{"id":82551,"date":"2022-03-14T10:04:56","date_gmt":"2022-03-14T09:04:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/?p=82551"},"modified":"2022-03-15T14:55:21","modified_gmt":"2022-03-15T13:55:21","slug":"droit-importation-agriculture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/story-fr\/82551\/droit-importation-agriculture\/","title":{"rendered":"Baisse des droits d\u2019importation, in\u00e9galit\u00e9 mondiale et agriculture d&rsquo;avenir"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><strong><strong>La guerre en Ukraine acc\u00e9l\u00e8re la hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires et d&rsquo;autres mati\u00e8res premi\u00e8res. La Suisse r\u00e9agit en r\u00e9duisant les droits de douane sur les importations d&rsquo;aliments pour animaux. C&rsquo;est injuste pour les pays qui ne peuvent pas se permettre de telles mesures. En pratiquant une agriculture adapt\u00e9e aux conditions locales, qui ne d\u00e9pend pas des importations d&rsquo;aliments pour animaux, la Suisse peut et doit lutter contre cette injustice.<\/strong><\/strong><\/strong><\/p>\n\n<p>La Russie et l&rsquo;Ukraine font partie des cinq plus grands exportateurs de c\u00e9r\u00e9ales au monde. Outre le bl\u00e9, le ma\u00efs et d&rsquo;autres c\u00e9r\u00e9ales, ils produisent et exportent de grandes quantit\u00e9s de l\u00e9gumineuses comme le soja et l&rsquo;huile de tournesol. Ils en livrent une grande partie aux pays d&rsquo;Asie centrale et d&rsquo;Afrique. Mais la Suisse importe \u00e9galement des c\u00e9r\u00e9ales et des produits \u00e0 base de soja.<\/p>\n\n<p>Depuis un certain temps d\u00e9j\u00e0, les difficult\u00e9s de la cha\u00eene d&rsquo;approvisionnement, les \u00e9v\u00e9nements climatiques extr\u00eames provoqu\u00e9s par la crise climatique, l&rsquo;augmentation des prix de l&rsquo;\u00e9nergie et la pand\u00e9mie entra\u00eenent une hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires. La guerre en Ukraine entra\u00eene \u00e0 pr\u00e9sent de nouvelles pertes de r\u00e9coltes et des difficult\u00e9s commerciales : destructions li\u00e9es \u00e0 la guerre, manque de main-d&rsquo;\u0153uvre et routes commerciales interrompues. Le nouveau rapport du GIEC montre \u00e9galement que la demande de ressources disponibles continuera \u00e0 \u00eatre mise sous pression en raison de la crise climatique. En bref, les prix des denr\u00e9es alimentaires vont continuer \u00e0 augmenter.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong>La Suisse r\u00e9duit les droits de douane sur les importations de c\u00e9r\u00e9ales fourrag\u00e8res<\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n<p>En r\u00e9action \u00e0 la hausse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9conomie, de la formation et de la recherche (DEFR) a r\u00e9duit les<a href=\"https:\/\/www.admin.ch\/gov\/fr\/accueil\/documentation\/communiques.msg-id-87482.html\"> droits de douane sur les importations<\/a> de c\u00e9r\u00e9ales fourrag\u00e8res \u00e0 partir du 15 mars 2022 afin de limiter au maximum l&rsquo;augmentation des co\u00fbts des importations d&rsquo;aliments pour animaux.<\/p>\n\n<p>Alors que la Suisse peut compenser les prix globalement plus \u00e9lev\u00e9s par la r\u00e9duction des co\u00fbts \u00e0 l&rsquo;importation, les pays moins riches d&rsquo;Asie centrale et d&rsquo;Afrique peuvent moins bien compenser les fluctuations de prix. Nous devons partir du principe que les denr\u00e9es alimentaires de base ne seront abordables que pour les personnes ayant suffisamment d&rsquo;argent ! Ceux qui n&rsquo;ont pas assez d&rsquo;argent ou qui ne sont pas soutenus souffrent de famine. Cette in\u00e9galit\u00e9 le montre : nous devons faire preuve de solidarit\u00e9 internationale, \u00e9galement dans le contexte de la crise climatique, comme le demandent les pays du Sud par exemple lors de la COP26 \u00e0 Glasgow.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong>460&rsquo;000 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales import\u00e9es pour l\u2019alimentation animale<\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n<p>La mesure du DEFR montre \u00e0 quel point l&rsquo;agriculture suisse est d\u00e9pendante des importations d&rsquo;aliments pour animaux et que la politique est pr\u00eate \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts d&rsquo;importation au profit des int\u00e9r\u00eats nationaux afin de maintenir le statu quo dans la production de denr\u00e9es alimentaires d&rsquo;origine animale. Ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 sa situation privil\u00e9gi\u00e9e que la Suisse peut se permettre de compenser les fluctuations de prix par une baisse des co\u00fbts d&rsquo;importation. En effet, la d\u00e9pendance aux importations est consid\u00e9rable : en 2020, la Suisse a import\u00e9 plus de 460&rsquo;000 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales pour l&rsquo;alimentation animale &#8211; \u00e0 titre de comparaison, seules quelque 245&rsquo;000 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales ont \u00e9t\u00e9 import\u00e9es pour la consommation humaine (source :<a href=\"https:\/\/www.swissgranum.ch\/documents\/741931\/6119168\/2021-08-10_Einfuhr_Getreide.pdf\/56f13e38-7411-3c9b-933d-5cb6aac4bb30\"> Swiss granum<\/a>).<\/p>\n\n<p>Outre les produits c\u00e9r\u00e9aliers, la Suisse importe \u00e9galement d&rsquo;autres aliments concentr\u00e9s, dont une partie consid\u00e9rable est par exemple du soja sous forme de tourteaux et de granul\u00e9s. En 2021, 41\u2019000 tonnes de ces tourteaux de soja provenaient de Russie, ce qui repr\u00e9sente 16,4% de toutes les importations de tourteaux de soja (source : Office f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;agriculture OFAG). En 2018, plus de 20% des tourteaux de soja ou, sur l&rsquo;ensemble des tourteaux et graines ol\u00e9agineuses, plus de 18% des graines ol\u00e9agineuses destin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;alimentation animale provenaient \u00e9galement de Russie.<\/p>\n\n<p>Mais pourquoi devons-nous importer des c\u00e9r\u00e9ales ? Comme nous utilisons en Suisse environ la moiti\u00e9 des terres arables pour la production d&rsquo;aliments pour animaux, nous sommes \u00e9galement tributaires des importations de c\u00e9r\u00e9ales pour la consommation humaine directe, notamment en provenance d&rsquo;Ukraine. Concr\u00e8tement, nous avons import\u00e9 en 2021 d&rsquo;Ukraine 2\u2019459 tonnes de bl\u00e9 tendre, pr\u00e8s de 66 tonnes de seigle, environ 109 tonnes d&rsquo;orge et environ 197 tonnes d&rsquo;avoine pour la consommation humaine (source : Office f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;agriculture OFAG). Or, sur les surfaces suisses, nous pourrions cultiver davantage de denr\u00e9es alimentaires pour l&rsquo;alimentation humaine directe et am\u00e9liorer la r\u00e9silience domestique du syst\u00e8me alimentaire.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong>L&rsquo;approvisionnement en denr\u00e9es alimentaires de base menac\u00e9 dans les pays du Sud<\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n<p>Alors que la menace de p\u00e9nurie de mati\u00e8res premi\u00e8res suite \u00e0 la guerre en Ukraine se r\u00e9percute chez nous en particulier sur la disponibilit\u00e9 des aliments pour animaux, les exportations de c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;Ukraine et de Russie en Asie centrale et en Afrique sont importantes en de nombreux endroits pour l&rsquo;approvisionnement de la population. En 2020, l&rsquo;Ukraine a export\u00e9 des produits agricoles d&rsquo;une valeur de 2,9 milliards de dollars am\u00e9ricains vers le continent africain. Environ 48% de ces exportations \u00e9taient du bl\u00e9, 31% du ma\u00efs et le reste de l&rsquo;huile de tournesol, de l&rsquo;orge et des graines de soja. En 2020, les pays africains ont import\u00e9 de Russie des produits agricoles d&rsquo;une valeur de 4 milliards de dollars. Sur ce total, le bl\u00e9 repr\u00e9sentait environ 90% et l&rsquo;huile de tournesol 6% (source :<a href=\"https:\/\/theconversation.com\/how-russia-ukraine-conflict-could-influence-africas-food-supplies-177843#:~:text=SimilarlyProzent\"> The Conversation<\/a>). Dans certains pays comme l&rsquo;\u00c9gypte, la hausse des prix des c\u00e9r\u00e9ales &#8211; et la menace de famine qui en d\u00e9coule &#8211; pourrait avoir un impact sur la stabilit\u00e9 politique.&nbsp;<\/p>\n\n<p>En Suisse, nous donnons du bl\u00e9, de l&rsquo;avoine, du soja et d&rsquo;autres aliments similaires \u00e0 nos animaux de ferme pour les manger ensuite, alors qu&rsquo;ailleurs, des gens meurent de faim parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont justement plus les moyens d&rsquo;acheter ces aliments. Une situation qui s&rsquo;aggrave aujourd\u2019hui \u00e0 cause de la guerre en Ukraine &#8211; et \u00e0 l&rsquo;avenir \u00e0 cause de la crise climatique. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/elevage-intensif.ch\/\">initiative contre l&rsquo;\u00e9levage intensif<\/a>, qui fixe \u00e9galement des normes pour les produits import\u00e9s, pourrait permettre de faire un pas important vers une meilleure gestion des ressources. Sortons enfin de notre d\u00e9pendance aux importations d&rsquo;aliments pour animaux et des d\u00e9gradations de l&rsquo;environnement qui en d\u00e9coulent &#8211; au profit d&rsquo;une<a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/story-fr\/26253\/lagriculture-que-nous-voulons\/\"> agriculture adapt\u00e9e au site, \u00e9quitable et tourn\u00e9e vers l&rsquo;avenir<\/a> et d&rsquo;une plus grande \u00e9quit\u00e9 dans le monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre en Ukraine acc\u00e9l\u00e8re la hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires et d&rsquo;autres mati\u00e8res premi\u00e8res. La Suisse r\u00e9agit en r\u00e9duisant les droits de douane sur les importations d&rsquo;aliments pour animaux. C&rsquo;est injuste pour les pays qui ne peuvent pas se permettre de telles mesures. <\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":82618,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_planet4_optimize_post_is_variant":false,"_planet4_optimize_experiment_name":"","_planet4_optimize_variant_name":"","ep_exclude_from_search":false,"p4_og_title":"","p4_og_description":"","p4_og_image":"","p4_og_image_id":"","p4_seo_canonical_url":"","p4_campaign_name":"not set","p4_local_project":"not set","p4_basket_name":"not set","p4_department":"","footnotes":""},"categories":[22],"tags":[218,221,113],"p4-page-type":[77],"gpch-article-type":[],"class_list":["post-82551","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classifiee","tag-consommation","tag-ukraine-fr","tag-alimentation","p4-page-type-story-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82551","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82551"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82551\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/82618"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82551"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82551"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82551"},{"taxonomy":"p4-page-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/p4-page-type?post=82551"},{"taxonomy":"gpch-article-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/gpch-article-type?post=82551"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}