{"id":64215,"date":"2021-02-12T18:07:30","date_gmt":"2021-02-12T17:07:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/article-de-magazine\/64215\/was-ist-schweizer-fleisch\/"},"modified":"2021-02-15T14:43:56","modified_gmt":"2021-02-15T13:43:56","slug":"quoi-viande-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/story-fr\/64215\/quoi-viande-suisse\/","title":{"rendered":"C\u2019est quoi la viande Suisse?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><strong>La tendance qui consiste \u00e0 mettre en avant des aliments produits localement s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e ces trois derni\u00e8res d\u00e9cennies dans le commerce de d\u00e9tail en Suisse. Les \u00e9missions de CO2 li\u00e9es au transport et certains scandales dans la production de viande ont convaincu les consommateurs de privil\u00e9gier les bons produits bien de chez nous. Dans le domaine de la viande, Proviande, l\u2019organisation fa\u00eeti\u00e8re du secteur, touche des subventions pour faire la promotion de la \u201cViande Suisse\u201d aupr\u00e8s des consommateurs. L\u2019an dernier 6 millions de francs suisses ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s pour cette campagne de publicit\u00e9. Mais la question demeure: le consommateur qui fait le choix d\u2019acheter de la viande suisse en a-t-il pour son argent?\u00a0<\/strong><\/strong><\/p>\n\n<p>Difficile de s\u2019y retrouver dans la jungle des labels pour la viande. <a href=\"https:\/\/mangeravecducoeur.ch\/label-toutes-les-viandes\/\">Il en existe pr\u00e8s de 150<\/a> dans notre pays, avec des cahiers des charges tr\u00e8s vari\u00e9s. Pour offrir un semblant de clart\u00e9 aux consommateurs, la marque \u201cSuisse Garantie\u201d a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2004. Cette appellation n\u2019est pas un label en soi, mais une \u201cmarque de garantie\u201d. Cela signifie qu\u2019elle n\u2019est pas la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une entreprise sp\u00e9cifique mais qu\u2019elle peut \u00eatre utilis\u00e9e par tous les producteurs, pour autant qu\u2019ils \u201crespectent les exigences du r\u00e8glement en vigueur\u201d, ce qui est v\u00e9rifi\u00e9 par des organismes ind\u00e9pendants.\u00a0<\/p>\n\n<p>La marque \u201cSuisse Garantie\u201d peut \u00eatre appos\u00e9e sur de tr\u00e8s nombreux produits v\u00e9g\u00e9taux et animaux. Sur le site Internet de Suisse Garantie il est expliqu\u00e9 qu\u2019\u201cune provenance 100 % suisse est exig\u00e9e pour les produits non compos\u00e9s. Un seuil a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 90 % pour les produits compos\u00e9s.\u201d Cela signifie que si le consommateur ach\u00e8te une escalope de porc \u201cSuisse Garantie\u201d celle-ci doit \u00eatre issue d\u2019une production suisse. Dans le cas d\u2019un Cordon Bleu portant cette marque, 10% des ingr\u00e9dients peuvent venir de l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n\n<p>Reprenons le cas de l\u2019escalope de porc. Pour qu\u2019elle puisse porter la marque \u201cSuisse Garantie\u201d, le cochon dont elle est issue doit venir d\u2019une ferme Suisse. Mais qu\u2019en est-il du fourrage utilis\u00e9 pour nourrir ce cochon? Sur le site internet de \u201cSuisse Garantie\u201d l\u2019origine g\u00e9ographique du fourrage n\u2019est pas \u00e9voqu\u00e9e. Il est simplement mentionn\u00e9 que ni les animaux de rente, ni le fourrage ne peuvent \u00eatre g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s. Dans les faits, ce cochon pourrait \u00eatre uniquement nourri de fourrages import\u00e9s et porter malgr\u00e9 tout la marque \u201cSuisse Garantie\u201d.\u00a0<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Vive la garniture!<\/strong><\/strong><\/h2>\n\n<p>\u201cViande Suisse, tout le reste n\u2019est que garniture\u201d ou \u201cViande Suisse, la diff\u00e9rence est l\u00e0\u201d sont des slogans que la majeure partie des Suisses ont r\u00e9guli\u00e8rement entendu ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Tant mieux d\u2019ailleurs: ce sont leurs imp\u00f4ts qui ont financ\u00e9 les campagne de publicit\u00e9 portant ces slogans au travers du syst\u00e8me de promotion de la qualit\u00e9 et des ventes de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture (OFAG) . Toutefois, avec ce syst\u00e8me d\u2019incitation, le consommateur re\u00e7oit le message que le produit qu\u2019il mange est \u00e0 100% issu d\u2019une production Suisse, alors que dans les faits il n\u2019existe pas de garantie. Si le fait de faire profiter de la marque \u201cViande Suisse\u201d \u00e0 des produits qui sont v\u00e9ritablement issus d\u2019une production 100% indig\u00e8ne fait sens, ce n\u2019est pas le cas pour une viande issue d\u2019un animal nourri avec des fourrages import\u00e9s. Il s\u2019agit non seulement d\u2019une tromperie pour le consommateur, mais aussi une pression pour produire de la viande pour les agriculteurs et une incitation \u00e0 consommer toujours plus de produits carn\u00e9s, aux d\u00e9pens de notre sant\u00e9 et de l\u2019environnement.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n<p>Or, manger des produits animaux locaux est uniquement durable si les animaux d\u2019\u00e9levage sont nourris avec de la nourriture produite localement. C\u2019est d\u2019ailleurs une partie importante de la promesse faite au consommateur: manger local permet d\u2019\u00e9viter d\u2019acheter des mati\u00e8res premi\u00e8res alimentaires qui ont travers\u00e9 la plan\u00e8te pour finir dans nos assiettes. Y\u2019aurait-il une tromperie dans les \u00e9tiquettes?\u00a0<\/p>\n\n<p>Proviande aime rappeler dans sa communication que la majorit\u00e9 du fourrage utilis\u00e9 par les agriculteurs vient de Suisse, mettant en avant des producteurs qui nourrissent leurs animaux avec ce qu\u2019ils r\u00e9coltent sur leur ferme. Toutefois, il n\u2019existe aucune obligation de recourir \u00e0 du fourrage Suisse pour pouvoir porter la marque \u201cViande Suisse\u201d.\u00a0 Cet engagement d\u00e9pend donc uniquement de la responsabilit\u00e9 individuelle des producteurs. Interdire les importations de fourrage, entrainerait une r\u00e9duction de la production en Suisse, mais il serait toujours possible de profiter de viande et de produits laitiers suisses de qualit\u00e9. Avec un tel changement, il devient important de r\u00e9duire rapidement la consommation de viande en Suisse. Compenser la perte de production par des importations de produits carn\u00e9s serait pire pour l\u2019environnement que la situation actuelle \u00a0et aboutirait \u00e0 un affaiblissement de l&rsquo;agriculture suisse.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n<p>\u00a0Pire, pour porter la marque \u201cViande Suisse\u201d, il n\u2019est m\u00eame pas requis de porter la marque \u201cSuisse Garantie\u201d. L\u2019appellation \u201cViande Suisse\u201d n\u2019offre donc que tr\u00e8s peu de garantie au consommateur d\u2019acheter une viande issue d\u2019une production v\u00e9ritablement durable.\u00a0<\/p>\n\n<p>Le syst\u00e8me de promotion des ventes financ\u00e9 par la Conf\u00e9d\u00e9ration n\u2019apporte aucune garantie de durabilit\u00e9. L\u2019argent public investi dans le soutien \u00e0 l\u2019agriculture doit pourtant favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019une agriculture \u00e9cologique. La Conf\u00e9d\u00e9ration a d\u2019ailleurs fix\u00e9 en 2008 des objectifs environnementaux pour l\u2019agriculture. Pr\u00e8s de 13 ans plus tard le constat est amer: non seulement aucun des objectifs n\u2019a \u00e9t\u00e9 atteint, mais, pire, les discussions autour d\u2019une nouvelle politique agricole sont compl\u00e8tement bloqu\u00e9es au Parlement.\u00a0<\/p>\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/story-fr\/63686\/agriculture-suisse-dependante-importations\/\">Pendant ce temps, les quantit\u00e9s de fourrage import\u00e9 ont sensiblement augment\u00e9 en Suisse ces derni\u00e8res ann\u00e9es. <\/a>Pour nourrir ses animaux de rente, la Suisse utilise autant de terres dans le pays qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Cela participe \u00e0 la pression sur les terres qui est une des raisons principales pour l\u2019effondrement de la biodiversit\u00e9 mondiale et la d\u00e9forestation.<\/p>\n\n<p>Mais alors, comment encourager une production durable? La premi\u00e8re chose \u00e0 faire est de r\u00e9duire la consommation de viande en Suisse, afin de mettre fin aux importations de fourrage et lib\u00e9rer des terres pour la production d\u2019aliments v\u00e9g\u00e9taux pour les humains. Cela permet de r\u00e9duire l\u2019impact environnemental de l\u2019agriculture suisse et de renforcer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n<p>C\u2019est une premi\u00e8re \u00e9tape vers une refonte en profondeur de notre syst\u00e8me agricole afin de le rendre coh\u00e9rent avec la protection de la biodiversit\u00e9 et du climat.\u00a0 Cette r\u00e9forme de l\u2019agriculture commence par la relance des discussions sur la politique agricole et doit aboutir \u00e0 un nouveau syst\u00e8me de production \u00e9cologique et respectueux des animaux. Pour voir \u00e0 quoi cela pourrait ressembler Greenpeace a d\u00e9fini un mod\u00e8le en 2018:\u00a0 \u201c<a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/story-fr\/26253\/lagriculture-que-nous-voulons\/\">L\u2019agriculture du futur<\/a>\u201d.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n<p><strong><strong>Le 13 juin 2021, les Suisses seront appel\u00e9s aux urnes pour s\u2019exprimer sur \u201cL\u2019Initiative pour une eau potable propre\u201d. Greenpeace soutient cette initiative, notamment car elle rend impossible les importations de fourrage et permet de rendre l\u2019alimentation des animaux de rente en Suisse plus durable rapidement.\u00a0<\/strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tendance qui consiste \u00e0 mettre en avant des aliments produits localement s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e ces trois derni\u00e8res d\u00e9cennies dans le commerce de d\u00e9tail en Suisse.<\/p>\n","protected":false},"author":48,"featured_media":64218,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"not set","p4_local_project":"not set","p4_basket_name":"not set","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[22],"tags":[58,113],"p4-page-type":[77],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-64215","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classifiee","tag-climat","tag-alimentation","p4-page-type-story-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/48"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64215"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64215\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/64218"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64215"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=64215"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=64215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}