{"id":39387,"date":"2019-11-28T11:46:33","date_gmt":"2019-11-28T09:46:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/?p=39387"},"modified":"2019-11-28T11:46:35","modified_gmt":"2019-11-28T09:46:35","slug":"il-reste-5-10-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/article-de-magazine\/39387\/il-reste-5-10-ans\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Il nous reste 5 \u00e0 10 ans\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pablo Piovano est laur\u00e9at du Prix du public du Greenpeace Photo Award 2018. Son travail photographique t\u00e9moigne des protestations des Mapuches de Patagonie (Argentine et Chili), qui luttent pour pouvoir rester sur leurs terres et mettre fin \u00e0 la destruction de leur environnement. Son oeuvre Patagonia, Territory in Conflict a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e \u00e0 la Gesellschaft f\u00fcr Humanistische Fotografie, \u00e0 Berlin, en ao\u00fbt 2019.<\/strong><\/p>\n\n<p>La r\u00e9gion de Vaca Muerta (\u00abvache morte\u00bb) est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019un des plus grands gisements de schiste bitumineux au monde. Plusieurs multinationales y pratiquent la fracturation hydraulique, une technique aux effets d\u00e9sastreux sur la population et l\u2019environnement. Paul Horsman, responsable de campagne \u00e0 Greenpeace Argentine, r\u00e9pond \u00e0 nos questions.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image  caption-style-blue-overlay caption-alignment-center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/11\/1dd4c925-vaca-muerta-0057-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36365\"\/><figcaption>Le gisement de p\u00e9trole et de gaz de schiste de Vaca Muerta s\u2019\u00e9tend sur les provinces argentines de Neuqu\u00e9n, R\u00edo Negro, La Pampa et Mendoza. (\u00a9 Pablo Piovano)<\/figcaption><\/figure>\n\n<p><strong>Paul Horsman, quelle est la situation actuelle en Patagonie?<\/strong><\/p>\n\n<p>La situation rappelle la ru\u00e9e vers l\u2019or dans le Far West: l\u2019or noir attire de nombreux travailleurs migrants. La prostitution, la violence, la consommation de drogues et d\u2019alcool augmentent, tandis que le logement, le syst\u00e8me de sant\u00e9 et l\u2019instruction publique sont d\u00e9pass\u00e9s par la croissance d\u00e9mographique. La fracturation hydraulique pratiqu\u00e9e par les compagnies p\u00e9troli\u00e8res, notamment sur les terres des peuples autochtones, menace leur droit \u00e0 la vie et \u00e0 la culture, et d\u00e9truit leur environnement. Actuellement, environ 1500 forages sont en exploitation en Patagonie. D\u2019apr\u00e8s les projets du gouvernement, ce nombre devrait passer \u00e0 plus de 50 000.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image  caption-style-blue-overlay caption-alignment-center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/11\/61bdf600-bynl1004060-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36365\"\/><figcaption>Enrique Navarreta vit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une tour de forage et souffre tous les jours du bruit et de la p\u00e9nurie d\u2019eau.  (\u00a9 Pablo Piovano)<\/figcaption><\/figure>\n\n<p><strong>Qui est responsable de la fracturation hydraulique sur place?<\/strong><\/p>\n\n<p>La taille du gisement attire toutes les multinationales p\u00e9troli\u00e8res, notamment Shell, BP, ExxonMobil, Equinor (anciennement Statoil) et Total. Shell a r\u00e9cemment annonc\u00e9 son intention de faire passer sa production p\u00e9troli\u00e8re de 4500 \u00e0 70 000 barils par jour d\u2019ici \u00e0 2025. Une telle expansion impliquerait la construction de 300 nouveaux puits de forage.<\/p>\n\n<p><strong>Quels sont les effets de l\u2019extraction de mati\u00e8res premi\u00e8res sur l\u2019environnement?<\/strong><\/p>\n\n<p>La fracturation hydraulique consiste \u00e0 injecter un m\u00e9lange toxique d\u2019eau, de sable et de produits chimiques dans le sous-sol g\u00e9ologique pour fracturer la roche afin d\u2019en extraire le p\u00e9trole et le gaz. Ce processus g\u00e9n\u00e8re une \u00e9norme quantit\u00e9 de d\u00e9chets hautement toxiques et d\u2019eau pollu\u00e9e, qui correspond \u00e0 20 tonnes par forage et par jour. Les d\u00e9chets toxiques sont d\u00e9vers\u00e9s dans des installations d\u00e9fectueuses et parfois ill\u00e9gales, o\u00f9 ils finissent par contaminer les eaux souterraines. La technique de la fracturation hydraulique menace \u00e9galement la terre, l\u2019air et par cons\u00e9quent la sant\u00e9 de la population. Sans parler des catastrophes p\u00e9troli\u00e8res comme les explosions, qui polluent l\u2019environnement et tuent des personnes.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image  caption-style-blue-overlay caption-alignment-center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/11\/0a7b6d40-vaca-muerta-0051-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36365\"\/><figcaption>Les membres de la communaut\u00e9 autochtone de Campo Maripe sont acquitt\u00e9s de l\u2019accusation d\u2019avoir occup\u00e9 ill\u00e9galement leurs terres ancestrales. (\u00a9 Pablo Piovano)<\/figcaption><\/figure>\n\n<p><strong>Que fait Greenpeace Argentine contre cette pollution?<\/strong><\/p>\n\n<p>Nous travaillons en \u00e9troite collaboration avec les Mapuches de la r\u00e9gion et d\u2019autres peuples autochtones. Nous portons actuellement plainte contre Shell afin de renforcer une action similaire d\u00e9pos\u00e9e par les Mapuches. Nous avons \u00e9galement enqu\u00eat\u00e9 sur les dommages humains et environnementaux caus\u00e9s par les compagnies p\u00e9troli\u00e8res, notamment sur l\u2019\u00e9limination ill\u00e9gale de d\u00e9chets toxiques par les entreprises.<\/p>\n\n<p><strong>Qu\u2019esp\u00e9rez-vous obtenir par votre travail?<\/strong><\/p>\n\n<p>Nous voulons mettre fin \u00e0 l\u2019expansion de l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re. Pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s locales et l\u2019environnement, mais aussi le climat mondial. Si les gisements de mati\u00e8res premi\u00e8res de la Patagonie \u00e9taient enti\u00e8rement exploit\u00e9s et consomm\u00e9s, cela produirait 50 gigatonnes d\u2019\u00e9missions de CO2. Nous n\u2019aurions alors plus aucune chance d\u2019atteindre l\u2019objectif de l\u2019Accord de Paris sur le climat, qui est de limiter le r\u00e9chauffement climatique \u00e0 1,5 \u00b0C ou 2 \u00b0C.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image  caption-style-blue-overlay caption-alignment-center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/11\/327e1b50-vaca-muerta-0012-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36365\"\/><figcaption>Des travailleurs sur un forage p\u00e9trolier de Shell. Les puits atteignent une profondeur moyenne de 2000 m\u00e8tres. (\u00a9 Pablo Piovano)<\/figcaption><\/figure>\n\n<p><strong>\u00c0 ton avis, combien de temps faudra-t-il \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 pour renoncer aux \u00e9nergies fossiles?<\/strong><\/p>\n\n<p>Le rapport actuel du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) d\u00e9clare que la consommation mondiale de p\u00e9trole doit baisser de 37 % et celle de gaz naturel de 25 % d\u2019ici \u00e0 2030 pour ne pas d\u00e9passer le seuil de r\u00e9chauffement de 1,5 \u00e0 2 \u00b0C. Il ne recommande en aucun cas de poursuivre la production de combustibles fossiles comme \u00e0 Vaca Muerta. Autrement dit: il nous reste cinq \u00e0 dix ans pour changer de cap.<\/p>\n\n<p><strong>Que pouvons-nous faire en Suisse pour aider la Patagonie?<\/strong><\/p>\n\n<p>Veiller \u00e0 ce que la place financi\u00e8re suisse arr\u00eate de promouvoir les combustibles fossiles, et donc de d\u00e9truire la Patagonie et les moyens de subsistance de la population, comme le fait Credit Suisse avec ses investissements dans des entreprises exploitant des \u00e9nergies fossiles.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image  caption-style-blue-overlay caption-alignment-center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/static\/planet4-switzerland-stateless\/2019\/11\/59536d9d-vaca-muerta-0008-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36365\"\/><figcaption>L\u2019installation de Shell \u00e0 Neuqu\u00e9n (Argentine) attire de nombreuses familles \u00e0 la recherche d\u2019un travail dans l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re. (\u00a9 Pablo Piovano)<\/figcaption><\/figure>\n\n<p><strong>Pourquoi veux-tu continuer la lutte contre la fracturation en Patagonie?<\/strong><\/p>\n\n<p>C\u2019est tout simplement une n\u00e9cessit\u00e9. Ne serait-ce que pour d\u00e9noncer l\u2019injustice faite aux populations autochtones, qui vivent dans cette r\u00e9gion depuis des mill\u00e9naires. Si l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re recule globalement, ce processus n\u2019est pas assez rapide pour sauver la plan\u00e8te et ses habitants.<\/p>\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/publication\/36346\/greenpeace-magazine-03-19\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Voici (\u00f6ffnet in neuem Tab)\">Voici<\/a> le magazine entier sur le climat.<a rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.facebook.com\/share.php?u=http%3A%2F%2Fbit.ly%2F2LwYmos\"><br><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pablo Piovano est laur\u00e9at du Prix du public du Greenpeace Photo Award 2018.<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":39414,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"not set","p4_local_project":"","p4_basket_name":"not set","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[101],"tags":[58],"p4-page-type":[80],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-39387","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazine-climatpublications","tag-climat","p4-page-type-article-de-magazine"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39387","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39387"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39387\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/39414"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39387"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39387"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39387"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=39387"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=39387"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}