{"id":26897,"date":"2017-08-04T00:00:00","date_gmt":"2017-08-03T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/master.greenpeace.ch\/magazin-article-fr\/26897\/max-liboiron\/"},"modified":"2019-05-31T08:26:38","modified_gmt":"2019-05-31T06:26:38","slug":"max-liboiron","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/article-de-magazine\/26897\/max-liboiron\/","title":{"rendered":"Max Liboiron"},"content":{"rendered":"<p><strong>La docteure Max Liboiron est \u00e0 la fois sp\u00e9cialiste et activiste f\u00e9ministe des sciences de l\u2019environnement. Professeure assistante \u00e0 l\u2019universit\u00e9 <em>Memorial<\/em> de Terre-Neuve (Canada), elle enseigne au d\u00e9partement de g\u00e9ographie et m\u00e8ne des recherches en <em>\u00ab\u00a0Discard Studies\u00a0\u00bb<\/em> (\u00e9tudes des d\u00e9chets). Elle est \u00e0 l\u2019origine du projet de science citoyenne <em>\u00ab\u00a0Civic Laboratory for Environmental Action Research\u00a0\u00bb<\/em> (CLEAR). Son blog traite des d\u00e9chets plastiques dans les oc\u00e9ans selon une perspective interdisciplinaire, \u00e0 la crois\u00e9e de la biologie, de la g\u00e9ographie et des sciences sociales. Elle \u00e9tudie \u00e9galement l\u2019impact de l\u2019activisme sur ce type d\u2019enjeux, car \u00ab\u00a0le plastique est un probl\u00e8me global.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Oui bien s\u00fbr, je participe moi-m\u00eame \u00e0 la capture de poissons\u00a0\u00bb, relate Max Liboiron. \u00ab\u00a0Mais je r\u00e9fl\u00e9chis aussi au cadre g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. Originaire de Terre-Neuve, cette sp\u00e9cialiste en sciences de l\u2019environnement travaille sur les cause et le contexte de la mar\u00e9e de plastique, avec d\u2019autres scientifiques, activistes et personnes int\u00e9ress\u00e9es. Un \u00e9l\u00e9ment important est la distinction entre <i style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">\u00ab\u00a0waste\u00a0<\/i>\u00bb et <i style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">\u00ab\u00a0discard\u00a0\u00bb\u00a0<\/i>: le premier terme d\u00e9signe plus particuli\u00e8rement les d\u00e9chets, tandis que le deuxi\u00e8me se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des mat\u00e9riaux ou composantes qui seraient encore utilisables mais qui sont rejet\u00e9s comme d\u00e9tritus. Max Liboiron entretient un blog intitul\u00e9 <a href=\"http:\/\/discardstudies.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><b>Discard Studies Blog<\/b><\/a><b> <\/b><span style=\"mso-bidi-font-weight: bold;\">qui est une plateforme interdisciplinaire pour tout ce qui concerne la pratique de jeter les choses. Le blog stimule l\u2019\u00e9change et l\u2019information entre scientifiques, activistes et autres int\u00e9ress\u00e9s. <\/span>Il s\u2019agit d\u2019une part du discours scientifique, avec ses d\u00e9finitions, th\u00e9ories et publications, et d\u2019autre part de la communication avec le grand public, sous la forme de livres de vulgarisation, de publications scientifiques ou d\u2019interventions artistiques.<\/p>\n<p>Les d\u00e9chets plastiques dans les oc\u00e9ans sont majoritairement des r\u00e9sidus d\u2019emballages, dont plus de 80% proviennent de la terre ferme. Les microplastiques (particules de moins de 5\u00a0mm) s\u2019introduisent dans la cha\u00eene alimentaire de la mer, pour revenir sur nos assiettes \u00e0 travers les poissons comestibles et d\u2019autres organismes marins. Combien de particules de plastique dans le cabillaud ou d\u2019autres poissons comestibles\u00a0? Ce probl\u00e8me se pose tr\u00e8s concr\u00e8tement pour la population de Terre-Neuve. La capture du cabillaud fait en effet partie de la culture r\u00e9gionale. C\u2019est aussi le point de d\u00e9part du projet CLEAR\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons voulu savoir dans quelle mesure le cabillaud est pollu\u00e9 par le plastique\u00a0\u00bb, explique Max Liboiron. Dans la province de Terre-Neuve, la tradition de la p\u00eache au cabillaud reste fortement pr\u00e9sente. Les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes <i style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">(Department of Fisheries and Oceans<\/i>) autorisent donc la capture de cinq poissons par personne et par jour durant les mois de juillet et ao\u00fbt. Cette \u00ab\u00a0p\u00eache alimentaire\u00a0\u00bb (\u00ab<i style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">\u00a0food fishery\u00a0\u00bb) <\/i>ne n\u00e9cessite pas licence. Mais la population de Terre-Neuve s\u2019inqui\u00e8te de la pr\u00e9sence \u00e9ventuelle de microplastiques dans son poisson embl\u00e9matique.<\/p>\n<p><b style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\">Pollution et colonialisme<br \/>\n<\/b>Aux yeux de Max Liboiron, la pollution environnementale est une variante du colonialisme, car elle implique une appropriation de terres et une assignation de fonctions et d\u2019usages\u00a0: par exemple l\u2019implantation d\u2019une d\u00e9charge, qui signifie qu\u2019une zone est d\u00e9clar\u00e9e et utilis\u00e9e comme telle. C\u2019est une d\u00e9marche typique des nations industrialis\u00e9es occidentales, qui s\u2019\u00e9tend \u00e9galement aux sciences, o\u00f9 la dimension \u00e9conomique et la valorisation jouent \u00e9galement un r\u00f4le. Sous cet angle, un projet de recherche qui consisterait simplement \u00e0 capturer et \u00e0 analyser le poisson, pour ensuite le jeter, rel\u00e8verait \u00e9galement d\u2019une approche colonialiste. Au contraire, une m\u00e9thode d\u00e9colonialis\u00e9e vise \u00e0 analyser les poissons qui se trouvent d\u00e9j\u00e0 dans la cha\u00eene alimentaire. \u00ab\u00a0Notre projet de science citoyenne recherche les microplastiques au sein du r\u00e9seau alimentaire des \u00eatres humains. Nous analysons donc les poissons captur\u00e9s pour \u00eatre mang\u00e9s. Ce sont les personnes qui participent au projet qui examinent l\u2019estomac et les boyaux du poisson p\u00each\u00e9 soit pour leur propre consommation, soit pour la vente. Les particules de microplastique sont visibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu, ou avec des lunettes de lecture. Nous informons et formons les personnes \u00e0 la dissection du poisson et l\u2019identification des particules de plastique. Elles sont ainsi en mesure de distinguer le plastique des r\u00e9sidus d\u2019aliments et du mucus.\u00a0\u00bb La distinction est importante, car les particules solides, par exemple les bouts de carapace de crevette ou d\u2019os, peuvent ressembler \u00e0 du plastique.<\/p>\n<div id=\"attachment_36958\" style=\"width: 2610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-36958\" class=\"wp-image-36958 size-full\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/05\/0cb844b5-0cb844b5-1608-plastics-pcsf013-1.jpg\" alt=\"\" width=\"2600\" height=\"2053\" \/><p id=\"caption-attachment-36958\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Bojan Furst<\/p><\/div>\n<p>\u00ab\u00a0Pour \u00eatre de bonne qualit\u00e9, les r\u00e9sultats scientifiques doivent \u00eatre comparables et reproductibles. Ceci est garanti \u00e0 travers nos formations et nos instructions. En outre nous avons compar\u00e9 les m\u00e9thodes de mani\u00e8re probante, et savons que la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats obtenus dans une cuisine ou un garage est tout aussi bonne que dans un laboratoire. Les proc\u00e9d\u00e9s simples que nous proposons g\u00e9n\u00e8rent les m\u00eames donn\u00e9es que les instruments de laboratoire professionnels, beaucoup plus chers. L\u2019\u00e9quipement est tr\u00e8s simple et financi\u00e8rement abordable, contrairement au spectrom\u00e8tre qui est extr\u00eamement cher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: .0001pt; line-height: normal;\"><b style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><i style=\"mso-bidi-font-style: normal;\"><span lang=\"FR-CH\" style=\"font-family: Arial; mso-ansi-language: FR-CH;\">\u00ab\u00a0Open Science\u00a0\u00bb<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>La science citoyenne est une forme de recherche scientifique ouverte, qui inclut la participation de personnes ext\u00e9rieures \u00e0 l\u2019univers scientifique. Une conception de la participation que Max Liboiron pousse encore plus loin\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019approche participative\u00a0\u00bb, qui est pour elle une d\u00e9marche f\u00e9ministe, \u00ab\u00a0signifie que nous sommes toutes et tous des usag\u00e8res et usagers, et que nous communiquons \u00e0 \u00e9galit\u00e9. Nous, les scientifiques, ne nous limitons pas \u00e0 d\u00e9finir les questions de recherche. Nous \u00e9laborons les questions \u00e0 creuser et les projets de recherche dans une r\u00e9flexion commune avec des non-sp\u00e9cialistes. Chacune et chacun peut faire de la recherche scientifique. Il s\u2019agit simplement de cr\u00e9er les conditions qui le permettent. Le dialogue sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 et la participation active sont pour nous des \u00e9l\u00e9ments essentiels.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019approche conventionnelle part du principe que seuls les scientifiques peuvent faire de la recherche. Avec pour cons\u00e9quence que certaines questions cruciales du discours scientifique de notre \u00e9poque ne sont pas diffus\u00e9es parmi le grand public. \u00ab\u00a0La recherche doit sortir de la tour d\u2019ivoire des universit\u00e9s et des laboratoires, pour toucher directement les gens. C\u2019est la seule mani\u00e8re de prendre en main des probl\u00e8mes comme les d\u00e9chets plastiques dans les oc\u00e9ans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si la mar\u00e9e de plastique mondiale reste souvent un probl\u00e8me abstrait, elle devient un souci personnel pour une bonne partie de la population de Terre-Neuve. \u00ab\u00a0Je parle souvent de notre projet de recherche sur le cabillaud \u00e0 la radio, et je donne des conf\u00e9rences hors du cadre universitaire. Les gens viennent alors m\u2019aborder et veulent participer.\u00a0\u00bb Le projet sur le cabillaud compte dix personnes salari\u00e9es pour le travail en laboratoire, qui sont en partie des \u00e9tudiantes ou \u00e9tudiants de diverses disciplines, et aussi des personnes sans formation acad\u00e9mique. Les estomacs et boyaux de poissons sont fournis par une bonne centaine de femmes et d\u2019hommes qui livrent le produit de leur p\u00eache. Si le projet s\u2019inscrit dans une d\u00e9marche f\u00e9ministe, il est naturellement ouvert aux personnes de n\u2019importe quel sexe.<\/p>\n<p>Le financement passe par les canaux habituels des universit\u00e9s et des fondations. Le personnel du projet de science citoyenne est donc r\u00e9mun\u00e9r\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Toutes les personnes qui travaillent pour moi touchent un salaire\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Max Liboiron.<\/p>\n<p><b style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\">P\u00eacher les filets<br \/>\n<\/b>En Terre-Neuve, la prochaine \u00e9tape de la lutte contre les d\u00e9chets plastique sera la r\u00e9duction du plastique dans l\u2019industrie de la p\u00eache. La p\u00eache commerciale est en effet la principale source de d\u00e9chets marins synth\u00e9tiques. Les filets modernes sont faits de plastique comme le nylon. Quand ils se d\u00e9chirent ou se perdent, les filets d\u00e9rivent longtemps dans la mer et restent pour des d\u00e9cennies des pi\u00e8ges mortels pour les poissons, les oiseaux et les mammif\u00e8res marins. Les filets faits de mat\u00e9riaux traditionnels sont moins dangereux, car leurs fibres v\u00e9g\u00e9tales se d\u00e9gradent au fil du temps. Une piste serait que les p\u00eacheurs puissent faire des d\u00e9monstrations avec leur \u00e9quipement de p\u00eache traditionnel (exempt de plastiques). Beaucoup de p\u00eacheurs de Terre-Neuve se montrent ouverts \u00e0 ce type de tourisme de p\u00eache. Une solution encore plus efficace serait que les p\u00eacheurs ram\u00e8nent les filets d\u00e9chir\u00e9s \u00e0 terre \u2013 que ce soient leurs propres filets ou ceux qu\u2019ils trouvent par hasard en mer. Certains <span style=\"text-transform: uppercase;\">\u00e9<\/span>tats pr\u00e9voient d\u00e9j\u00e0 une prime pour les personnes qui ram\u00e8nent de vieux filets sur terre ferme, calcul\u00e9e au poids du filet. Autre option, un syst\u00e8me de consigne pour les filets, qui permettrait au p\u00eacheur de r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019argent de la consigne en ramenant les filets hors d\u2019usage, au lieu de les abandonner en mer.<br \/>\nIl existe de multiples pistes r\u00e9gionales pour enrayer la pollution plastique des oc\u00e9ans, tant pour les nations industrialis\u00e9es que pour les pays moins industrialis\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle globale, il est urgent de mettre en place une strat\u00e9gie d\u2019ensemble pour lutter contre les d\u00e9chets plastiques. \u00ab\u00a0Les solutions existent\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Max Liboiron\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut maintenant les mettre en \u0153uvre. Les <span style=\"text-transform: uppercase;\">\u00e9<\/span>tats et la communaut\u00e9 internationale doivent trouver des solutions communes et agir de concert, comme pour la protection du climat.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"background-color: #ecf1f7; color: black; padding: 25px;\">\n<h2>Polym\u00e8res dans les mers<\/h2>\n<p><strong>Les baleines noy\u00e9es dans le plastique<\/strong><\/p>\n<p><strong>Essai par Bettina Wurche<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vue de l\u2019espace, la plan\u00e8te est le territoire non pas des hommes, mais de la baleine\u00a0\u00bb, dit le d\u00e9but du po\u00e8me de Heathcote Williams, un plaidoyer passionn\u00e9 contre la chasse baleini\u00e8re et pour la protection des oc\u00e9ans. C\u2019est l\u2019un des textes qui m\u2019a convaincue d\u2019\u00e9tudier la biologie marine et de m\u2019int\u00e9resser aux baleines, que je traite aujourd\u2019hui dans mes \u00e9crits et mes conf\u00e9rences. Mon domaine de sp\u00e9cialisation est le cachalot et la baleine \u00e0 bec.<\/p>\n<p>Les baleines restent menac\u00e9es \u00e0 l\u2019heure actuelle. Moins par la chasse baleini\u00e8re et ses projectiles explosifs que par les polym\u00e8res synth\u00e9tiques fabriqu\u00e9s \u00e0 base de p\u00e9trole, multicolores ou transparents, souples ou solides, de formes diverses\u00a0: les plastiques. Ils sont une composante essentielle de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation actuelle, de l\u2019avidit\u00e9 mat\u00e9rielle, du d\u00e9sir de confort, de l\u2019aspiration au profit. Mais ce plastique qui semble si avantageux a son prix.<\/p>\n<p>D\u00e8s 1955, un article du magazine <em>\u00ab\u00a0Life\u00a0\u00bb<\/em> intitul\u00e9 <em>\u00ab\u00a0Throwaway Living\u00a0\u00bb<\/em> d\u00e9nonce les d\u00e9rives de la soci\u00e9t\u00e9 des produits jetables. Ce premier avertissement ne sera pas entendu. En 1997, le navigateur et oc\u00e9anographe Charles Moore d\u00e9couvre une gigantesque plaque de d\u00e9chets dans une zone recul\u00e9e du Pacifique Nord, alors qu\u2019il se rend de Hawa\u00ef en Californie du Sud. Les art\u00e9facts de la soci\u00e9t\u00e9 du jetable avaient couvert d\u2019une gangr\u00e8ne synth\u00e9tique les eaux intouch\u00e9es du Pacifique. Charles Moore reconna\u00eet alors les dimensions mondiales du probl\u00e8me du plastique, avec d\u2019autres sp\u00e9cialistes des oc\u00e9ans et activistes environnementaux. La mar\u00e9e de plastique sera nomm\u00e9e le \u00ab\u00a0Grand vortex de d\u00e9chets du Pacifique Nord\u00a0\u00bb. Aujourd\u2019hui nous savons qu\u2019il existe plusieurs tourbillons de d\u00e9chets. La catastrophe du plastique commence \u00e0 \u00eatre reconnue par les milieux politiques et le grand public. Mais les oc\u00e9ans et leurs probl\u00e8mes sont loin de notre quotidien. Les organismes marins meurent en silence, \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la civilisation terrestre.<\/p>\n<p><strong>Petites particules, grands effets<br \/>\n<\/strong>Les particules de plastique sont produites sur la terre ferme. Mais une bonne partie d\u2019entre elles aboutit dans les grands lacs ou les oc\u00e9ans, par le vent ou les cours d\u2019eau. Une fois dans la mer, le plastique d\u00e9rive jusqu\u2019aux \u00eeles les plus recul\u00e9es, aux fosses oc\u00e9aniques les plus profondes et aux oc\u00e9ans Arctique et Antarctique, sous l\u2019effet du vent et des vagues. Les objets en plastique pr\u00e9sentent une dynamique particuli\u00e8re dans la mer. Les sacs en plastique gorg\u00e9s d\u2019eau ressemblent ainsi \u00e0 des m\u00e9duses ou \u00e0 des pieuvres et sont ing\u00e9r\u00e9s par les pr\u00e9dateurs de ces animaux. Les tortues marines sont parmi les principales victimes de ce plastique qui remplit leur estomac. Elles ne sont donc plus en mesure d\u2019absorber suffisamment de nourriture.<\/p>\n<p>Les baleines avalent elles aussi un nombre croissant de sacs en plastique. Depuis quelques ann\u00e9es, on voit ainsi des cachalots et des baleines \u00e0 bec amaigris s\u2019\u00e9chouer sur les c\u00f4tes. Capables de chasser \u00e0 plus de mille m\u00e8tres de profondeur et dot\u00e9es d\u2019un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9cholocalisation de haute pr\u00e9cision, elles ne parviennent pourtant pas \u00e0 distinguer les sacs en plastique des pieuvres riches en prot\u00e9ines. Elles n\u2019ont pas le temps d\u2019apprendre \u00e0 faire la diff\u00e9rence. Une fois leur estomac rempli de d\u00e9chets, elles n\u2019arrivent pas dig\u00e9rer le plastique et sont condamn\u00e9es \u00e0 mourir de faim.<\/p>\n<p>En 2016 une baleine \u00e0 bec de Cuvier s\u2019\u00e9choue sur la c\u00f4te devant la ville norv\u00e9gienne de Bergen. Insolite, car cette baleine chasse normalement dans les grands fonds. L\u2019autopsie de l\u2019animal amaigri r\u00e9v\u00e8lera la pr\u00e9sence de plus de 30\u00a0sacs en plastique dans son estomac. Les sacs portent des inscriptions en danois, anglais et norv\u00e9gien. L\u2019image de cette baleine mourante sera pour moi un moment cl\u00e9. La baleine de Cuvier est en effet le champion de la plong\u00e9e en eaux profondes. Son record de plong\u00e9e est de 2992m de profondeur, et de 137,5\u00a0minutes de dur\u00e9e. Si cet animal qui chasse dans les profondeurs oc\u00e9aniques se nourrit de d\u00e9chets au lieu de pieuvres, c\u2019est que la catastrophe a pris des dimensions dramatiques.<\/p>\n<p>En outre, les bouts de plastiques d\u00e9rivant dans les oc\u00e9ans se r\u00e9v\u00e8lent des pi\u00e8ges pour les animaux marins, qui se trouvent entrav\u00e9s, bless\u00e9s voire \u00e9touff\u00e9s. Par exemple, les filets de p\u00eache en nylon us\u00e9s ou d\u00e9chir\u00e9s, avec leurs mailles et fils solides et quasi invisibles dans l\u2019eau, dans lesquels s\u2019emp\u00eatrent les tortues, les oiseaux de mer, les phoques, les loutres et les baleines petites ou grandes qui finissent par s\u2019\u00e9touffer ou se noyer, \u00e0 moins de parvenir \u00e0 s\u2019en d\u00e9p\u00eatrer rapidement. Si quelques-uns de ces animaux \u00e9chouent sur les c\u00f4tes bless\u00e9s ou morts, la plupart p\u00e9rissent et coulent inaper\u00e7us dans l\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n<p>Les gros morceaux de plastique s\u2019effritent sous l\u2019influence des vagues, du sel et des rayons ultraviolets, jusqu\u2019\u00e0 prendre la taille des plus petits nutriments. Cette soupe oc\u00e9anique, m\u00eal\u00e9e de polym\u00e8res synth\u00e9tiques \u00e0 base de p\u00e9trole, constitue l\u2019alimentation de myriades d\u2019organismes marins de toutes tailles. Les organismes planctoniques comme les cop\u00e9podes, les larves de poissons ou les organismes filtreurs comme les moules absorbent le microplastique comme un aliment. Les composantes toxiques de ce plastique et le d\u00e9p\u00f4t des r\u00e9sidus plastiques font que les organismes sont frapp\u00e9s de d\u00e9p\u00e9rissement et d\u2019inflammations chroniques. Le plastique s\u2019accumule ainsi le long de la cha\u00eene alimentaire. Les mati\u00e8res synth\u00e9tiques remontent la cha\u00eene jusqu\u2019\u00e0 la baleine, et finalement jusqu\u2019aux \u00eatres humains.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9poque de l\u2019anthropoc\u00e8ne<br \/>\n<\/strong>Notre \u00e9poque, l\u2019anthropoc\u00e8ne, est marqu\u00e9e par le gaspillage des ressources et des mati\u00e8res premi\u00e8res comme le p\u00e9trole, un produit qui pollue l\u2019environnement sous toutes ses formes, du combustible fossile au plastique. Une fois diss\u00e9min\u00e9es dans les oc\u00e9ans et les eaux int\u00e9rieures, les particules de plastique de toutes tailles et couleurs disparaissent de notre champ de vision. Les plastiques sont partout, et ils semblent tellement in\u00e9vitables que leur pr\u00e9sence sur la plage et dans l\u2019eau est d\u00e9j\u00e0 devenu normal. On trouve d\u00e9j\u00e0 des formations rocheuses contenant des plastiques, un ph\u00e9nom\u00e8ne que les g\u00e9ologues nomment les plastiglom\u00e9rats.<\/p>\n<p>Certains plastiques et leurs composants, comme les agents plastifiants, peuvent influencer le syst\u00e8me endocrinien, portant atteinte \u00e0 la fertilit\u00e9 et \u00e0 la capacit\u00e9 de reproduction des esp\u00e8ces qui vivent longtemps, comme les baleines. Les substances chimiques lib\u00e9r\u00e9es par les plastiques sont invisibles, contrairement aux blessures dues \u00e0 une cause m\u00e9canique ext\u00e9rieure ou int\u00e9rieure. Sans bruit, sans couleur et sans odeur, les polluants p\u00e9n\u00e8trent dans les tissus de l\u2019animal et d\u00e9ploient leur effet toxique sournois. Quand nous mangeons des poissons de mer, des moules, des fruits de mer ou du sel marin, le plastique revient sur notre assiette et dans notre propre corps. Les particules de microplastique se d\u00e9posent surtout dans l\u2019estomac et dans l\u2019appareil digestif des animaux, que nous ne voyons pas. Et nous ne sommes pas conscients des compos\u00e9s chimiques que nous ing\u00e9rons, suite \u00e0 la d\u00e9gradation du plastique dans l\u2019animal et \u00e0 la diffusion des produits de d\u00e9gradation dans son organisme.<\/p>\n<p><strong>Souffrance des baleines dans les oc\u00e9ans du monde industrialis\u00e9<br \/>\n<\/strong>Pour la plupart des gens, la rencontre d\u2019une baleine est une grande \u00e9motion. Elles sont comme les messag\u00e8res d\u2019un autre monde. La mort d\u2019une baleine nous touche. Pour les biologistes, l\u2019autopsie sera le moment de comprendre un peu mieux l\u2019histoire de la baleine en question. Elle peut porter sur la peau les cicatrices de sa vie, et souvent de sa mort\u00a0: marques dues \u00e0 des querelles ou des luttes de pr\u00e9s\u00e9ance, traces de morsures d\u2019orque ou de requin, incisions dues \u00e0 des filets de p\u00eache \u00e0 la t\u00eate, aux nageoires ou au p\u00e9doncule caudal. La d\u00e9couverte de plastique dans l\u2019estomac et les intestins est de plus en plus fr\u00e9quente. Et les analyses toxicologiques d\u00e9c\u00e8lent encore d\u2019autres d\u00e9chets industriels qui contaminent les mammif\u00e8res marins.<\/p>\n<p>Une orque nomm\u00e9e Lulu d\u00e9tient un triste record en la mati\u00e8re. En janvier 2016, cette femelle de plus de six m\u00e8tres de long s\u2019\u00e9tait \u00e9chou\u00e9e sur les H\u00e9brides. L\u2019autopsie \u00e9tablit qu\u2019elle est morte \u00e9touff\u00e9e par un cordage de p\u00eache au crabe. Lulu \u00e9tait l\u2019un des neuf derniers individus d\u2019\u00e9paulard vivant dans les eaux britanniques. \u00c2g\u00e9e d\u2019au moins 20 ans, elle n\u2019avait jamais procr\u00e9\u00e9. Apr\u00e8s 23\u00a0ans d\u2019observation de son groupe par les scientifiques, il n\u2019avait engendr\u00e9 aucune prog\u00e9niture. L\u2019analyse chimique a de quoi choquer\u00a0: Lulu pr\u00e9sente dans ses tissus la plus haute concentration de biph\u00e9nyles polychlor\u00e9s (<em>PCB<\/em>) jamais mesur\u00e9e dans un animal par les v\u00e9t\u00e9rinaires \u00e9cossais.<\/p>\n<p>La production de PCB est interdite depuis les ann\u00e9es 1980, en raison des effets toxiques de ces substances. Mais les compos\u00e9s de PCB sont extr\u00eamement persistants. Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant que la famille d\u2019orques ne parvienne pas \u00e0 se reproduire, et soit ainsi condamn\u00e9e \u00e0 s\u2019\u00e9teindre. Les PCB sont associ\u00e9s \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9, \u00e0 un affaiblissement du syst\u00e8me immunitaire et un risque accru de cancer, y compris chez l\u2019\u00eatre humain. Lulu est l\u2019ic\u00f4ne tragique de l\u2019\u00e9tat de nos oc\u00e9ans. ((als Quote m\u00f6glich)) \u00c0 la fin de sa trop br\u00e8ve vie, intoxiqu\u00e9e par les polym\u00e8res synth\u00e9tiques et d\u2019autres substances issues de l\u2019industrie humaine, Lulu s\u2019\u00e9touffe avec le cordage d\u2019un casier de p\u00eache au crabe.<\/p>\n<p><strong>La mar\u00e9e de plastique, une r\u00e9alit\u00e9 politique et publique<br \/>\n<\/strong>Les constats scientifiques et les d\u00e9clarations alarmantes se multiplient \u00e0 propos des dimensions et des cons\u00e9quences de la mar\u00e9e de plastique dans la mer. Le prix \u00e0 payer est \u00e9lev\u00e9, pour les \u00eatres humains et tous les \u00eatres vivants de la plan\u00e8te. Mais la pression politique se construit. En 2016 les Nations Unies ont publi\u00e9 un rapport de 274\u00a0pages, dont voici la conclusion: \u00ab\u00a0Il faut un engagement international plus fort pour lutter contre la pollution plastique de nos oc\u00e9ans. C\u2019est le moment d\u2019agir. Ne perdons pas de temps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 2016, la conf\u00e9rence de protection de la mer <em>\u00ab\u00a0Our Ocean\u00a0<\/em>\u00bb, r\u00e9unie \u00e0 Washington, conclut elle aussi qu\u2019il faut agir vite et \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Toutefois, la r\u00e9union se termine par des appels qui restent vagues. Certains pays ou villes prennent pourtant des mesures \u00e0 leur \u00e9chelle\u00a0: la Grande-Bretagne a d\u00e9cid\u00e9 l\u2019interdiction des microplastiques dans les cosm\u00e9tiques et les produits de soins corporels pour la fin 2017, en r\u00e9action \u00e0 une p\u00e9tition citoyenne. Aux \u00e9tats-Unis, l\u2019autorit\u00e9 de protection de l\u2019environnement EPA cible principalement le plastique dans les Grands Lacs. Et certains \u00e9tats d\u2019Australie interdisent d\u00e9sormais la vente d\u2019eau en bouteilles de plastique. Mais ces changements ne sont que de petites \u00e9tapes de la lutte contre un probl\u00e8me gigantesque. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 stopper la chasse baleini\u00e8re commerciale, et les populations de baleines se r\u00e9g\u00e9n\u00e8rent. Cependant la situation est plus complexe concernant le plastique, dont les effets resteront pr\u00e9sents pour des d\u00e9cennies, voire des si\u00e8cles, dans les oc\u00e9ans et les eaux int\u00e9rieures. Et la production de plastique continue all\u00e9grement.<\/p>\n<p>Certains hivers, le nombre de cachalots m\u00e2les \u00e9chou\u00e9s sur les plages de la mer du Nord est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9. En provenance du Nord de la Norv\u00e8ge, ces chasseurs des grands fonds s\u2019\u00e9garent dans les eaux peu profondes. Leur sens de l\u2019orientation est perturb\u00e9, car leur sonar ne fonctionne pas correctement sur les fonds sableux de la mer du Nord. Ils se retrouvent prisonniers et finissent pas s\u2019\u00e9chouer sur la c\u00f4te pour mourir. Les l\u00e9viathans \u00e9chou\u00e9s sur les plages sont un ph\u00e9nom\u00e8ne document\u00e9 depuis des si\u00e8cles, et les premi\u00e8res analyses de carcasses remontent \u00e0 plusieurs d\u00e9cennies. En 2016 les autopsies r\u00e9v\u00e8lent un nouveau constat\u00a0: en dehors des r\u00e9sidus comme les becs de pieuvres, l\u2019estomac des cachalots contient \u00e9galement du plastique. Deux individus ont m\u00eame l\u2019estomac quasi enti\u00e8rement rempli de cette mati\u00e8re synth\u00e9tique, avec notamment un filet provenant de la p\u00eache de crabes et des composantes de voitures aux arr\u00eates tranchantes.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9volution contre la mar\u00e9e de plastique\u00a0?<br \/>\n<\/strong>Pour mettre fin \u00e0 la mar\u00e9e de plastique, il faudrait des interventions fortes, et la lenteur des m\u00e9canismes d\u00e9mocratiques pour les mettre en \u0153uvre peut para\u00eetre d\u00e9courageante.\u00a0M\u00eame les atteintes \u00e0 la sant\u00e9 humaine \u00e0 travers les compos\u00e9s de plastique \u00e0 base de p\u00e9trole ne parviennent pas \u00e0 nous convaincre d\u2019abandonner le plastique. La lutte contre le fl\u00e9au du plastique ne r\u00e9ussira que par une planification et une mise en \u0153uvre stricte de quatre principes\u00a0: \u00e9viter, remplacer, r\u00e9utiliser et recycler. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle individuelle du consommateur, dans le cadre de l\u2019industrie et du commerce, et dans la sph\u00e8re politique appel\u00e9e \u00e0 prendre des d\u00e9cisions et \u00e0 d\u00e9finir des r\u00e8gles contraignantes. R\u00e9duire la mar\u00e9e de plastique implique de repenser notre quotidien en profondeur. Il faut d\u00e9velopper une nouvelle conception de la place de l\u2019\u00eatre humain sur la plan\u00e8te, \u00e0 travers une r\u00e9flexion soci\u00e9tale, sociologique, psychologique et philosophique visant \u00e0 un changement radical. Contre le gaspillage et le plastique jetable, il nous faudra une v\u00e9ritable r\u00e9volution\u00a0!<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que les baleines qui souffrent de notre addiction au plastique donneront une visibilit\u00e9 \u00e0 ce probl\u00e8me abstrait\u00a0? En effet, quelle image plus choquante qu\u2019un cachalot bourr\u00e9 de plastique\u00a0?<\/p>\n<p>Moby Dick, le cachalot du roman \u00e9ponyme, avait pour adversaire le digne personnage du capitaine Achab, qu\u2019il finira par vaincre. Contre les sacs en plastique, aucune baleine n\u2019a la moindre chance de gagner. C\u2019est \u00e0 nous de lutter.<\/p>\n<p><strong>Bettina Wurche<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-36927 alignnone\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/05\/4d84975f-4d84975f-bettina-wurche-2017-380x440-259x300.jpg\" alt=\"\" width=\"259\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>Biologiste et journaliste de profession, Bettina Wurche a fait des \u00e9tudes de zoologie, de science halieutique et de pal\u00e9ontologie \u00e0 Hambourg. Sp\u00e9cialiste en vulgarisation scientifique, sa vocation est d\u2019expliquer de mani\u00e8re accessible et vivante les questions scientifiques, par des textes, des conf\u00e9rences ou des expositions.<br \/>\nElle s\u2019int\u00e9resse principalement \u00e0 l\u2019\u00e9tat des oc\u00e9ans et des organismes marins par le pass\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle et dans le futur. Elle \u00e9tudie en particulier les baleines, dans le cadre de voyages de recherche ou de tourisme \u00e9cologique entre l\u2019Arctique et l\u2019Antarctique, et aussi \u00e0 partir des collections de mus\u00e9e. Sur son blog scientifique <em>\u00ab\u00a0Meertext\u00a0\u00bb<\/em> (\u00ab\u00a0Texte d\u2019oc\u00e9an\u00a0\u00bb), elle documente r\u00e9guli\u00e8rement les sujets li\u00e9s aux oc\u00e9ans et \u00e0 l\u2019astronautique.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"line-height: normal;\"><span lang=\"FR-CH\" style=\"font-family: Arial; mso-ansi-language: FR-CH;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La docteure Max Liboiron est \u00e0 la fois sp\u00e9cialiste et activiste f\u00e9ministe des sciences de l\u2019environnement. Professeure assistante \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Memorial de Terre-Neuve (Canada), elle enseigne au d\u00e9partement de g\u00e9ographie et m\u00e8ne des recherches en \u00ab\u00a0Discard Studies\u00a0\u00bb (\u00e9tudes des d\u00e9chets). Elle est \u00e0 l\u2019origine du projet de science citoyenne \u00ab\u00a0Civic Laboratory for Environmental Action Research\u00a0\u00bb (CLEAR). Son blog traite des d\u00e9chets plastiques dans les oc\u00e9ans selon une perspective interdisciplinaire, \u00e0 la crois\u00e9e de la biologie, de la g\u00e9ographie et des sciences sociales. Elle \u00e9tudie \u00e9galement l\u2019impact de l\u2019activisme sur ce type d\u2019enjeux, car \u00ab\u00a0le plastique est un probl\u00e8me global.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":26900,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[79,78],"tags":[],"p4-page-type":[80],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-26897","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazine","category-publications","p4-page-type-article-de-magazine"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26897","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26897"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26897\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26900"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26897"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26897"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=26897"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=26897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}