{"id":27170,"date":"2018-01-18T00:00:00","date_gmt":"2018-01-17T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/master.greenpeace.ch\/magazin-article-fr\/27170\/de-la-parole-aux-actes-serie-3-5\/"},"modified":"2019-05-31T09:17:44","modified_gmt":"2019-05-31T07:17:44","slug":"de-la-parole-aux-actes-serie-3-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/article-de-magazine\/27170\/de-la-parole-aux-actes-serie-3-5\/","title":{"rendered":"De la parole aux actes! (S\u00e9rie 3\/5)"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><strong>Max Liboiron: chaussettes de b\u00e9b\u00e9 et science citoyenne contre le microplastique.<br \/>\n<\/strong>Biologiste, f\u00e9ministe, artiste et militante, Max Liboiron a un profil singulier, dont les facettes lui sont bien utiles pour son travail de professeure assistante au <i>Civic Laboratory for Environmental Action Research<\/i> (CLEAR), un laboratoire participatif d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la recherche militante: \u00abScience et engagement n\u2019ont toujours fait qu\u2019un pour moi\u00bb, dit-elle avec conviction.<\/p>\n<p class=\"p1\">Apr\u00e8s des \u00e9tudes de biologie \u00e0 New York, cette chercheuse originaire du nord du Canada a fait un master en sciences culturelles sur la question de la pollution plastique. Il y a deux ans, elle s\u2019est \u00e9tablie sur l\u2019\u00eele de Terre-Neuve pour cr\u00e9er son laboratoire au sein de l\u2019Universit\u00e9 Memorial. Les travaux scientifiques men\u00e9s par le CLEAR portent presque exclusivement sur la pollution des oc\u00e9ans par les d\u00e9chets plastiques, en particulier les microplastiques. Ces particules, d\u2019une taille inf\u00e9rieure \u00e0 5 mm, ont la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019accumuler les substances chimiques d\u00e9vers\u00e9es dans la mer. Elles sont ensuite ingurgit\u00e9es par les organismes marins, avec des cons\u00e9quences fatales. Il arrive ainsi que des\u00a0d\u00e9pouilles d\u2019ours polaires d\u00e9couvertes au Canada doivent \u00eatre \u00e9limin\u00e9es avec les d\u00e9chets sp\u00e9ciaux, tellement elles sont charg\u00e9es de substances toxiques du fait de la position de cet animal au bout de la cha\u00eene alimentaire arctique. \u00c0 Terre-Neuve, des milliers de personnes vivent de la p\u00eache. Le cabillaud et les autres poissons comestibles sont une composante importante de l\u2019alimentation de la population. Les microplastiques repr\u00e9sentent donc une r\u00e9elle menace pour la sant\u00e9 humaine.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019industrie de la p\u00eache porte une part de responsabilit\u00e9 dans cette situation catastrophique, explique Max Liboiron. La p\u00eache commerciale est une des principales sources de d\u00e9chets synth\u00e9tiques dans la mer, avec ses filets g\u00e9n\u00e9ralement fabriqu\u00e9s en nylon. \u00c0 la diff\u00e9rence des filets traditionnels en fibres v\u00e9g\u00e9tales, les mati\u00e8res synth\u00e9tiques des filets modernes ne se d\u00e9gradent pas rapidement et restent pr\u00e9sentes dans les eaux pendant des si\u00e8cles. Max Liboiron estime qu\u2019il faudrait de nouvelles lois pour imposer des pratiques plus\u00a0durables \u00e0 l\u2019industrie: \u00abNous devons compl\u00e8tement reconsid\u00e9rer notre mani\u00e8re de g\u00e9rer les ressources.\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\">Pour une science f\u00e9ministe et\u00a0postcoloniale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Le laboratoire CLEAR occupe aujourd\u2019hui vingt-cinq personnes: doctorants, \u00e9tudiants, experts, citoyens sans formation particuli\u00e8re\u2026 \u00abClassiquement, les \u00e9quipes de recherche sont marqu\u00e9es par des hi\u00e9rarchies fortes et dirig\u00e9es par un homme blanc d\u2019un certain \u00e2ge. Alors que chez nous, chaque personne a le m\u00eame droit \u00e0 la parole.\u00bb Pour Max Liboiron, ce mode d\u2019organisation participe d\u2019une \u00abscience f\u00e9ministe et postcoloniale\u00bb, qui interpelle les structures traditionnelles du pouvoir. \u00abLa vis\u00e9e du changement social est inh\u00e9rente \u00e0 notre d\u00e9marche, d\u00e9clare la chercheuse. Davantage que les r\u00e9sultats scientifiques en tant que tels, c\u2019est notre mani\u00e8re de faire de la recherche qui compte pour faire avancer le changement.\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019analyse classique des microplastiques dans les poissons implique en g\u00e9n\u00e9ral que l\u2019animal soit captur\u00e9, puis tu\u00e9 en vue du projet de recherche. Pour Max Liboiron, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une pratique colonialiste que son laboratoire\u00a0ne souhaite pas reproduire. Au contraire, les militants-chercheurs du CLEAR collaborent avec les p\u00eacheurs locaux. Les analyses de micro\u00adplastiques se font donc sur les poissons captur\u00e9s pour la consommation. \u00abNos travaux ne portent pas sur un \u00e9chantillon al\u00e9atoire, mais bien sur le poisson consomm\u00e9 par la population de la r\u00e9gion.\u00bb Une autre particularit\u00e9 du travail de l\u2019\u00e9quipe de Max Liboiron est de former des personnes ext\u00e9rieures au monde de la recherche \u00e0 pr\u00e9lever des \u00e9chantillons de micro\u00adplastiques dans les visc\u00e8res des poissons. Ces personnes acqui\u00e8rent ainsi la capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer par elles-m\u00eames le degr\u00e9 de contamination du poisson par les microplastiques.<\/p>\n<p class=\"p1\">Autre exemple de recherche militante, les instruments d\u2019analyses \u00e0 construire soi-m\u00eame, d\u00e9velopp\u00e9s par le CLEAR. \u00abLes appareils classiques co\u00fbtent 35 000 dollars canadiens, et il faut un bateau sp\u00e9cial pour les utiliser\u00bb, commente Max Liboiron. Avec son \u00e9quipe, elle a d\u00e9velopp\u00e9 un appareil fait de bouteilles en plastique, de chaussettes pour b\u00e9b\u00e9s et de pinces de m\u00e9tal, qui permet de pr\u00e9lever des \u00e9chan\u00adtillons de microplastique mais ne co\u00fbte que<br \/>\n12 dollars canadiens (9 francs suisses). Les consignes de fabrication et la m\u00e9thodologie de pr\u00e9l\u00e8vement sont partag\u00e9es sur Internet: \u00abNous voulons que chacun puisse contr\u00f4ler la pollution environnementale. Le dipl\u00f4me universitaire n\u2019est pas une n\u00e9cessit\u00e9.\u00bb La chercheuse constate que ce type de \u00abscience citoyenne\u00bb est tr\u00e8s bien accueilli, y compris par les communaut\u00e9s de p\u00eacheurs plut\u00f4t conservatrices: \u00abLes p\u00eacheurs appr\u00e9cient notre pr\u00e9sence, la collaboration est bonne, et nous ne sommes pas per\u00e7us comme des gens qui ne s\u2019int\u00e9ressent qu\u2019\u00e0 leur propre projet de recherche.\u00bb La militante constate aussi que \u00ables p\u00eacheurs ne se soucient pas de savoir si notre travail est f\u00e9ministe, postcolonial ou n\u2019importe quoi d\u2019autre\u2026\u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\"><i>Samuel Schlaefli <\/i>a fait des \u00e9tudes de journalisme, de sociologie et de sciences culturelles. Il travaille aujourd\u2019hui comme journaliste ind\u00e9pendant et r\u00e9dacteur pour divers magazines. Il \u00e9crit sur la durabilit\u00e9, le changement climatique et les cons\u00e9quences de la mondialisation, de pr\u00e9f\u00e9rence sous la forme de reportages lors de voyages. <a href=\"http:\/\/www.samuelschlaefli.ch\"><i>www.samuelschlaefli.ch<\/i><\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">Sur <i><a href=\"http:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/greenpeace-magazine\">www.greenpeace.ch\/fr\/greenpeace-magazine<\/a>,<\/i> vous trouverez deux autres portraits de personnes engag\u00e9es qui donnent corps au changement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Max Liboiron: chaussettes de b\u00e9b\u00e9 et science citoyenne contre le microplastique.<\/p>\n","protected":false},"author":30,"featured_media":27171,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[102,78],"tags":[60],"p4-page-type":[80],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-27170","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazinesociete","category-publications","tag-qui-sommes-nous","p4-page-type-article-de-magazine"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27170"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27170\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27171"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27170"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=27170"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=27170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}