{"id":86204,"date":"2022-05-18T06:30:00","date_gmt":"2022-05-18T04:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/?p=86204"},"modified":"2022-07-27T17:41:40","modified_gmt":"2022-07-27T15:41:40","slug":"nouveau-rapport-la-manipulation-publicitaire-stimule-la-consommation-de-produits-dorigine-animale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/communique-de-presse\/86204\/nouveau-rapport-la-manipulation-publicitaire-stimule-la-consommation-de-produits-dorigine-animale\/","title":{"rendered":"Nouveau rapport: la manipulation publicitaire stimule la consommation de produits d\u2019origine animale"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Greenpeace Suisse publie ce jour une analyse des principales strat\u00e9gies de communication publicitaires pour la viande, les produits laitiers et les \u0153ufs. Le constat est sans appel&nbsp;: des techniques manipulatoires sont utilis\u00e9es pour l\u00e9gitimer et accro\u00eetre la consommation de produits d&rsquo;origine animale, sans distinction entre les produits respectueux de l\u2019environnement et ceux issus de l&rsquo;\u00e9levage intensif.<\/strong> <strong>Cette promotion, financ\u00e9e en partie avec l\u2019argent des contribuables, n&rsquo;est pas coh\u00e9rente avec la crise climatique et l&rsquo;extinction de masse des esp\u00e8ces. Greenpeace Suisse demande donc non seulement l&rsquo;interdiction des publicit\u00e9s financ\u00e9es par les imp\u00f4ts, mais aussi des publicit\u00e9s du commerce de d\u00e9tail pour tout aliment d\u2019origine animale. Le public est invit\u00e9 \u00e0 soutenir ces demandes en signant la <\/strong><a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/agir\/interdiction-publicite-aliments-origine-animale\/\"><strong>p\u00e9tition<\/strong><\/a><strong>.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n<p>Le rapport \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/publication\/85098\/manipulation-publicitaire-etude-suisse\/\">De la manipulation publicitaire \u00e0 nos assiettes : une \u00e9tude suisse sur la publicit\u00e9 des produits d\u2019origine animale<\/a>&nbsp;\u00bb publi\u00e9 ce jour par Greenpeace Suisse pr\u00e9sente les r\u00e9sultats d\u2019une analyse s\u00e9miologique men\u00e9e sur 600 publicit\u00e9s pour des produits d\u2019origine animale (viande, produits laitiers, \u0153ufs) diffus\u00e9es en Suisse entre 2018 et 2021. Les chercheurs se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la fois aux annonces des distributeurs (Coop, Migros, Aldi, Lidl) et \u00e0 celles du syst\u00e8me de promotion des ventes financ\u00e9es par de l\u2019argent public (Pro Viande, Swiss Milk, Switzerland Cheese Marketing, GalloSuisse, SPRA).<\/p>\n\n<p>Six grandes tendances se d\u00e9gagent des publicit\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es: le pr\u00e9tendu respect pour l\u2019environnement, la mise en avant de traditions ancestrales, la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019identit\u00e9 suisse, les st\u00e9r\u00e9otypes, les valeurs individuelles et collectives.<\/p>\n\n<p><strong>Les principales strat\u00e9gies de communication&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n<p>Au sein de cet imaginaire fictif construit par les annonceurs pour leurs publicit\u00e9s manipulatrices, le groupe de recherche a relev\u00e9 les principales strat\u00e9gies argumentatives utilis\u00e9es pour inciter le public \u00e0 consommer davantage de produits d\u2019origine animale.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Utiliser des proc\u00e9d\u00e9s cin\u00e9matographiques en cr\u00e9ant des spots publicitaires sous forme de s\u00e9rie, \u00e9tablissant ainsi une relation famili\u00e8re, voire de d\u00e9pendance, avec le spectateur-consommateur.&nbsp;<\/li><li>D\u00e9vier l\u2019attention pour faire oublier les enjeux, par exemple gr\u00e2ce \u00e0 des ellipses narratives qui permettent de passer du p\u00e2turage \u00e0 l\u2019assiette (en occultant la traite des vaches ou l\u2019abattage). L\u2019objectif&nbsp;: faire oublier l\u2019origine des produits, leur processus de fabrication ainsi que les enjeux philosophiques, culturels et \u00e9cologiques. Il s\u2019agit de ne pas parler explicitement du produit mais de valoriser des prix attractifs, des moments conviviaux ou le sentiment d\u2019appartenance.<\/li><li>Recourir \u00e0 l\u2019humour pour d\u00e9tourner l\u2019attention du public des questions soulev\u00e9es par les processus de transformation des produits et rendre risibles les enjeux environnementaux.<\/li><li>Utiliser des arguments d\u2019autorit\u00e9, en incitant \u00e0 prendre les \u00e9nonc\u00e9s pour v\u00e9rit\u00e9, qui n\u2019ont pas besoin d\u2019explication. En r\u00e9duisant au silence toute argumentation, les annonceurs rendent ainsi le questionnement et l\u2019esprit critique plus difficiles.<\/li><li>Recourir \u00e0 des st\u00e9r\u00e9otypes (hommes virils et femmes v\u00e9g\u00e9tariennes par exemple), des symboles identitaires et des valeurs qui visent \u00e0 normaliser la consommation de produits d\u2019origine animale en les associant aux groupes pr\u00e9sent\u00e9s comme socialement attractifs&nbsp; dans les publicit\u00e9s.<\/li><li>Mettre en place une confusion des mondes (\u00ab&nbsp;filet de l\u00e9gume&nbsp;\u00bb par exemple)&nbsp;: en brouillant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les rapports et les diff\u00e9rences entre esp\u00e8ces, le public est incit\u00e9 \u00e0 croire que les animaux sont trait\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gal des humains, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 la publicit\u00e9 favorise un syst\u00e8me anthropocentr\u00e9. Ces stratag\u00e8mes font croire que les commanditaires des publicit\u00e9s prennent particuli\u00e8rement soin du monde vivant, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 ils renforcent la position de sup\u00e9riorit\u00e9 des humains sur la nature.&nbsp;<\/li><li>Cr\u00e9er un univers fictif, parfois inspir\u00e9 de mythes (le symbole du feu, etc.) et enracin\u00e9 dans une pseudo-histoire lointaine qui invisibilise la domination des humains sur les animaux et ses cons\u00e9quences n\u00e9gatives.<\/li><\/ul>\n\n<p>La publicit\u00e9 (qui vise \u00e0 provoquer une action ou un comportement) n\u2019est pas n\u00e9cessairement manipulatoire, mais elle le devient lorsqu\u2019elle ne r\u00e9v\u00e8le pas son projet et le maquille sous une autre forme. \u00ab&nbsp;Nous pensons \u00eatre libres de nos d\u00e9cisions nos achats, alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 notre rapport montre comment les entreprises utilisent des techniques rh\u00e9toriques douteuses pour influencer nos habitudes de consommation&nbsp;\u00bb constate Alexandra Gavilano, responsable de projet syst\u00e8me alimentaire pour Greenpeace Suisse.&nbsp;<\/p>\n\n<p><strong>Caract\u00e9ristiques communes \u00e0 toutes les publicit\u00e9s&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n<p>Nombreuses sont les r\u00e9f\u00e9rences implicites aux pr\u00e9occupations \u00e9cologiques ou animales afin de les contrer, voire de les tourner \u00e0 l\u2019avantage de l\u2019annonceur (consommer du lait ou de la viande suisse, c\u2019est prot\u00e9ger la nature). Cette strat\u00e9gie publicitaire est bas\u00e9e sur une forme de raisonnement dans laquelle le syllogisme est r\u00e9duit \u00e0 deux termes (la pr\u00e9misse et la conclusion). On constate ainsi une ellipse des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9rangeants (par exemple, l\u2019abattage).<\/p>\n\n<p><strong>Sp\u00e9cificit\u00e9s par type de produit<\/strong><\/p>\n\n<p>Dans la publicit\u00e9 pour de la viande, les animaux sont rarement pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019\u00e9cran&nbsp;; lorsque c\u2019est le cas, ils sont d\u00e9sign\u00e9s en tant que \u00abproduit\u00bb. Les \u00e9tapes de production de la viande ne sont pratiquement jamais montr\u00e9es. Inversement, la publicit\u00e9 pour les produits laitiers, comme le fromage et le beurre, montre souvent des animaux vivants dans une campagne id\u00e9alis\u00e9e faite de grands espaces et d\u2019une nature verdoyante. Quant \u00e0 la publicit\u00e9 pour les \u0153ufs, elle met en exergue l\u2019aliment lui-m\u00eame, sa polyvalence, sans image aucune de poule ni de leur condition d\u2019\u00e9levage.<\/p>\n\n<p><strong>Caract\u00e9ristiques communes aux commerces de d\u00e9tail et leur sp\u00e9cificit\u00e9&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n<p>La publicit\u00e9 des distributeurs se concentre sur les grillades, une pratique alimentaire pr\u00e9sent\u00e9e comme ancestrale et conviviale. La viande reste g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9e comme l\u2019\u00e9l\u00e9ment principal du repas, et surtout comme la nourriture normale et la plus populaire. La grande majorit\u00e9 des annonces met en avant les prix, sans aucune revendication explicite \u00e0 propos du produit, son origine, les animaux ou les processus de production. Les st\u00e9r\u00e9otypes demeurent tr\u00e8s pr\u00e9sents.&nbsp;<\/p>\n\n<p>Coop et Migros ont des styles publicitaires assez similaires dans certaines de leurs s\u00e9ries publicitaires. En mettant l\u2019accent sur des moments de d\u00e9tente en famille ou entre amis, ils semblent vouloir repr\u00e9senter l\u2019ensemble de la population suisse, sans r\u00e9ussir cependant \u00e0 \u00e9viter les st\u00e9r\u00e9otypes de genre, de valeurs et de traditions suisses. Ce type de publicit\u00e9 d\u00e9vie l\u2019attention du produit vers le consommateur, ses habitudes, son style de vie. De leur c\u00f4t\u00e9, Aldi et Lidl mettent en avant presque exclusivement les r\u00e9ductions de prix (dans plus de 90% de leurs vid\u00e9os). Les animaux, leur origine et leur environnement n\u2019y sont jamais montr\u00e9s. Il appara\u00eet que plus l\u2019attention est d\u00e9tourn\u00e9e du produit, plus sa qualit\u00e9 et sa production sont douteuses.<\/p>\n\n<p><strong>La publicit\u00e9 encourage les habitudes alimentaires n\u00e9fastes pour l&rsquo;environnement<\/strong><\/p>\n\n<p>C\u2019est une erreur de penser que le syst\u00e8me alimentaire suisse joue un&nbsp; r\u00f4le n\u00e9gligeable dans la crise climatique et la destruction \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale des \u00e9cosyst\u00e8mes. La surconsommation de produits d\u2019origine animale contribue au r\u00e9chauffement climatique, \u00e0 la d\u00e9forestation et \u00e0 la pollution \u00ab&nbsp;La promotion de produits d&rsquo;origine animale n&rsquo;est pas donc coh\u00e9rente avec la crise climatique et celle de la biodiversit\u00e9. Pas plus qu\u2019avec la notion de justice alimentaire qui demande une r\u00e9partition \u00e9quitable et durable des ressources. Nous devons r\u00e9duire notre consommation d\u2019aliments d\u2019origine animale et c&rsquo;est le r\u00f4le que devrait jouer la publicit\u00e9, en particulier celle financ\u00e9e par les imp\u00f4ts, qui co\u00fbte pr\u00e8s de CHF 40 millions par an aux contribuables ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Les d\u00e9taillants ont aussi un r\u00f4le \u00e0 jouer et tant que leur pouvoir de march\u00e9 reste important, il faut r\u00e9glementer de mani\u00e8re plus stricte les pratiques commerciales qui influencent les modes de consommation. Si les d\u00e9taillants doivent adapter leur strat\u00e9gie de marketing pour amener leur client\u00e8le \u00e0 consommer de mani\u00e8re plus durable, leurs fournisseurs pourront alors adapter leur mode de production. Au lieu de cela, non seulement la publicit\u00e9 normalise la consommation, mais elle donne aussi au consommateur le sentiment qu&rsquo;en choisissant des produits suisses, il fait un geste \u00e9cologique. Alors qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 ce mode de consommation nuit \u00e0 notre plan\u00e8te \u00bb explique Alexandra Gavilano.&nbsp;<\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><strong>Mat\u00e9riel compl\u00e9mentaire<\/strong><\/p>\n\n<p>Rapport <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/publication\/85098\/manipulation-publicitaire-etude-suisse\/\">De la manipulation publicitaire \u00e0 nos assiettes : une \u00e9tude suisse sur la publicit\u00e9 des produits d\u2019origine animale<\/a><\/p>\n\n<p>P\u00e9tition <a href=\"https:\/\/www.greenpeace.ch\/fr\/agir\/interdiction-publicite-aliments-origine-animale\/\">Pour une interdiction de la publicit\u00e9 des aliments d\u2019origine animale&nbsp;<\/a><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><strong>Contacts<\/strong><\/p>\n\n<p>Alexandra Gavilano, responsable de projet syst\u00e8me alimentaire pour Greenpeace Suisse, +41 44 447 41 38, <a href=\"mailto:alexandra.gavilano@greenpeace.org\">alexandra.gavilano@greenpeace.org<\/a><\/p>\n\n<p>Fanny Eternod, porte-parole consommation pour Greenpeace Suisse +41 78 662 07 31, <a href=\"mailto:fanny.eternod@greenpeace.org\">fanny.eternod@greenpeace.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Greenpeace Suisse publie une analyse des strat\u00e9gies de communication publicitaires pour la viande, les produits laitiers et les \u0153ufs. 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