\n<p>On entend ces jours-ci parler de \u00ab\u00a0d\u00e9coupler\u00a0\u00bb la croissance \u00e9conomique de la production mat\u00e9rielle et \u00e9nerg\u00e9tique, un projet qui est en lui-m\u00eame souhaitable, mais il faut \u00eatre lucide, car la pratique nous offre tr\u00e8s peu d\u2019exemples concrets d\u2019un tel d\u00e9couplage. Historiquement la croissance \u00e9conomique s\u2019est traduite par une plus grande utilisation d\u2019\u00e9nergie et par un accroissement de la consommation des mati\u00e8res premi\u00e8res. D\u2019aucuns ont par exemple soutenu que l\u2019utilisation des ordinateurs permettrait d\u2019\u00a0\u00bb\u00e9conomiser le papier\u00a0\u00bb, mais cela ne s\u2019est jamais produit. Les soci\u00e9t\u00e9s humaines consomment de nos jours six fois plus de papier que ce n\u2019\u00e9tait le cas en 1960. L\u2019emploi des ordinateurs a permis d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e9conomique, et bien que certains secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 en aient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, cette croissance a eu pour cons\u00e9quence plus de consommation, de catastrophes \u00e9cologiques et d\u2019in\u00e9galit\u00e9s sociales.<\/p>\n<h4>Mais ne voulons-nous pas voir certains secteurs de l\u2019\u00e9conomie prendre de l\u2019expansion, comme les \u00e9nergies renouvelables et les \u00e9conomies en d\u00e9veloppement?<\/h4>\n<p>Oui. Mais nos buts \u00e9tant de parvenir \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique et d\u2019instaurer la justice sociale, il nous faudra respecter les limites que la nature assigne \u00e0 la consommation des mati\u00e8res premi\u00e8res et de l\u2019\u00e9nergie. Une transition sociale peut se produire sans qu\u2019on ait \u00e0 faire cro\u00eetre tout le syst\u00e8me, mais m\u00eame les panneaux solaires et les \u00e9oliennes n\u00e9cessitent des mat\u00e9riaux et de l\u2019\u00e9nergie, des terres rares, du cuivre, de l\u2019acier, du silicium, et ainsi de suite. L\u2019extraction du cuivre et du silicium ne se r\u00e9alise pas avec du silicium ou de l\u2019\u00e9nergie solaire, mais plut\u00f4t \u00e0 l\u2019aide des hydrocarbures.<\/p>\n<p>Il nous faut prendre conscience de l\u2019ampleur des transitions que nous devons envisager. Actuellement, les 15% les plus riches des habitants de la terre consomment environ 85% des ressources. Pendant ce temps, notre population s\u2019accro\u00eet et les pays s\u2019attendent \u00e0 voir le PIB de leurs \u00e9conomies s\u2019appr\u00e9cier de 3 \u00e0 4% par ann\u00e9e. Avec ces taux de croissance, on peut envisager un sc\u00e9nario selon lequel la plan\u00e8te compterait en 2050 neuf milliards d\u2019habitants, o\u00f9 r\u00e9gnerait la justice sociale et o\u00f9 les niveaux de vie seraient meilleurs, gr\u00e2ce aux \u00e9nergies renouvelables.<\/p>\n<h4>Mais alors, il faudrait environ trente fois plus de ressources qu\u2019on en consomme de nos jours. Nous serions alors bien inspir\u00e9s de nous demander: cela est-il possible?<\/h4>\n<p>En outre, les syst\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques (les \u00e9oliennes, les g\u00e9n\u00e9rateurs photovolta\u00efques, les barrages) poss\u00e8dent une dur\u00e9e de vie d\u00e9termin\u00e9e, de sorte que m\u00eame si on installait une capacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique suffisante \u00e0 base d\u2019\u00e9nergies renouvelables pour satisfaire la demande de neuf milliards de terriens, il faudrait reconstruire cette infrastructure encore et encore, \u00e9ternellement, afin d\u2019assurer la \u00ab\u00a0durabilit\u00e9\u00a0\u00bb du syst\u00e8me. Dans la nature, d\u00e9sirer n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 pouvoir. La capacit\u00e9 de la Terre doit nous servir de point de d\u00e9part, et c\u2019est \u00e0 partir de cette capacit\u00e9 que nous devons fa\u00e7onner notre transition culturelle.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, la conservation doit \u00eatre la politique ma\u00eetresse de tout plan \u00e9nerg\u00e9tique respectueux de l\u2019environnement, puisque c\u2019est la seule solution qui ne n\u00e9cessite pas de croissance mat\u00e9rielle. Les mesures de conservation doivent d\u2019abord \u00eatre mises en pratique dans les pays riches. Si les consommateurs riches coupaient de moiti\u00e9 leur consommation d\u2019\u00e9nergie (chose possible puisque les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es gaspillent tellement d\u2019\u00e9nergie), alors le reste du monde pourrait doubler sa consommation d\u2019\u00e9nergie, et on pourrait encore r\u00e9duire l\u2019utilisation totale de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Mais si on tente de fournir l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire au fonctionnement d\u2019une culture de consommation de 9 milliards d\u2019habitants, ax\u00e9e sur les combustibles fossiles et port\u00e9e sur le gaspillage, on se heurte \u00e0 certaines lois d\u00e9rangeantes de la physique, de la thermodynamique et de l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<h4>Mais ne pourrait-on pas devenir plus efficace gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019innovation?<\/h4>\n<p>Oui, mais encore faudra-t-il que nous remettions en question certains de nos postulats. Historiquement, l\u2019esp\u00e8ce humaine a accru l\u2019efficacit\u00e9 industrielle de millions de fa\u00e7ons sans pour autant r\u00e9duire la consommation. Lorsque la soci\u00e9t\u00e9 parvient \u00e0 se servir d\u2019une ressource d\u2019une mani\u00e8re plus efficace, son prix diminue, de sorte qu\u2019on a tendance \u00e0 s\u2019en servir davantage, pas moins. En \u00e9conomique, ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019appelle l\u2019effet rebond; il a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 par Williams Jevons, dont les travaux ont port\u00e9 sur l\u2019\u00e8re du charbon. Certes, l\u2019efficacit\u00e9 pourrait en th\u00e9orie servir \u00e0 r\u00e9duire la consommation, mais en cette mati\u00e8re la feuille de route de l\u2019humanit\u00e9 laisse beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer. Tout au long de l\u2019Histoire, les gains en efficacit\u00e9 ont permis d\u2019accro\u00eetre les profits ou de r\u00e9duire les co\u00fbts pour les consommateurs, mais sans que des \u00e9conomies de ressources soient r\u00e9alis\u00e9es. On peut en principe modifier cet \u00e9tat de choses, mais il ne faudrait pas \u00eatre na\u00eff.<\/p>\n<h4>Mais la croissance r\u00e9sulte d\u2019une tendance biologique naturelle dict\u00e9e par l\u2019\u00e9volution.<\/h4>\n<p>Oui, la croissance n\u2019est pas en elle-m\u00eame mauvaise. Toutefois, la croissance n\u2019est pas en elle-m\u00eame \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb, elle peut s\u2019av\u00e9rer destructrice m\u00eame dans la nature. Quand des cellules se mettent \u00e0 cro\u00eetre d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9brid\u00e9e, c\u2019est que le cancer est pr\u00e9sent; si l\u2019organisme n\u2019arr\u00eate pas de se d\u00e9velopper, c\u2019est qu\u2019il est ob\u00e8se. Les esp\u00e8ces qui ont du succ\u00e8s se d\u00e9veloppent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles d\u00e9passent la capacit\u00e9 limite de leurs milieux. La croissance peut devenir un fardeau.<\/p>\n<p>Tout au long de l\u2019Histoire, certaines soci\u00e9t\u00e9s dominantes se sont d\u00e9velopp\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles \u00e9puisent les ressources de leurs habitats. Quelques-unes ont su simplifier leur fonctionnement, r\u00e9duire leur croissance et se maintenir durablement. Les tenants actuels de la d\u00e9croissance ne sont ni contre la diversit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s ni contre l\u2019innovation. Le mouvement pour la d\u00e9croissance cherche simplement \u00e0 souligner le lien historique qui existe entre la croissance \u00e9conomique et la destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes, afin que la soci\u00e9t\u00e9 soit sur ses gardes. Prendre ses d\u00e9sirs pour la r\u00e9alit\u00e9 ne modifiera aucunement ce lien historique.<\/p>\n<h4>Diversit\u00e9 et complexit\u00e9 croissent sans rel\u00e2che. La nature impose-t-elle vraiment une limite \u00e0 la croissance?<\/h4>\n<p>Le mot \u00ab\u00a0croissance\u00a0\u00bb comporte des significations diverses selon les contextes. Certaines choses immat\u00e9rielles, abstraites (la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces, l\u2019innovation, ou les id\u00e9es exprim\u00e9es par l\u2019esp\u00e8ce humaine) peuvent \u00ab\u00a0prendre de l\u2019expansion\u00a0\u00bb, mais il s\u2019agit d\u2019une croissance qui diff\u00e8re compl\u00e8tement de celle des objets techniques concrets, que sont par exemple les populations, les t\u00e9l\u00e9phones cellulaires ou les centrales \u00e9lectriques.<\/p>\n<p>M\u00eame les qualit\u00e9s immat\u00e9rielles ou les sentiments abstraits, tels que la beaut\u00e9 ou l\u2019amour, reposent sur des fondements qui comportent des limites. Si la nature peut engendrer cinq ou cinquante esp\u00e8ces de pinsons, elle n\u2019en impose pas moins des limites quant \u00e0 la biomasse totale constitu\u00e9e par les pinsons, les for\u00eats, les \u00eatres humains, ou quant \u00e0 la quantit\u00e9 d\u2019objets techniques produits par le genre humain. Lorsque les for\u00eats atteignent une limite appel\u00e9e \u00ab\u00a0maturit\u00e9\u00a0\u00bb, elles parviennent \u00e0 une situation d\u2019hom\u00e9ostasie dynamique, caract\u00e9ris\u00e9e par une biomasse approximativement stable et une diversit\u00e9 changeante.<\/p>\n<p>L\u2019humanit\u00e9 est capable d\u2019engendrer une quantit\u00e9 pratiquement illimit\u00e9e de styles musicaux, mais seulement un nombre restreint de violoncelles en \u00e9rable munis de touches d\u2019acajou. La pr\u00e9sence d\u2019une cha\u00eene d\u2019approvisionnement biophysique rend possible l\u2019innovation sociale \u00ab\u00a0immat\u00e9rielle\u00a0\u00bb. Songer \u00e0 de nouvelles innovations exige une consommation d\u2019objets mat\u00e9riels presque nulle, mais leur mise en pratique demande de l\u2019\u00e9nergie et des mat\u00e9riaux.<\/p>\n<p>L\u2019infrastructure du savoir (l\u2019\u00e9ducation, les livres, Internet, les conf\u00e9rences), dont la fonction est d\u2019alimenter le monde des id\u00e9es, suppose n\u00e9cessairement une consommation mat\u00e9rielle et une production de d\u00e9chets. C\u2019est pourquoi les cultures qui ont domin\u00e9 les autres par l\u2019importance de leurs innovations techniques sont aussi celles qui ont domin\u00e9 au chapitre de la consommation des ressources. L\u2019internaute a volontiers l\u2019impression qu\u2019il a \u00ab\u00a0gratuitement\u00a0\u00bb acc\u00e8s \u00e0 de l\u2019information, mais en fait le fonctionnement d\u2019Internet n\u00e9cessite une \u00e9norme quantit\u00e9 de mat\u00e9riaux, d\u2019\u00e9nergie et de puits de d\u00e9chets. L\u2019accumulation des diff\u00e9rences (la diversit\u00e9) n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 l\u2019accumulation des objets. Nous devrons critiquer avec pr\u00e9cision les th\u00e8ses erron\u00e9es voulant que la croissance \u00e9conomique soit possible sans augmentation de la consommation et sans production suppl\u00e9mentaire de d\u00e9chets.<\/p>\n<h4>Mais la biosph\u00e8re accro\u00eet sa consommation d\u2019\u00e9nergie, de mat\u00e9riaux et sa production de d\u00e9chets depuis des milliards d\u2019ann\u00e9es, et elle ne donne aucun signe de vouloir s\u2019arr\u00eater.<\/h4>\n<p>Cette affirmation doit \u00eatre nuanc\u00e9e pour les deux raisons suivantes: les rythmes de croissance actuels sont infiniment plus rapides que jadis, et les \u00e9cosyst\u00e8mes ont toujours subi de nombreux effondrements naturels.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, les taux de croissance observ\u00e9s dans la nature demeurent minuscules par rapport \u00e0 ceux des \u00e9conomies humaines. Les nations souveraines cherchent commun\u00e9ment \u00e0 faire cro\u00eetre leurs \u00e9conomies nationales de 3 \u00e0 4 pour cent par ann\u00e9e. Depuis environ 1750, ce rythme de croissance a pour r\u00e9sultat le doublement de la consommation humaine tous les vingt ans. Il en est tout autrement dans la nature, car depuis 500 millions d\u2019ann\u00e9es, la biomasse terrestre a doubl\u00e9 \u00e0 chaque 50 millions d\u2019ann\u00e9es, soit une cadence 2 millions de fois inf\u00e9rieure \u00e0 la croissance de l\u2019\u00e9conomie ou de la consommation. Dans la nature, la croissance est tr\u00e8s lente. Or ce rythme d\u2019expansion n\u2019a absolument rien \u00e0 voir avec les taux de croissance que les banquiers et les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques cherchent \u00e0 atteindre.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, les effondrements ont \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quents tout au long de la pr\u00e9histoire, ce dont t\u00e9moignent les fossiles qu\u2019on a d\u00e9couverts, de m\u00eame que durant l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. En fait, la biodiversit\u00e9 n\u2019a pas atteint sa capacit\u00e9 limite seulement lors des \u00ab\u00a0cinq grandes extinctions\u00a0\u00bb, mais aussi lors de milliers d\u2019extinctions d\u2019importance secondaire. Il y a environ 600 millions d\u2019ann\u00e9es, la pr\u00e9sence d\u2019oxyg\u00e8ne libre a permis aux cellules d\u2019extraire plus d\u2019\u00e9nergie \u00e0 partir de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, ce qui a donn\u00e9 libre cours \u00e0 une extraordinaire augmentation de la diversit\u00e9. Cependant, cette croissance s\u2019est heurt\u00e9e plusieurs fois aux limites impos\u00e9es par les habitats entre 550 et 200 millions d\u2019ann\u00e9es, au fur et \u00e0 mesure que les populations d\u2019esp\u00e8ces s\u2019effondraient, se r\u00e9tablissaient et s\u2019effondraient \u00e0 nouveau. Dans la nature, il est ind\u00e9niable que la croissance s\u2019interrompt, puis repart. C\u2019est pendant l\u2019\u00e8re cambrienne que la vitesse de croissance de la diversit\u00e9 a atteint son sommet, il y a 550 \u00e0 500 millions d\u2019ann\u00e9es, et elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9gal\u00e9e depuis. La diversit\u00e9 n\u2019a rien d\u2019une progression \u00e0 sens unique; elle s\u2019accro\u00eet, conna\u00eet des rat\u00e9s, s\u2019effondre puis se r\u00e9tablit selon la capacit\u00e9 du milieu et ses caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p>De nos jours, l\u2019\u00e9talement des populations humaines fait reculer la biodiversit\u00e9 de la plan\u00e8te. L\u2019homme occupe et malm\u00e8ne les habitats, il prend la place des esp\u00e8ces qui s\u2019y trouvent et les fait dispara\u00eetre. Si la croissance naturelle \u00e9tait sans bornes, alors ces esp\u00e8ces pourraient survivre \u00e0 l\u2019expansion de l\u2019humanit\u00e9, mais cette croissance envahit et \u00e9puise les \u00e9cosyst\u00e8mes, r\u00e9v\u00e9lant par le fait m\u00eame les limites de la nature.<\/p>\n<p>De m\u00eame, nous assistons simultan\u00e9ment \u00e0 un accroissement de la diversit\u00e9 culturelle et \u00e0 une perte d\u2019identit\u00e9 culturelle. La croissance industrielle eut pour effet d\u2019affaiblir \u00e0 la fois la diversit\u00e9 culturelle et la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces. L\u2019anthropologue et historien Joseph Tainter a montr\u00e9 que lorsque les soci\u00e9t\u00e9s prennent de l\u2019expansion, elles font in\u00e9vitablement face \u00e0 des difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la capacit\u00e9 de leurs habitats. Cherchant \u00e0 r\u00e9soudre ces difficult\u00e9s, elles mettent au point de nouvelles technologies, mais ces solutions ont tendance \u00e0 faire appara\u00eetre d\u2019autres probl\u00e8mes (l\u2019irrigation entra\u00eene la salinisation, l\u2019\u00e9nergie atomique provoque des cas de leuc\u00e9mie, etc.). Comme Tainter l\u2019explique dans son ouvrage intitul\u00e9 L&rsquo;effondrement des soci\u00e9t\u00e9s complexes, les soci\u00e9t\u00e9s ayant atteint un niveau \u00e9lev\u00e9 de complexit\u00e9 finissent par devoir faire face aux \u00ab\u00a0rendements d\u00e9croissants\u00a0\u00bb de leurs innovations. Quelques soci\u00e9t\u00e9s triomphent de ce dilemme en simplifiant leurs syst\u00e8mes, mais la plupart exploitent leurs habitats \u00e0 l\u2019exc\u00e8s et s\u2019effondrent. Pour les soci\u00e9t\u00e9s qui exploitent \u00e0 outrance leurs habitats, la croissance ne repr\u00e9sente pas une solution. Bien au contraire, les solutions au probl\u00e8me de la surexploitation des milieux de vie r\u00e9sident dans la r\u00e9duction de la consommation, la simplification et un retour aux lois fondamentales de l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<p>La complexit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s humaines s\u2019est accentu\u00e9e depuis les cent mille derni\u00e8res ann\u00e9es, elle a \u00e9t\u00e9 ponctu\u00e9e par des effondrements et des reculs \u00e9cosyst\u00e9miques. Il est certain que le succ\u00e8s des soci\u00e9t\u00e9s comporte des co\u00fbts environnementaux et sociaux. L\u2019\u00e9conomiste Kenneth Boulding appelle ces pertes \u00e9cologiques et culturelles les \u00ab\u00a0co\u00fbts m\u00e9taboliques\u00a0\u00bb de la croissance. Donella Meadows et d\u2019autres ont pour leur part simplement soulign\u00e9 la pr\u00e9sence de \u00ab\u00a0limites \u00e0 la croissance\u00a0\u00bb. Puisque l\u2019empreinte \u00e9cologique de l\u2019esp\u00e8ce humaine menace d\u00e9sormais l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique mondial, on ne sait pas si la croissance de la complexit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s humaines va se poursuivre.<\/p>\n<p>Les tenants de la d\u00e9croissance sugg\u00e8rent que la strat\u00e9gie optimale pour assurer une diversit\u00e9 maximale des soci\u00e9t\u00e9s consiste \u00e0 stabiliser notre consommation et notre expansion d\u00e9mographique. L\u2019hom\u00e9ostasie dynamique, c\u2019est-\u00e0-dire le moyen que poss\u00e8de la nature pour assurer v\u00e9ritablement sa durabilit\u00e9, formule des exigences quant \u00e0 la croissance des choses, et la simplicit\u00e9 s\u2019av\u00e8re aussi importante que la complexit\u00e9. La notion de d\u00e9croissance n\u2019a pas pour but de d\u00e9truire la soci\u00e9t\u00e9 humaine, mais bien de la pr\u00e9server.<\/p>\n<h4>Si nos \u00e9conomies ax\u00e9es sur la croissance recyclent comme le fait la nature, ne sont-elles pas alors plus durables?<\/h4>\n<p>Oui, bien s\u00fbr, mais nous devons cependant comprendre ce qu\u2019il en co\u00fbte \u00e0 la nature pour recycler, et quelles sont ses limites. En ce qui a trait \u00e0 la production \u00e9conomique, on devrait essayer de s\u2019approcher le plus possible d\u2019un taux de recyclage de 100 pour cent, bien qu\u2019en lui-m\u00eame le recyclage exige de l\u2019\u00e9nergie et des mat\u00e9riaux. Dans la nature, le recyclage n\u2019est pas qu\u2019une solution, c\u2019est un co\u00fbt inh\u00e9rent \u00e0 la vie. Les lois de la transformation de l\u2019\u00e9nergie nous enseignent que recycler \u00e0 100 pour cent est impossible, m\u00eame dans la nature, parce que le recyclage exige une consommation d\u2019\u00e9nergie et de mat\u00e9riaux.<\/p>\n<h4>S\u2019attaquer \u00e0 la croissance est contre-productif parce que les gens ont soif d\u2019espoir et s\u2019attendent \u00e0 ce que la croissance soit au rendez-vous.<\/h4>\n<p>\u00c0 l\u2019automne, quand les feuilles tombent et que l\u2019air devient froid, ce n\u2019est pas faire preuve de \u00ab\u00a0pessimisme\u00a0\u00bb de souligner que l\u2019hiver s\u2019en vient. Un espoir d\u00e9lirant n\u2019est d\u2019aucune utilit\u00e9.<\/p>\n<p>Le mouvement pour la d\u00e9croissance n\u2019\u00a0\u00bbattaque\u00a0\u00bb pas la croissance, celle-ci occupant une place l\u00e9gitime au sein de la nature. Le mouvement pour la d\u00e9croissance cherche simplement \u00e0 exposer le faux-semblant qui consiste \u00e0 vanter les avantages de la croissance \u00e9conomique tout en passant sous silence les co\u00fbts qui y sont li\u00e9s. Typiquement, les pays riches \u00e9vitent les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la croissance en les refilant aux pays pauvres, et en chargeant la nature de s\u2019occuper du probl\u00e8me: ils exportent leurs ordures m\u00e9nag\u00e8res dans des pays en d\u00e9veloppement, immergent leurs d\u00e9chets en mer, exploitent les ouvriers pour garder les co\u00fbts de fabrication tr\u00e8s bas, et massacrent les paysages pour se procurer des ressources mini\u00e8res. \u00c0 titre d\u2019exemple, les \u00e9missions chinoises de CO2 sont dans une large mesure des \u00e9missions dont les pays d\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis sont responsables, parce que ces pays consomment les produits engendr\u00e9s par cette pollution.<\/p>\n<p>Bien entendu, les gens r\u00e9sistent instinctivement \u00e0 l\u2019id\u00e9e que leur consommation puisse avoir des limites. Le cours naturel de l\u2019\u00e9volution a progressivement forg\u00e9 ces instincts qui nous poussent \u00e0 consommer toujours plus, mais ces m\u00eames instincts ne vont pas faire dispara\u00eetre les limites \u00e0 croissance. M\u00eame lorsque la nature n\u2019est pas soumise \u00e0 l\u2019intervention humaine, les instincts deviennent parfois contre-productifs. L\u2019agression, par exemple, existe parce qu\u2019elle poss\u00e8de une valeur de survie, mais dans certains contextes l\u2019agression devient destructrice. Les instincts deviennent parfois nuisibles lorsque le contexte se transforme. Lorsqu\u2019une esp\u00e8ce a atteint les limites de son habitat, les instincts qui la poussent \u00e0 accro\u00eetre son territoire et \u00e0 se multiplier deviennent un handicap.<\/p>\n<h4>Mais les pays pauvres n\u2019an\u00e9antissent-ils pas leurs \u00e9cosyst\u00e8mes autant que les pays riches?<\/h4>\n<p>Oui, mais habituellement ces pays sont pill\u00e9s et exploit\u00e9s par les pays riches. Toute population suffisamment nombreuse, peu importe l\u2019endroit o\u00f9 elle se trouve sur la plan\u00e8te, est capable d\u2019\u00e9puiser son milieu de vie, mais l\u2019expansion industrielle des pays riches demeure la principale cause de la destruction environnementale \u00e0 l\u2019\u00e9chelon mondial. Plusieurs cultures durables se sont maintenues pendant des milliers d\u2019ann\u00e9es, et elles auraient pu se maintenir pendant plusieurs autres mill\u00e9naires, si quelques pays industrialis\u00e9s ne les avaient pas colonis\u00e9es. Ces puissances \u00e9trang\u00e8res ont pill\u00e9 les ressources des autochtones, elles ont pris des esclaves parmi eux, elles leur ont fait la guerre, elles se sont livr\u00e9es \u00e0 des g\u00e9nocides, et cetera. En cette \u00e8re industrielle o\u00f9 nous vivons, les nations fortun\u00e9es \u00e9vacuent certains de leurs probl\u00e8mes en les exportant dans les pays pauvres: on y pratique de plus en plus l\u2019extraction destructrice des ressources naturelles, l\u2019enfouissement des d\u00e9chets, les co\u00fbts sociaux \u00e9tant impos\u00e9s aux pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique n\u2019est pas pauvre et ses \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e9puis\u00e9s parce que les Africains consomment trop d\u2019objets, elle est pauvre et ses \u00e9cosyst\u00e8mes en piteux \u00e9tat parce que l\u2019Europe et l\u2019Am\u00e9rique du Nord l\u2019ont pill\u00e9e afin d\u2019alimenter leur croissance \u00e9conomique. La Chine, le Japon et d\u2019autres pays industrialis\u00e9s participent maintenant \u00e0 ce d\u00e9pouillement des pays pauvres et du patrimoine international. La nature impose des limites \u00e0 la croissance d\u00e9mographique, mais en ce qui concerne l\u2019humanit\u00e9, les principales causes de la destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes demeurent le degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de consommation des pays riches et l\u2019expansion \u00e9conomique.<\/p>\n<h4>Plut\u00f4t que de nous lancer dans la d\u00e9croissance, n\u2019est-il pas pr\u00e9f\u00e9rable de nous limiter \u00e0 pr\u00e9server nos \u00e9cosyst\u00e8mes?<\/h4>\n<p>Si nos planificateurs politiques, \u00e9conomiques et sociaux comprenaient vraiment les \u00e9cosyst\u00e8mes, nous pourrions peut-\u00eatre \u00e9viter plusieurs des difficult\u00e9s avec lesquelles nous devons nous d\u00e9battre.<\/p>\n<p>Il faut comprendre que la d\u00e9croissance n\u2019est pas qu\u2019un cri de ralliement ou une id\u00e9e insignifiante. La d\u00e9croissance est un concept naturel que notre soci\u00e9t\u00e9 doit saisir, peu importe si on l\u2019appelle d\u00e9croissance, limites \u00e0 la croissance, co\u00fbts de la complexit\u00e9, exploitation excessive du milieu, capacit\u00e9 limite, co\u00fbts m\u00e9taboliques, rendements d\u00e9croissants de l\u2019innovation, limites entropiques, \u00ab\u00a0Heureux les doux, car ils poss\u00e9deront la terre\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Consommer moins pour mieux vivre\u00a0\u00bb, comme le disait Arne Naess.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, pour la soci\u00e9t\u00e9, n\u2019est pas que ces id\u00e9es soient trop compliqu\u00e9es ou erron\u00e9es, c\u2019est qu\u2019elles d\u00e9rangent les riches et les puissants. Chacun esp\u00e8re davantage. Les millionnaires veulent devenir milliardaires. Plus une poign\u00e9e de particuliers accapare et th\u00e9saurise, moins il en reste pour les autres. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, au fur et \u00e0 mesure que nous apprendrons \u00e0 partager et \u00e0 vivre modestement, nos \u00e9cosyst\u00e8mes sauront se r\u00e9tablir et nous donner les tr\u00e9sors que la nature peut nous offrir. La meilleure strat\u00e9gie que les pays pauvres puissent adopter pour ne pas s\u2019enfoncer davantage dans l\u2019orni\u00e8re de la pauvret\u00e9 consiste \u00e0 mettre leurs \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e0 l\u2019abri du pillage.<\/p>\n<p>Le mouvement pour la d\u00e9croissance pr\u00e9conise de mener une existence plus enrichissante en consommant moins d\u2019objets mat\u00e9riels. Nous devrions faire porter notre effort \u00e9conomique sur la satisfaction des besoins essentiels de tous les membres de la famille humaine, au lieu d\u2019en enrichir quelques-uns, pendant que les autres crient famine. Une fois satisfaits les besoins essentiels \u00e0 l\u2019existence, consommer plus d\u2019objets mat\u00e9riels ne rend pas plus heureux. Ce qui rend heureux, ce sont les r\u00e9seaux d\u2019amiti\u00e9, la famille, le voisinage, la cr\u00e9ativit\u00e9, les loisirs, l\u2019amour, la camaraderie et les moments pass\u00e9s dans la nature. Tout cela peut prendre de l\u2019ampleur sans qu\u2019on ait \u00e0 consommer beaucoup d\u2019objets mat\u00e9riels. Nous devrions accorder plus de place \u00e0 ces aspects de nos vies.<\/p>\n<p>Ce dialogue public sur les limites \u00e0 la croissance pourrait \u00eatre le plus important du si\u00e8cle en cours. Et nous ferions mieux de faire les choses comme il faut, parce que des chances pareilles, l\u2019humanit\u00e9 n\u2019en aura peut-\u00eatre plus beaucoup.<\/p>\n<p><em>Rex Weyler a \u00e9t\u00e9 le Directeur de la Fondation Greenpeace, le premier r\u00e9dacteur-en-chef du bulletin de Greenpeace et le co-fondateur de Greenpeace International en 1979. <\/em><\/p>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow: hidden;\"><!--[if gte mso 9]><xml> <w_WordDocument> <w_View>Normal<\/w_View> <w_Zoom>0<\/w_Zoom> <w_HyphenationZone>21<\/w_HyphenationZone> <w_PunctuationKerning \/> <w_ValidateAgainstSchemas \/> <w_SaveIfXMLInvalid>false<\/w_SaveIfXMLInvalid> <w_IgnoreMixedContent>false<\/w_IgnoreMixedContent> <w_AlwaysShowPlaceholderText>false<\/w_AlwaysShowPlaceholderText> <w_Compatibility> <w_BreakWrappedTables \/> <w_SnapToGridInCell \/> <w_WrapTextWithPunct \/> <w_UseAsianBreakRules \/> <w_DontGrowAutofit \/> <\/w_Compatibility> <w_BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w_BrowserLevel> <\/w_WordDocument> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <w_LatentStyles DefLockedState=\"false\" LatentStyleCount=\"156\"> <\/w_LatentStyles> <\/xml><![endif]--><!--[if !mso]><span class=\"mceItemObject\"   classid=\"clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D\" id=ieooui><\/span> <mce_style><!  st1:*{behavior:url(#ieooui) } --> <!--[endif]--><!--[if gte mso 10]> <mce_style><!   \/* Style Definitions *\/  table.MsoNormalTable \t{mso-style-name:\"Tableau Normal\"; \tmso-tstyle-rowband-size:0; \tmso-tstyle-colband-size:0; \tmso-style-noshow:yes; \tmso-style-parent:\"\"; \tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; \tmso-para-margin:0cm; \tmso-para-margin-bottom:.0001pt; \tmso-pagination:widow-orphan; \tfont-size:10.0pt; \tfont-family:\"Times New Roman\"; \tmso-ansi-language:#0400; \tmso-fareast-language:#0400; \tmso-bidi-language:#0400;} --> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00ab\u00a0Le PIB, cette pr\u00e9tendue mesure de la croissance \u00e9conomique, ne permet pas de distinguer les co\u00fbts des avantages.\u00a0\u00bb Herman Daly, \u00e9conomiste \u00e0 la Banque mondiale, auteur de \u00ab\u00a0Steady State Economics\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Des \u00e9conomistes et des scientifiques se sont r\u00e9unis \u00e0 Paris en 2008 sous le th\u00e8me de la  D\u00e9croissance \u00e9conomique pour la soutenabilit\u00e9 \u00e9cologique et l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale. Le mouvement pour la d\u00e9croissance a pris de l\u2019expansion suivant cette r\u00e9volution de la pens\u00e9e \u00e9conomique fran\u00e7aise. Une conf\u00e9rence similaire a eu lieu \u00e0 Barcelone en 2010. Pour ma part, j\u2019aide depuis deux ans \u00e0 l\u2019organisation de la Conf\u00e9rence sur la d\u00e9croissance de Vancouver, au Canada. Des journalistes et des \u00e9conomistes traditionnels ont demand\u00e9 pourquoi il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir un mouvement qui pr\u00e9conise la d\u00e9croissance. Voici les r\u00e9ponses \u00e0 leurs questions.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Pourquoi concentrer ses efforts pour mettre fin \u00e0 la croissance? La croissance n\u2019est-elle pas naturelle?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Certes, la croissance est naturelle, mais m\u00eame dans la nature elle est astreinte \u00e0 certaines limites.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le mouvement pour la d\u00e9croissance cherche \u00e0 combattre l\u2019augmentation de la consommation par les soci\u00e9t\u00e9s humaines, ayant pour causes la croissance \u00e9conomique, l\u2019augmentation de la population et les cons\u00e9quences de l\u2019extraction des ressources (d\u00e9versements p\u00e9troliers, fleuves pollu\u00e9s et exc\u00e8s de carbone dans l\u2019atmosph\u00e8re). Le syst\u00e8me poss\u00e8de des m\u00e9canismes r\u00e9troactifs (d\u00e9gel du perg\u00e9lisol et \u00e9manations de m\u00e9thane) qui accentuent les cons\u00e9quences nuisibles de la croissance. Nous appellerons \u00ab\u00a0d\u00e9bit\u00a0\u00bb (en anglais throughput) l\u2019ensemble des biens et services consomm\u00e9s par les soci\u00e9t\u00e9s humaines \u00e0 un moment donn\u00e9, ainsi que les d\u00e9chets qui en r\u00e9sultent.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">On entend ces jours-ci parler de \u00ab\u00a0d\u00e9coupler\u00a0\u00bb la croissance \u00e9conomique de la production mat\u00e9rielle et \u00e9nerg\u00e9tique, un projet qui est en lui-m\u00eame souhaitable, mais il faut \u00eatre lucide, car la pratique nous offre tr\u00e8s peu d\u2019exemples concrets d\u2019un tel d\u00e9couplage. Historiquement la croissance \u00e9conomique s\u2019est traduite par une plus grande utilisation d\u2019\u00e9nergie et par un accroissement de la consommation des mati\u00e8res premi\u00e8res. D\u2019aucuns ont par exemple soutenu que l\u2019utilisation des ordinateurs permettrait d\u2019\u00a0\u00bb\u00e9conomiser le papier\u00a0\u00bb, mais cela ne s\u2019est jamais produit. Les soci\u00e9t\u00e9s humaines consomment de nos jours six fois plus de papier que ce n\u2019\u00e9tait le cas en 1960. L\u2019emploi des ordinateurs a permis d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e9conomique, et bien que certains secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 en aient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, cette croissance a eu pour cons\u00e9quence plus de consommation, de catastrophes \u00e9cologiques et d\u2019in\u00e9galit\u00e9s sociales.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Mais ne voulons-nous pas voir certains secteurs de l\u2019\u00e9conomie prendre de l\u2019expansion, comme les \u00e9nergies renouvelables et les \u00e9conomies en d\u00e9veloppement?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Oui. Mais nos buts \u00e9tant de parvenir \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique et d\u2019instaurer la justice sociale, il nous faudra respecter les limites que la nature assigne \u00e0 la consommation des mati\u00e8res premi\u00e8res et de l\u2019\u00e9nergie. Une transition sociale peut se produire sans qu\u2019on ait \u00e0 faire cro\u00eetre tout le syst\u00e8me, mais m\u00eame les panneaux solaires et les \u00e9oliennes n\u00e9cessitent des mat\u00e9riaux et de l\u2019\u00e9nergie, des terres rares, du cuivre, de l\u2019acier, du silicium, et ainsi de suite. L\u2019extraction du cuivre et du silicium ne se r\u00e9alise pas avec du silicium ou de l\u2019\u00e9nergie solaire, mais plut\u00f4t \u00e0 l\u2019aide des hydrocarbures.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Il nous faut prendre conscience de l\u2019ampleur des transitions que nous devons envisager. Actuellement, les 15 % les plus riches des habitants de la terre consomment environ 85 % des ressources. Pendant ce temps, notre population s\u2019accro\u00eet et les pays s\u2019attendent \u00e0 voir le PIB de leurs \u00e9conomies s\u2019appr\u00e9cier de 3 \u00e0 4 % par ann\u00e9e. Avec ces taux de croissance, on peut envisager un sc\u00e9nario selon lequel la plan\u00e8te compterait en 2050 neuf milliards d\u2019habitants, o\u00f9 r\u00e9gnerait la justice sociale et o\u00f9 les niveaux de vie seraient meilleurs, gr\u00e2ce aux \u00e9nergies renouvelables. Mais alors, il faudrait environ trente fois plus de ressources qu\u2019on en consomme de nos jours. Nous serions alors bien inspir\u00e9s de nous demander: cela est-il possible?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">En outre, les syst\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques (les \u00e9oliennes, les g\u00e9n\u00e9rateurs photovolta\u00efques, les barrages) poss\u00e8dent une dur\u00e9e de vie d\u00e9termin\u00e9e, de sorte que m\u00eame si on installait une capacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique suffisante \u00e0 base d\u2019\u00e9nergies renouvelables pour satisfaire la demande de neuf milliards de terriens, il faudrait reconstruire cette infrastructure encore et encore, \u00e9ternellement, afin d\u2019assurer la \u00ab\u00a0durabilit\u00e9\u00a0\u00bb du syst\u00e8me. Dans la nature, d\u00e9sirer n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 pouvoir. La capacit\u00e9 de la Terre doit nous servir de point de d\u00e9part, et c\u2019est \u00e0 partir de cette capacit\u00e9 que nous devons fa\u00e7onner notre transition culturelle.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Par cons\u00e9quent, la conservation doit \u00eatre la politique ma\u00eetresse de tout plan \u00e9nerg\u00e9tique respectueux de l\u2019environnement, puisque c\u2019est la seule solution qui ne n\u00e9cessite pas de croissance mat\u00e9rielle. Les mesures de conservation doivent d\u2019abord \u00eatre mises en pratique dans les pays riches. Si les consommateurs riches coupaient de moiti\u00e9 leur consommation d\u2019\u00e9nergie (chose possible puisque les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es gaspillent tellement d\u2019\u00e9nergie), alors le reste du monde pourrait doubler sa consommation d\u2019\u00e9nergie, et on pourrait encore r\u00e9duire l\u2019utilisation totale de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Mais si on tente de fournir l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire au fonctionnement d\u2019une culture de consommation de 9 milliards d\u2019habitants, ax\u00e9e sur les combustibles fossiles et port\u00e9e sur le gaspillage, on se heurte \u00e0 certaines lois d\u00e9rangeantes de la physique, de la thermodynamique et de l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Mais ne pourrait-on pas devenir plus efficace gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019innovation?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Oui, mais encore faudra-t-il que nous remettions en question certains de nos postulats. Historiquement, l\u2019esp\u00e8ce humaine a accru l\u2019efficacit\u00e9 industrielle de millions de fa\u00e7ons sans pour autant r\u00e9duire la consommation. Lorsque la soci\u00e9t\u00e9 parvient \u00e0 se servir d\u2019une ressource d\u2019une mani\u00e8re plus efficace, son prix diminue, de sorte qu\u2019on a tendance \u00e0 s\u2019en servir davantage, pas moins. En \u00e9conomique, ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019appelle l\u2019effet rebond; il a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 par Williams Jevons, dont les travaux ont port\u00e9 sur l\u2019\u00e8re du charbon. Certes, l\u2019efficacit\u00e9 pourrait en th\u00e9orie servir \u00e0 r\u00e9duire la consommation, mais en cette mati\u00e8re la feuille de route de l\u2019humanit\u00e9 laisse beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer. Tout au long de l\u2019Histoire, les gains en efficacit\u00e9 ont permis d\u2019accro\u00eetre les profits ou de r\u00e9duire les co\u00fbts pour les consommateurs, mais sans que des \u00e9conomies de ressources soient r\u00e9alis\u00e9es. On peut en principe modifier cet \u00e9tat de choses, mais il ne faudrait pas \u00eatre na\u00eff.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Mais la croissance r\u00e9sulte d\u2019une tendance biologique naturelle dict\u00e9e par l\u2019\u00e9volution.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Oui, la croissance n\u2019est pas en elle-m\u00eame mauvaise. Toutefois, la croissance n\u2019est pas en elle-m\u00eame \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb, elle peut s\u2019av\u00e9rer destructrice m\u00eame dans la nature. Quand des cellules se mettent \u00e0 cro\u00eetre d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9brid\u00e9e, c\u2019est que le cancer est pr\u00e9sent; si l\u2019organisme n\u2019arr\u00eate pas de se d\u00e9velopper, c\u2019est qu\u2019il est ob\u00e8se. Les esp\u00e8ces qui ont du succ\u00e8s se d\u00e9veloppent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles d\u00e9passent la capacit\u00e9 limite de leurs milieux. La croissance peut devenir un fardeau.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Tout au long de l\u2019Histoire, certaines soci\u00e9t\u00e9s dominantes se sont d\u00e9velopp\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles \u00e9puisent les ressources de leurs habitats. Quelques-unes ont su simplifier leur fonctionnement, r\u00e9duire leur croissance et se maintenir durablement. Les tenants actuels de la d\u00e9croissance ne sont ni contre la diversit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s ni contre l\u2019innovation. Le mouvement pour la d\u00e9croissance cherche simplement \u00e0 souligner le lien historique qui existe entre la croissance \u00e9conomique et la destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes, afin que la soci\u00e9t\u00e9 soit sur ses gardes. Prendre ses d\u00e9sirs pour la r\u00e9alit\u00e9 ne modifiera aucunement ce lien historique.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Diversit\u00e9 et complexit\u00e9 croissent sans rel\u00e2che. La nature impose-t-elle vraiment une limite \u00e0 la croissance?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le mot \u00ab\u00a0croissance\u00a0\u00bb comporte des significations diverses selon les contextes. Certaines choses immat\u00e9rielles, abstraites (la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces, l\u2019innovation, ou les id\u00e9es exprim\u00e9es par l\u2019esp\u00e8ce humaine) peuvent \u00ab\u00a0prendre de l\u2019expansion\u00a0\u00bb, mais il s\u2019agit d\u2019une croissance qui diff\u00e8re compl\u00e8tement de celle des objets techniques concrets, que sont par exemple les populations, les t\u00e9l\u00e9phones cellulaires ou les centrales \u00e9lectriques.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">M\u00eame les qualit\u00e9s immat\u00e9rielles ou les sentiments abstraits, tels que la beaut\u00e9 ou l\u2019amour, reposent sur des fondements qui comportent des limites. Si la nature peut engendrer cinq ou cinquante esp\u00e8ces de pinsons, elle n\u2019en impose pas moins des limites quant \u00e0 la biomasse totale constitu\u00e9e par les pinsons, les for\u00eats, les \u00eatres humains, ou quant \u00e0 la quantit\u00e9 d\u2019objets techniques produits par le genre humain. Lorsque les for\u00eats atteignent une limite appel\u00e9e \u00ab\u00a0maturit\u00e9\u00a0\u00bb, elles parviennent \u00e0 une situation d\u2019hom\u00e9ostasie dynamique, caract\u00e9ris\u00e9e par une biomasse approximativement stable et une diversit\u00e9 changeante.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">L\u2019humanit\u00e9 est capable d\u2019engendrer une quantit\u00e9 pratiquement illimit\u00e9e de styles musicaux, mais seulement un nombre restreint de violoncelles en \u00e9rable munis de touches d\u2019acajou. La pr\u00e9sence d\u2019une cha\u00eene d\u2019approvisionnement biophysique rend possible l\u2019innovation sociale \u00ab\u00a0immat\u00e9rielle\u00a0\u00bb. Songer \u00e0 de nouvelles innovations exige une consommation d\u2019objets mat\u00e9riels presque nulle, mais leur mise en pratique demande de l\u2019\u00e9nergie et des mat\u00e9riaux.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">L\u2019infrastructure du savoir (l\u2019\u00e9ducation, les livres, Internet, les conf\u00e9rences), dont la fonction est d\u2019alimenter le monde des id\u00e9es, suppose n\u00e9cessairement une consommation mat\u00e9rielle et une production de d\u00e9chets. C\u2019est pourquoi les cultures qui ont domin\u00e9 les autres par l\u2019importance de leurs innovations techniques sont aussi celles qui ont domin\u00e9 au chapitre de la consommation des ressources. L\u2019internaute a volontiers l\u2019impression qu\u2019il a \u00ab\u00a0gratuitement\u00a0\u00bb acc\u00e8s \u00e0 de l\u2019information, mais en fait le fonctionnement d\u2019Internet n\u00e9cessite une \u00e9norme quantit\u00e9 de mat\u00e9riaux, d\u2019\u00e9nergie et de puits de d\u00e9chets. L\u2019accumulation des diff\u00e9rences (la diversit\u00e9) n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 l\u2019accumulation des objets. Nous devrons critiquer avec pr\u00e9cision les th\u00e8ses erron\u00e9es voulant que la croissance \u00e9conomique soit possible sans augmentation de la consommation et sans production suppl\u00e9mentaire de d\u00e9chets.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Mais la biosph\u00e8re accro\u00eet sa consommation d\u2019\u00e9nergie, de mat\u00e9riaux et sa production de d\u00e9chets depuis des milliards d\u2019ann\u00e9es, et elle ne donne aucun signe de vouloir s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Cette affirmation doit \u00eatre nuanc\u00e9e pour les deux raisons suivantes: les rythmes de croissance actuels sont infiniment plus rapides que jadis, et les \u00e9cosyst\u00e8mes ont toujours subi de nombreux effondrements naturels.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Premi\u00e8rement, les taux de croissance observ\u00e9s dans la nature demeurent minuscules par rapport \u00e0 ceux des \u00e9conomies humaines. Les nations souveraines cherchent commun\u00e9ment \u00e0 faire cro\u00eetre leurs \u00e9conomies nationales de 3 \u00e0 4 pour cent par ann\u00e9e. Depuis environ 1750, ce rythme de croissance a pour r\u00e9sultat le doublement de la consommation humaine tous les vingt ans. Il en est tout autrement dans la nature, car depuis 500 millions d\u2019ann\u00e9es, la biomasse terrestre a doubl\u00e9 \u00e0 chaque 50 millions d\u2019ann\u00e9es, soit une cadence 2 millions de fois inf\u00e9rieure \u00e0 la croissance de l\u2019\u00e9conomie ou de la consommation. Dans la nature, la croissance est tr\u00e8s lente. Or ce rythme d\u2019expansion n\u2019a absolument rien \u00e0 voir avec les taux de croissance que les banquiers et les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques cherchent \u00e0 atteindre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Deuxi\u00e8mement, les effondrements ont \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quents tout au long de la pr\u00e9histoire, ce dont t\u00e9moignent les fossiles qu\u2019on a d\u00e9couverts, de m\u00eame que durant l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. En fait, la biodiversit\u00e9 n\u2019a pas atteint sa capacit\u00e9 limite seulement lors des \u00ab\u00a0cinq grandes extinctions\u00a0\u00bb, mais aussi lors de milliers d\u2019extinctions d\u2019importance secondaire. Il y a environ 600 millions d\u2019ann\u00e9es, la pr\u00e9sence d\u2019oxyg\u00e8ne libre a permis aux cellules d\u2019extraire plus d\u2019\u00e9nergie \u00e0 partir de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, ce qui a donn\u00e9 libre cours \u00e0 une extraordinaire augmentation de la diversit\u00e9. Cependant, cette croissance s\u2019est heurt\u00e9e plusieurs fois aux limites impos\u00e9es par les habitats entre 550 et 200 millions d\u2019ann\u00e9es, au fur et \u00e0 mesure que les populations d\u2019esp\u00e8ces s\u2019effondraient, se r\u00e9tablissaient et s\u2019effondraient \u00e0 nouveau. Dans la nature, il est ind\u00e9niable que la croissance s\u2019interrompt, puis repart. C\u2019est pendant l\u2019\u00e8re cambrienne que la vitesse de croissance de la diversit\u00e9 a atteint son sommet, il y a 550 \u00e0 500 millions d\u2019ann\u00e9es, et elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9gal\u00e9e depuis. La diversit\u00e9 n\u2019a rien d\u2019une progression \u00e0 sens unique; elle s\u2019accro\u00eet, conna\u00eet des rat\u00e9s, s\u2019effondre puis se r\u00e9tablit selon la capacit\u00e9 du milieu et ses caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">De nos jours, l\u2019\u00e9talement des populations humaines fait reculer la biodiversit\u00e9 de la plan\u00e8te. L\u2019homme occupe et malm\u00e8ne les habitats, il prend la place des esp\u00e8ces qui s\u2019y trouvent et les fait dispara\u00eetre. Si la croissance naturelle \u00e9tait sans bornes, alors ces esp\u00e8ces pourraient survivre \u00e0 l\u2019expansion de l\u2019humanit\u00e9, mais cette croissance envahit et \u00e9puise les \u00e9cosyst\u00e8mes, r\u00e9v\u00e9lant par le fait m\u00eame les limites de la nature.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">De m\u00eame, nous assistons simultan\u00e9ment \u00e0 un accroissement de la diversit\u00e9 culturelle et \u00e0 une perte d\u2019identit\u00e9 culturelle. La croissance industrielle eut pour effet d\u2019affaiblir \u00e0 la fois la diversit\u00e9 culturelle et la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces. L\u2019anthropologue et historien Joseph Tainter a montr\u00e9 que lorsque les soci\u00e9t\u00e9s prennent de l\u2019expansion, elles font in\u00e9vitablement face \u00e0 des difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la capacit\u00e9 de leurs habitats. Cherchant \u00e0 r\u00e9soudre ces difficult\u00e9s, elles mettent au point de nouvelles technologies, mais ces solutions ont tendance \u00e0 faire appara\u00eetre d\u2019autres probl\u00e8mes (l\u2019irrigation entra\u00eene la salinisation, l\u2019\u00e9nergie atomique provoque des cas de leuc\u00e9mie, etc.). Comme Tainter l\u2019explique dans son ouvrage intitul\u00e9 L&rsquo;effondrement des soci\u00e9t\u00e9s complexes, les soci\u00e9t\u00e9s ayant atteint un niveau \u00e9lev\u00e9 de complexit\u00e9 finissent par devoir faire face aux \u00ab\u00a0rendements d\u00e9croissants\u00a0\u00bb de leurs innovations. Quelques soci\u00e9t\u00e9s triomphent de ce dilemme en simplifiant leurs syst\u00e8mes, mais la plupart exploitent leurs habitats \u00e0 l\u2019exc\u00e8s et s\u2019effondrent. Pour les soci\u00e9t\u00e9s qui exploitent \u00e0 outrance leurs habitats, la croissance ne repr\u00e9sente pas une solution. Bien au contraire, les solutions au probl\u00e8me de la surexploitation des milieux de vie r\u00e9sident dans la r\u00e9duction de la consommation, la simplification et un retour aux lois fondamentales de l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">La complexit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s humaines s\u2019est accentu\u00e9e depuis les cent mille derni\u00e8res ann\u00e9es, elle a \u00e9t\u00e9 ponctu\u00e9e par des effondrements et des reculs \u00e9cosyst\u00e9miques. Il est certain que le succ\u00e8s des soci\u00e9t\u00e9s comporte des co\u00fbts environnementaux et sociaux. L\u2019\u00e9conomiste Kenneth Boulding appelle ces pertes \u00e9cologiques et culturelles les \u00ab\u00a0co\u00fbts m\u00e9taboliques\u00a0\u00bb de la croissance. Donella Meadows et d\u2019autres ont pour leur part simplement soulign\u00e9 la pr\u00e9sence de \u00ab\u00a0limites \u00e0 la croissance\u00a0\u00bb. Puisque l\u2019empreinte \u00e9cologique de l\u2019esp\u00e8ce humaine menace d\u00e9sormais l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique mondial, on ne sait pas si la croissance de la complexit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s humaines va se poursuivre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les tenants de la d\u00e9croissance sugg\u00e8rent que la strat\u00e9gie optimale pour assurer une diversit\u00e9 maximale des soci\u00e9t\u00e9s consiste \u00e0 stabiliser notre consommation et notre expansion d\u00e9mographique. L\u2019hom\u00e9ostasie dynamique, c\u2019est-\u00e0-dire le moyen que poss\u00e8de la nature pour assurer v\u00e9ritablement sa durabilit\u00e9, formule des exigences quant \u00e0 la croissance des choses, et la simplicit\u00e9 s\u2019av\u00e8re aussi importante que la complexit\u00e9. La notion de d\u00e9croissance n\u2019a pas pour but de d\u00e9truire la soci\u00e9t\u00e9 humaine, mais bien de la pr\u00e9server.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Si nos \u00e9conomies ax\u00e9es sur la croissance recyclent comme le fait la nature, ne sont-elles pas alors plus durables?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Oui, bien s\u00fbr, mais nous devons cependant comprendre ce qu\u2019il en co\u00fbte \u00e0 la nature pour recycler, et quelles sont ses limites. En ce qui a trait \u00e0 la production \u00e9conomique, on devrait essayer de s\u2019approcher le plus possible d\u2019un taux de recyclage de 100 pour cent, bien qu\u2019en lui-m\u00eame le recyclage exige de l\u2019\u00e9nergie et des mat\u00e9riaux. Dans la nature, le recyclage n\u2019est pas qu\u2019une solution, c\u2019est un co\u00fbt inh\u00e9rent \u00e0 la vie. Les lois de la transformation de l\u2019\u00e9nergie nous enseignent que recycler \u00e0 100 pour cent est impossible, m\u00eame dans la nature, parce que le recyclage exige une consommation d\u2019\u00e9nergie et de mat\u00e9riaux.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">S\u2019attaquer \u00e0 la croissance est contre-productif parce que les gens ont soif d\u2019espoir et s\u2019attendent \u00e0 ce que la croissance soit au rendez-vous.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00c0 l\u2019automne, quand les feuilles tombent et que l\u2019air devient froid, ce n\u2019est pas faire preuve de \u00ab\u00a0pessimisme\u00a0\u00bb de souligner que l\u2019hiver s\u2019en vient. Un espoir d\u00e9lirant n\u2019est d\u2019aucune utilit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le mouvement pour la d\u00e9croissance n\u2019\u00a0\u00bbattaque\u00a0\u00bb pas la croissance, celle-ci occupant une place l\u00e9gitime au sein de la nature. Le mouvement pour la d\u00e9croissance cherche simplement \u00e0 exposer le faux-semblant qui consiste \u00e0 vanter les avantages de la croissance \u00e9conomique tout en passant sous silence les co\u00fbts qui y sont li\u00e9s. Typiquement, les pays riches \u00e9vitent les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la croissance en les refilant aux pays pauvres, et en chargeant la nature de s\u2019occuper du probl\u00e8me: ils exportent leurs ordures m\u00e9nag\u00e8res dans des pays en d\u00e9veloppement, immergent leurs d\u00e9chets en mer, exploitent les ouvriers pour garder les co\u00fbts de fabrication tr\u00e8s bas, et massacrent les paysages pour se procurer des ressources mini\u00e8res. \u00c0 titre d\u2019exemple, les \u00e9missions chinoises de CO2 sont dans une large mesure des \u00e9missions dont les pays d\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis sont responsables, parce que ces pays consomment les produits engendr\u00e9s par cette pollution.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Bien entendu, les gens r\u00e9sistent instinctivement \u00e0 l\u2019id\u00e9e que leur consommation puisse avoir des limites. Le cours naturel de l\u2019\u00e9volution a progressivement forg\u00e9 ces instincts qui nous poussent \u00e0 consommer toujours plus, mais ces m\u00eames instincts ne vont pas faire dispara\u00eetre les limites \u00e0 croissance. M\u00eame lorsque la nature n\u2019est pas soumise \u00e0 l\u2019intervention humaine, les instincts deviennent parfois contre-productifs. L\u2019agression, par exemple, existe parce qu\u2019elle poss\u00e8de une valeur de survie, mais dans certains contextes l\u2019agression devient destructrice. Les instincts deviennent parfois nuisibles lorsque le contexte se transforme. Lorsqu\u2019une esp\u00e8ce a atteint les limites de son habitat, les instincts qui la poussent \u00e0 accro\u00eetre son territoire et \u00e0 se multiplier deviennent un handicap.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Mais les pays pauvres n\u2019an\u00e9antissent-ils pas leurs \u00e9cosyst\u00e8mes autant que les pays riches?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Oui, mais habituellement ces pays sont pill\u00e9s et exploit\u00e9s par les pays riches. Toute population suffisamment nombreuse, peu importe l\u2019endroit o\u00f9 elle se trouve sur la plan\u00e8te, est capable d\u2019\u00e9puiser son milieu de vie, mais l\u2019expansion industrielle des pays riches demeure la principale cause de la destruction environnementale \u00e0 l\u2019\u00e9chelon mondial. Plusieurs cultures durables se sont maintenues pendant des milliers d\u2019ann\u00e9es, et elles auraient pu se maintenir pendant plusieurs autres mill\u00e9naires, si quelques pays industrialis\u00e9s ne les avaient pas colonis\u00e9es. Ces puissances \u00e9trang\u00e8res ont pill\u00e9 les ressources des autochtones, elles ont pris des esclaves parmi eux, elles leur ont fait la guerre, elles se sont livr\u00e9es \u00e0 des g\u00e9nocides, et cetera. En cette \u00e8re industrielle o\u00f9 nous vivons, les nations fortun\u00e9es \u00e9vacuent certains de leurs probl\u00e8mes en les exportant dans les pays pauvres: on y pratique de plus en plus l\u2019extraction destructrice des ressources naturelles, l\u2019enfouissement des d\u00e9chets, les co\u00fbts sociaux \u00e9tant impos\u00e9s aux pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s. L\u2019Afrique n\u2019est pas pauvre et ses \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e9puis\u00e9s parce que les Africains consomment trop d\u2019objets, elle est pauvre et ses \u00e9cosyst\u00e8mes en piteux \u00e9tat parce que l\u2019Europe et l\u2019Am\u00e9rique du Nord l\u2019ont pill\u00e9e afin d\u2019alimenter leur croissance \u00e9conomique. La  Chine, le Japon et d\u2019autres pays industrialis\u00e9s participent maintenant \u00e0 ce d\u00e9pouillement des pays pauvres et du patrimoine international. La nature impose des limites \u00e0 la croissance d\u00e9mographique, mais en ce qui concerne l\u2019humanit\u00e9, les principales causes de la destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes demeurent le degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de consommation des pays riches et l\u2019expansion \u00e9conomique.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Plut\u00f4t que de nous lancer dans la d\u00e9croissance, n\u2019est-il pas pr\u00e9f\u00e9rable de nous limiter \u00e0 pr\u00e9server nos \u00e9cosyst\u00e8mes?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Si nos planificateurs politiques, \u00e9conomiques et sociaux comprenaient vraiment les \u00e9cosyst\u00e8mes, nous pourrions peut-\u00eatre \u00e9viter plusieurs des difficult\u00e9s avec lesquelles nous devons nous d\u00e9battre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Il faut comprendre que la d\u00e9croissance n\u2019est pas qu\u2019un cri de ralliement ou une id\u00e9e insignifiante. La d\u00e9croissance est un concept naturel que notre soci\u00e9t\u00e9 doit saisir, peu importe si on l\u2019appelle d\u00e9croissance, limites \u00e0 la croissance, co\u00fbts de la complexit\u00e9, exploitation excessive du milieu, capacit\u00e9 limite, co\u00fbts m\u00e9taboliques, rendements d\u00e9croissants de l\u2019innovation, limites entropiques, \u00ab\u00a0Heureux les doux, car ils poss\u00e9deront la terre\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Consommer moins pour mieux vivre\u00a0\u00bb, comme le disait Arne Naess.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le probl\u00e8me, pour la soci\u00e9t\u00e9, n\u2019est pas que ces id\u00e9es soient trop compliqu\u00e9es ou erron\u00e9es, c\u2019est qu\u2019elles d\u00e9rangent les riches et les puissants. Chacun esp\u00e8re davantage. Les millionnaires veulent devenir milliardaires. Plus une poign\u00e9e de particuliers accapare et th\u00e9saurise, moins il en reste pour les autres. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, au fur et \u00e0 mesure que nous apprendrons \u00e0 partager et \u00e0 vivre modestement, nos \u00e9cosyst\u00e8mes sauront se r\u00e9tablir et nous donner les tr\u00e9sors que la nature peut nous offrir. La meilleure strat\u00e9gie que les pays pauvres puissent adopter pour ne pas s\u2019enfoncer davantage dans l\u2019orni\u00e8re de la pauvret\u00e9 consiste \u00e0 mettre leurs \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e0 l\u2019abri du pillage.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le mouvement pour la d\u00e9croissance pr\u00e9conise de mener une existence plus enrichissante en consommant moins d\u2019objets mat\u00e9riels. Nous devrions faire porter notre effort \u00e9conomique sur la satisfaction des besoins essentiels de tous les membres de la famille humaine, au lieu d\u2019en enrichir quelques-uns, pendant que les autres crient famine. Une fois satisfaits les besoins essentiels \u00e0 l\u2019existence, consommer plus d\u2019objets mat\u00e9riels ne rend pas plus heureux. Ce qui rend heureux, ce sont les r\u00e9seaux d\u2019amiti\u00e9, la famille, le voisinage, la cr\u00e9ativit\u00e9, les loisirs, l\u2019amour, la camaraderie et les moments pass\u00e9s dans la nature. Tout cela peut prendre de l\u2019ampleur sans qu\u2019on ait \u00e0 consommer beaucoup d\u2019objets mat\u00e9riels. Nous devrions accorder plus de place \u00e0 ces aspects de nos vies.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Ce dialogue public sur les limites \u00e0 la croissance pourrait \u00eatre le plus important du si\u00e8cle en cours. Et nous ferions mieux de faire les choses comme il faut, parce que des chances pareilles, l\u2019humanit\u00e9 n\u2019en aura peut-\u00eatre plus beaucoup.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Le PIB, cette pr\u00e9tendue mesure de la croissance \u00e9conomique, ne permet pas de distinguer les co\u00fbts des avantages.&#8221; Herman Daly, \u00e9conomiste \u00e0 la Banque mondiale, auteur de &#8220;Steady State Economics&#8221;.Des&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":23,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"p4-page-type":[77],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-23817","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee","p4-page-type-story-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/23"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23817"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23817\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23817"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=23817"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=23817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}