{"id":27110,"date":"2018-01-05T00:00:00","date_gmt":"2018-01-04T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/master.greenpeace.ch\/magazin-article-fr\/27110\/de-la-parole-aux-actes-serie-1-5\/"},"modified":"2019-05-31T08:52:46","modified_gmt":"2019-05-31T06:52:46","slug":"de-la-parole-aux-actes-serie-1-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/article-de-magazine\/27110\/de-la-parole-aux-actes-serie-1-5\/","title":{"rendered":"De la parole aux actes! (S\u00e9rie 1\/5)"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\"><strong>Ouragans, incendies de for\u00eat, inondations, effondrement des stocks halieutiques, mort des coraux, microplastiques et antibiotiques dans nos aliments\u2026 Les raisons d\u2019\u00eatre pessimistes ne manquent pas. Les temp\u00e9ratures ne cessent d\u2019augmenter et la banquise se morcelle peu \u00e0 peu dans l\u2019Arctique. Qui ne serait tent\u00e9 de faire l\u2019autruche et de rester tranquillement dans sa petite bulle ou, au contraire, d\u2019appuyer sur l\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur? Nous avons discut\u00e9 avec des femmes et des hommes qui s\u2019engagent pour l\u2019environnement, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019ils ont conscience des \u00e9normes d\u00e9fis que notre soci\u00e9t\u00e9 va devoir relever. Leurs motivations et leurs m\u00e9thodes diff\u00e8rent, mais ils ont en commun de vivre le changement qu\u2019ils voudraient voir se r\u00e9aliser dans le monde. Et ils inspirent d\u2019autres \u00e0 suivre leur exemple.<\/strong><\/span><\/p>\n<h3 class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">Raphael Fellmer: le glaneur de poubelles fauch\u00e9 devenu entrepreneur social<\/span><\/h3>\n<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">Lorsque j\u2019ai contact\u00e9 Raphael Fellmer d\u00e9but septembre, il \u00e9tait compl\u00e8tement absorb\u00e9 par l\u2019ouverture de son premier magasin d\u2019alimen\u00adtation \u00e0 Berlin Charlottenburg. Nomm\u00e9 SirPlus, ce magasin a pour objectif de transformer le <i>food sharing,<\/i> le partage de la nourriture, en v\u00e9ritable mode. Cette entreprise \u00e0 vocation sociale r\u00e9cup\u00e8re des aliments qui, normalement, atterriraient dans la benne \u00e0 ordures: des produits irr\u00e9prochables, qui ont bient\u00f4t atteint la date de p\u00e9remption ou l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9e. Fellmer et son \u00e9quipe vont les chercher dans des supermarch\u00e9s, chez des commer\u00e7ants ou des producteurs, moyennant un petit d\u00e9\u00addommagement. Les entreprises partenaires \u00e9conomisent ainsi les frais d\u2019\u00e9limination des invendus et am\u00e9liorent leur image. Les clients qui ach\u00e8tent aupr\u00e8s de SirPlus en profitent \u00e0 leur tour, car, pour ces tomates, ces c\u00e9r\u00e9ales ou ces jus de fruits mis au rebut, ils paient 30 \u00e0 70% de moins que dans les magasins conventionnels.<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\">La chasse au gaspi sans un euro en poche<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p2\"><span class=\"font-844060\">L\u2019engagement m\u00e9diatis\u00e9 de Fellmer contre le gaspillage des ressources et en faveur de modes de vie alternatifs a commenc\u00e9 en 2010: apr\u00e8s avoir obtenu un dipl\u00f4me universitaire d\u2019\u00e9tudes europ\u00e9ennes, il part pour les Pays-Bas et ira jusqu\u2019au Mexique, sans le moindre sou. Ce qui \u00e9tait au d\u00e9but une exp\u00e9rience allait devenir un projet de vie. C\u2019est \u00e0 bord d\u2019un voilier sur lequel il a \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 qu\u2019il d\u00e9cide, au beau milieu de l\u2019Atlantique, de vivre d\u00e9sormais sans argent. \u00abPendant le Sommet de l\u2019ONU sur le climat, qui avait lieu \u00e0 Canc\u00fan cette ann\u00e9e-l\u00e0, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que nous devions vivre le changement que nous souhaitons voir se concr\u00e9tiser dans le monde, se souvient-il. Nous n\u2019avons pas le temps d\u2019attendre les politiciens.\u00bb Fellmer consid\u00e9rera d\u00e8s lors son boycott de l\u2019argent comme un message politique et une exp\u00e9rience v\u00e9cue du changement. En m\u00eame temps, au Mexique, il r\u00e9alise avec consternation que des millions de gens ont faim alors que des tonnes de produits alimentaires en exc\u00e9dent sont d\u00e9truites chaque jour.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">De retour \u00e0 Berlin, Fellmer emm\u00e9nage dans un logement gratuit avec sa femme et leur fille qui vient de na\u00eetre. L\u00e0, il est \u00e0 nouveau confront\u00e9 \u00e0 la surconsommation. Chaque jour, il se procure des aliments et des objets d\u2019usage courant dans les bennes \u00e0 ordures des supermarch\u00e9s du voisinage \u2013 en toute ill\u00e9galit\u00e9 naturellement. Lui et sa famille vivent bien des \u00abd\u00e9chets\u00bb glan\u00e9s dans leur quartier. En mars 2012, Fellmer lance le mouvement \u00abSauver les denr\u00e9es alimentaires\u00bb. Des gens qui partagent ses id\u00e9es l\u2019aident \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer d\u00e9sormais l\u00e9galement des produits aupr\u00e8s de supermarch\u00e9s, de boulangeries ou restaurants coop\u00e9ratifs et les distribuent gratuitement. En 2014, le r\u00e9seau fusionne avec la plateforme Internet foodsharing.de.<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">Faire partie de la solution<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">Aujourd\u2019hui, foodsharing.de compte plus de 300\u2009000 utilisateurs et 30\u2009000 <i>food savers,<\/i> qui r\u00e9cup\u00e8rent et distribuent r\u00e9guli\u00e8rement des denr\u00e9es alimentaires aupr\u00e8s de plus de 3300 entreprises coop\u00e9ratrices. Fellmer\u00a0explique le succ\u00e8s de foodsharing.de: \u00abBeaucoup de personnes ont vu dans notre projet une possibilit\u00e9 de s\u2019engager et de faire quelque chose contre le gaspillage et la pollution de l\u2019environnement. Et d\u2019ajouter: Nombre d\u2019entre elles se rendaient compte qu\u2019aimer ces produits, c\u2019est aussi aimer la Terre: l\u2019eau utilis\u00e9e, l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire et le travail fourni.\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">Fellmer a \u00e9crit un livre sur son boycott de l\u2019argent et sur son mouvement. Il a particip\u00e9 \u00e0 des talk-shows et parl\u00e9 devant des classes d\u2019\u00e9cole. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, il a fini par accepter d\u2019\u00eatre pay\u00e9, car il se sentait oblig\u00e9 de se lib\u00e9rer de \u00abson dogme et de sa prison priv\u00e9e\u00bb, comme il l\u2019appelle aujourd\u2019hui. D\u00e9sormais p\u00e8re de deux enfants, il avait d\u00fb trouver un nouveau logis pour sa famille. Aujourd\u2019hui, il est convaincu que l\u2019argent peut \u00eatre un vecteur de changement positif et qu\u2019il lui permettra d\u2019accro\u00eetre l\u2019efficacit\u00e9 de sa d\u00e9marche. Pourquoi est-il pass\u00e9 du refus de l\u2019argent au statut d\u2019homme d\u2019affaires? \u00abAu fond, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 un entrepreneur\u00bb, avoue-t-il, songeur. Mais ses motivations sont rest\u00e9es les m\u00eames: \u00abPouvoir r\u00e9aliser avec d\u2019autres des id\u00e9es qui am\u00e9liorent le monde, c\u2019est tr\u00e8s satisfaisant.\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"font-844060\">L\u2019id\u00e9e d\u2019ouvrir un magasin d\u2019aliments en surplus \u00e0 Berlin a pu d\u00e9coller gr\u00e2ce \u00e0 un pr\u00eat de 100\u2009000 euros et \u00e0 une campagne de financement participatif. 1700 personnes ont fait don d\u2019un montant total de 90\u2009000 euros. \u00abLe financement participatif est un formidable instrument pour faire conna\u00eetre une id\u00e9e par le biais des m\u00e9dias et des r\u00e9seaux sociaux, et pour voir si elle est bien accueillie.\u00bb Il ne faut toutefois pas sous-estimer l\u2019investissement en temps que cela implique, souligne-t-il. Rien que pour la vid\u00e9o de pr\u00e9sentation, il a fallu plus de deux mois de travail. Pour l\u2019avenir, Fellmer r\u00eave d\u2019une cha\u00eene de magasins d\u2019aliments r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s en franchise, avec des filiales dans toute l\u2019Allemagne, en Autriche et en Suisse. Une sorte de \u00abMcDo\u00bb pour les aliments r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s en quelque sorte? \u00abNous le faisons pour la bonne cause, explique Fellmer. Nous avons la marque, les processus, une foule d\u2019exp\u00e9riences et des contacts. Nous les mettons \u00e0 la disposition des personnes int\u00e9ress\u00e9es et cr\u00e9ons ainsi une base pour que cette d\u00e9marche se g\u00e9n\u00e9ralise.\u00bb<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ouragans, incendies de for\u00eat, inondations, effondrement des stocks halieutiques, mort des coraux, microplastiques et antibiotiques dans nos aliments\u2026 Les raisons d\u2019\u00eatre pessimistes ne manquent pas. Les temp\u00e9ratures ne cessent d\u2019augmenter et la banquise se morcelle peu \u00e0 peu dans l\u2019Arctique. 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