{"id":27720,"date":"2018-05-16T00:00:00","date_gmt":"2018-05-15T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/master.greenpeace.ch\/magazin-article-fr\/27720\/je-plaide-pour-une-certaine-paresse-au-jardin\/"},"modified":"2019-05-31T10:48:59","modified_gmt":"2019-05-31T08:48:59","slug":"je-plaide-pour-une-certaine-paresse-au-jardin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/article-de-magazine\/27720\/je-plaide-pour-une-certaine-paresse-au-jardin\/","title":{"rendered":"\u00ab Je plaide pour une certaine paresse au jardin. \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Pour le Zurichois Stefan Ineichen, biologiste et sp\u00e9cialiste des vers luisants, le d\u00e9clin dramatique des insectes observ\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es est d\u00fb \u00e0 la d\u00e9gradation de l\u2019environnement. Il propose quelques mesures simples \u00e0 r\u00e9aliser dans les jardins, pour enrayer la disparition des insectes. <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Selon une \u00e9tude sur le d\u00e9clin des insectes en Allemagne, la biomasse des insectes volants a chut\u00e9 de 75% depuis 1989. Qu\u2019en pensez-vous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La densit\u00e9 des insectes et le nombre des esp\u00e8ces ont diminu\u00e9\u00a0: ceci n\u2019a rien d\u2019\u00e9tonnant. Ce qui me fait peur, c\u2019est l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du processus ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9tude comparable pour la Suisse, mais la tendance est vraisemblablement la m\u00eame dans notre pays.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les \u00e9l\u00e9ments qui permettent d\u2019extrapoler les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude \u00e0 la Suisse\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a seize ans, j\u2019avais rencontr\u00e9 le chercheur Adolf Nadig, sp\u00e9cialiste des sauterelles, pour une interview publi\u00e9e dans Ornis, la revue ornithologique de l\u2019association Birdlife. Il avait d\u00e9j\u00e0 plus de 90\u00a0ans \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il m\u2019a parl\u00e9 de son enfance, des promenades et des randonn\u00e9es qu\u2019il faisait avec son p\u00e8re dans la vall\u00e9e du Rhin et autour de Coire. Il se rappelle les sauterelles qui pullulait dans les champs, \u00e0 cet \u00e9poque, et qui fuyaient par centaines ou m\u00eame par milliers sous les pas des \u00eatres humains. Adolf Nadig estime que le 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle a r\u00e9ussi la triste prouesse de r\u00e9duire la masse d\u2019insectes \u00e0 1% des anciennes populations. Un constat choquant.<\/p>\n<p><strong>Cette estimation est-elle cr\u00e9dible\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas le r\u00e9sultat d\u2019un travail de recherche, mais plut\u00f4t l\u2019observation personnelle d\u2019un expert. Pour les papillons diurnes, il existe des analyses sur plusieurs centaines d\u2019ann\u00e9es en arri\u00e8re. La comparaison de ces analyses avec la situation actuelle confirme plus ou moins l\u2019estimation d\u2019Adolf Nadig.<\/p>\n<p><strong>Quelle est la raison du d\u00e9clin des insectes, selon cet expert\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Adolf Nadig dit que si l\u2019on compare les paysages actuels avec les photos sur de vieilles cartes postales, on reconna\u00eet les contours, qui sont plus ou moins les m\u00eames. Ce qui a chang\u00e9, ce sont les microstructures. Par le pass\u00e9, on trouvait des tas de pierres, des buissons et des arbres isol\u00e9s dans les champs. Le paysage n\u2019\u00e9tait pas aussi uniformis\u00e9. C\u2019est certainement l\u2019une des principales raisons du changement.<\/p>\n<p><strong>Que se passe-t-il pour les insectes, quand l\u2019\u00eatre humain uniformise le paysage\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Pour le comprendre, il suffit d\u2019observer les surfaces qui ne sont pas soumises \u00e0 un usage intensif\u00a0: elles ont une densit\u00e9 d\u2019insectes beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e. Ces surfaces pr\u00e9sentent de nombreux refuges. Les animaux y trouvent une grande diversit\u00e9 de structures vitales. Quand on \u00ab\u00a0nettoie\u00a0\u00bb les surfaces, que ce soit sur les versants des montagnes ou dans les jardins, il est important d\u2019y installer des tas de pierres. Ce sont de bons \u00e9cosyst\u00e8mes pour les animaux, par exemple les serpents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_45549\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-45549\" class=\"wp-image-45549\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/05\/5c1f463f-5c1f463f-kleine_gluehwuermchen_langzeit_1_andreas-brodbeck_liestal-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"950\" height=\"633\" \/><p id=\"caption-attachment-45549\" class=\"wp-caption-text\">Vers luisants (Lamprohiza splendidula), en pose longue. \u00a9 Andreas Brodbeck<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous parlez des \u00e9cosyst\u00e8mes\u00a0: votre sp\u00e9cialisation est un insecte particulier, le ver luisant. Quelle sont les particularit\u00e9s de cet insecte\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Les vers luisants sont un indicateur id\u00e9al pour identifier les paysages bien structur\u00e9s et les espaces riches en esp\u00e8ces. Nous avons confront\u00e9 nos analyses sur les sites propices aux vers luisants avec la grande banque de donn\u00e9es sur la faune, g\u00e9r\u00e9e par le service de protection de l\u2019environnement de la ville de Z\u00fcrich. Cette base de donn\u00e9es comprend environ 100\u00a0000 entr\u00e9es et observations, portant sur les dix ou douze derni\u00e8res ann\u00e9es. Et nous avons constat\u00e9 que les sites o\u00f9 vivent les vers luisants comportent un grand nombre de plantes et d\u2019insectes particuliers, dont certains figurent sur la liste rouge des esp\u00e8ces menac\u00e9es. Prendre soin des vers luisants, c\u2019est donc favoriser la diversit\u00e9 des structures et le bien-\u00eatre des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n<p><strong>D\u2019ailleurs, c\u2019est chaque fois une joie de d\u00e9couvrir un ver luisant, pour les enfants comme pour les adultes.<\/strong><\/p>\n<p>Oui, ce sont des insectes tellement beaux. Il y a Lampyris noctiluca, qui est le ver luisant le plus fr\u00e9quent en Suisse, et qui ne brille que par terre. Et les autres esp\u00e8ces comme Lamprohiza splendidula, qui scintille dans l\u2019air. Pourquoi ces insectes ne sont-ils pas encore utilis\u00e9s comme organismes mod\u00e8les dans le cadre de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement\u00a0? Ils sont aussi int\u00e9ressants que les papillons, et encore plus fous. Le ver luisant, c\u2019est la magie, la science-fiction, le fantastique, et en m\u00eame temps la r\u00e9alit\u00e9. J\u2019en ai d\u00e9j\u00e0 vu des centaines, pourtant je ressens la m\u00eame fascination \u00e0 chaque fois.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les principales menaces pour les vers luisants\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>John Tyler, sp\u00e9cialiste anglais des vers luisants, m\u2019a confirm\u00e9 que les orverts et les vers luisants \u2013 les slow worms et les glow worms \u2013 se retrouvent souvent dans les m\u00eames endroits. Ces deux esp\u00e8ces appr\u00e9cient les jardins riches en microstructures, qui leur permettent de se cacher, et toutes deux se nourrissent volontiers de limaces. Malheureusement, la densification urbaine fait reculer les populations de ces animaux. Il leur manque les jardins naturels. Et les nouvelles constructions d\u00e9truisent des sols propices, qui s\u2019\u00e9taient sont constitu\u00e9s sur des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p><strong>La disparation des microstructures dans les jardins, sur les terres cultiv\u00e9es et les surfaces vertes affecte les insectes. Y a-t-il d\u2019autres facteurs en jeu\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, malheureusement. Par exemple la surfertilisation des champs, l\u2019usage intensif de pesticides, la pollution atmosph\u00e9rique, les techniques de labour dommageables, la diffusion de plantes sans fleurs import\u00e9es, les jardins de cailloux o\u00f9 il ne pousse plus grand-chose\u2026 Les facteurs n\u00e9gatifs ne manquent pas.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les \u00e9l\u00e9ments les plus probl\u00e9matiques\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me le plus grave concerne les apports d\u2019azote issus de l\u2019agriculture, et du processus de combustion des carburants et des combustibles. Selon les r\u00e9gions, l\u2019apport d\u2019azote peut aller jusqu\u2019\u00e0 20\u00a0kg par hectare, sur de grandes surfaces. Ces apports affectent les animaux vivant dans la v\u00e9g\u00e9tation, favorisent les terres grasses et font reculer les animaux et v\u00e9g\u00e9taux qui privil\u00e9gient les sols maigres. Ce haut niveau d\u2019azote agit comme un pesticide, et d\u00e9truit une partie de la flore. Ce qui r\u00e9duit aussi la diversit\u00e9 des insectes pr\u00e9sents.<\/p>\n<p><strong>Mais il existe tout-de-m\u00eame un certain nombre de personnes qui prennent soin de la nature. Elles paillent leur jardin, au lieu de b\u00eacher et d\u2019ameublir la terre.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Il faut veiller \u00e0 d\u00e9truire le moins possible les couches du sol. En laissant la terre tranquille, on favorise certainement les organismes et la faune du sol. Avec un tas de feuilles mortes, le jardin offre un refuge aux limaces, ce qui permet aux insectes, reptiles, h\u00e9rissons et oiseaux de trouver suffisamment de nourriture.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_45550\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-45550\" class=\"wp-image-45550\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/05\/f348c662-f348c662-img_1927-e1522943572785-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"667\" \/><p id=\"caption-attachment-45550\" class=\"wp-caption-text\">De temps en temps, laisser faire la nature. \u00a9 Tanja Keller<\/p><\/div>\n<p><strong>Vous conseillez donc de ne pas enlever les feuilles mortes\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas besoin de souffler toutes les feuilles mortes, bien au contraire. Je recommande de faire un tas de vieilles branches, ou de laisser pourrir le bois ou les feuilles par endroits. On cr\u00e9e ainsi un refuge pour les insectes et les autres animaux, les jours de canicule. Toutefois, pour les animaux \u00e0 sang froid, il faut aussi pr\u00e9voir des zones ouvertes et chaudes, afin qu\u2019ils puissent entrer en activit\u00e9 au cr\u00e9puscule. Les vers luisants m\u00e2les ont besoin d\u2019un espace ouvert leur permettant de voler pour trouver les femelles scintillantes. Ce qui est impossible dans un taillis. Les vers luisants vivent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la transition d\u2019un habitat \u00e0 l\u2019autre, dans les microstructures vari\u00e9es, comme on en trouve fr\u00e9quemment dans les vieux jardins.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 propos des sols gras\u00a0: depuis des ann\u00e9es, j\u2019essaie de faire pousser des fleurs dans un coin de notre jardin qui n\u2019a plus de couverture de terre grasse. Que pensez-vous de cette tentative\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Il est parfois possible d\u2019appauvrir\u00a0le sol\u00a0: en enlevant syst\u00e9matiquement l\u2019herbe coup\u00e9e, voire en \u00e9vacuant la couche d\u2019humus, en ajoutant du gravier ou du sable, et en favorisant les plantes adapt\u00e9es \u00e0 ce type d\u2019endroit et de sol. Ce n\u2019est pas une d\u00e9marche que je recommande syst\u00e9matiquement, mais selon les endroits, elle peut favoriser diverses populations d\u2019insectes.<\/p>\n<p><strong>Que peut-on faire d\u2019autre pour favoriser les insectes dans son jardin\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Choisir les bons buissons et les bonnes plantes. Donc les v\u00e9g\u00e9taux et les plantes \u00e0 fleurs indig\u00e8nes, qui conviennent aux chenilles de papillons et aux insectes. Les syrphes, les abeilles et les autres pollinisateurs ont besoin de plantes \u00e0 fleurs. Il est toujours utile d\u2019avoir des tas de branchages, de pierres et de feuilles mortes, ou encore de petits murs de pierre. Je plaide pour une certaine paresse au jardin. Il est suffisant, et m\u00eame recommand\u00e9, d\u2019\u00eatre minimaliste en mati\u00e8re de jardinage. Un autre enjeu est de choisir la bonne m\u00e9thode pour couper l\u2019herbe.<\/p>\n<p><strong>Quelle est la bonne m\u00e9thode\u00a0? En tant qu\u2019horticultrice, je suis parfois oblig\u00e9e d\u2019utiliser la d\u00e9broussailleuse, ce qui n\u2019est certainement pas bon pour les insectes.<\/strong><\/p>\n<p>\u00c9videmment, la taille de la surface joue un r\u00f4le pour le choix d\u2019une tondeuse, d\u2019une d\u00e9broussailleuse ou d\u2019une faux. \u00c0 Wynegg, pr\u00e8s de Zurich, nous avons compar\u00e9 deux m\u00e9thodes sur deux surfaces de 30 m2 chacune\u00a0: d\u2019une part la faux et le r\u00e2teau, et d\u2019autre part la d\u00e9broussailleuse et le souffleur. Avec un r\u00e9sultat tout-\u00e0-fait \u00e9tonnant\u00a0: le fauchage, pratiquement silencieux, \u00e9tait plus rapide que la d\u00e9broussailleuse, qui fait beaucoup de bruit. Et le r\u00e2teau s\u2019est av\u00e9r\u00e9 nettement plus efficace que le souffleur. D\u2019ailleurs, la d\u00e9broussailleuse d\u00e9truit tout sur son passage, y compris les insectes, et m\u00eame parfois les h\u00e9rissons. Tandis qu\u2019avec la faux, on ne tue pas un seul andr\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Faut-il donc retourner \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la pierre,\u00a0et travailler \u00e0 la faux\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La faux ne date pas de l\u2019\u00e2ge de la pierre, mais de l\u2019\u00e2ge du fer. Elle n\u2019est pas utilisable partout, mais peut \u00eatre une bonne solution selon les endroits. \u00c0 Zurich, autour de l\u2019\u00e9glise Kreuzkirche, nous fauchons chaque ann\u00e9e un pr\u00e9, avec notre groupe de fauchage. C\u2019est un endroit magnifique, unique en son genre. On y trouve m\u00eame la Luciola italica, cette variante de petits vers luisants qui clignotent. Ils se sont \u00e9tablis ici depuis les ann\u00e9es 1950. Personne ne sait comment ils ont choisi cet endroit. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019utiliser la faux, pour m\u00e9nager cet insecte.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en est-il de la pollution lumineuse\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut r\u00e9duire au maximum les sources de lumi\u00e8re au jardin, voire les supprimer, car elles d\u00e9rangent de nombreux animaux nocturnes qui sont actifs la nuit. Les larves des vers luisants r\u00e9agissent m\u00eame \u00e0 la pleine lune, et cessent leur activit\u00e9 durant cette p\u00e9riode. Ce n\u2019est donc pas une bonne id\u00e9e d\u2019avoir des mises en sc\u00e8ne lumineuses au jardin. On sait aussi que les vers luisants m\u00e2les \u00e9vitent tout faisceau lumineux, alors que les femelles appr\u00e9cient la lumi\u00e8re. En introduisant des sources de lumi\u00e8re artificielle, on s\u00e9pare donc les m\u00e2les des femelles, ce qui peut \u00eatre d\u00e9sastreux, car leur p\u00e9riode reproductive ne dure que deux semaines. Chaque r\u00e9verb\u00e8re pos\u00e9 dans une zone de vers luisants cr\u00e9e donc un trou dans le paysage reproductif de cet insecte. Conclusion\u00a0: \u00e9viter la lumi\u00e8re au jardin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_45552\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-45552\" class=\"wp-image-45552\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/05\/a6d4a596-a6d4a596-img_0561-kopie-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"667\" \/><p id=\"caption-attachment-45552\" class=\"wp-caption-text\">Les insectes ont besoin de plantes \u00e0 fleurs. \u00a9 Tanja Keller<\/p><\/div>\n<p><strong>Les instances politiques font-elles assez pour favoriser la diversit\u00e9 des insectes\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Selon le droit f\u00e9d\u00e9ral, il faut une compensation \u00e9cologique, dans les r\u00e9gions rurales comme dans les zones habit\u00e9es. Concernant les surfaces agricoles, cette exigence est partiellement mise en \u0153uvre \u00e0 travers le syst\u00e8me des paiements directs, m\u00eame si tous les probl\u00e8mes ne sont pas r\u00e9solus. Tandis que dans les r\u00e9gions urbaines, les instruments politiques manquent pour maintenir ou favoriser la biodiversit\u00e9. C\u2019est un vrai probl\u00e8me, qu\u2019il est urgent de r\u00e9soudre, en cr\u00e9ant des instruments de compensation \u00e9cologique y compris en r\u00e9gion urbaine.<\/p>\n<p><strong>Quels pourraient \u00eatre ces instruments\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Jo\u00eblle Salomon Cavin, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, a propos\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019un Parc national ou d\u2019un Parc naturel en zone urbaine. Elle estime qu\u2019il est absurde de cr\u00e9er des parcs uniquement dans des zones de nature intouch\u00e9e. Une tr\u00e8s bonne id\u00e9e, \u00e0 mon avis, m\u00eame si elle para\u00eet difficile \u00e0 r\u00e9aliser. Peut-\u00eatre qu\u2019on pourrait imaginer des mini-parcs. Et \u00e9ventuellement cr\u00e9er un syst\u00e8me d\u2019incitations et d\u2019interdictions, pour maintenir la biodiversit\u00e9 en zone urbaine\u00a0: des incitations financi\u00e8res \u00e0 cr\u00e9er des oasis de nature dans les villes, et des interdictions de d\u00e9truire totalement la nature en cas de projets de construction. Les zones prot\u00e9g\u00e9es en ville pourraient abriter suffisamment d\u2019insectes pour polliniser y compris les cultures agricoles proches. Ce serait une situation b\u00e9n\u00e9fique pour tous.<\/p>\n<p><strong>Pour l\u2019instant, le d\u00e9clin des insectes continue. Faudrait-il mieux informer la population\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il existe un grand nombre de projets de revitalisation du paysage, de conf\u00e9rences publiques et d\u2019\u00e9v\u00e9nements, cr\u00e9\u00e9s \u00e0 l\u2019initiative de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Si l\u2019on s\u2019y int\u00e9resse, on trouve l\u2019information voulue. Et il est vrai que les personnes inform\u00e9es prennent mieux soin de la nature. L\u2019essentiel me semble \u00eatre une approche \u00e9cologique holistique. Les \u00eatres humains devraient comprendre leur comportement face \u00e0 la nature, pour le remettre en question. Les r\u00e9ponses \u00e0 un tel questionnement seraient salutaires pour les insectes, et la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"background-color: #ecf1f7; color: black; padding: 25px;\">\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><strong>Stefan Ineichen<\/strong> , 59 ans, est biologiste et vit \u00e0 Zurich. Ses domaines de travail et de recherche sont la faune urbaine et l\u2019histoire naturelle de la ville. Il est en particulier fascin\u00e9 par les vers luisants. Charg\u00e9 d\u2019enseignement \u00e0 la Haute \u00e9cole zurichoise des sciences appliqu\u00e9es ZHAW depuis 1997, il est aussi responsable du projet d\u2019excursions \u00e9cologiques NahReisen depuis 2000. Il a publi\u00e9 l\u2019ouvrage \u00ab Stadtfauna \u00bb, avec B. Klausnitzer et M. Ruckstuhl (\u00e9ditions Haupt, Berne 2012).<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on choisit de regarder ailleurs, on facilite les machinations, scandales, irr\u00e9gularit\u00e9s et autres magouilles.<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":27724,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"","p4_local_project":"","p4_basket_name":"","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[103,104,78],"tags":[60],"p4-page-type":[80],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-27720","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essaipublications","category-magazinesociete-essaipublications","category-publications","tag-qui-sommes-nous","p4-page-type-article-de-magazine"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27720"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27720\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27724"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27720"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=27720"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=27720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}