Les dernières semaines ont été chargées en actualités autour du nucléaire. Les Suisses habitant une zone d’un rayon de 50 kilomètres autour des centrales nucléaires ont reçu leurs comprimés d’iode. Greenpeace a tout fait pour informer la population sur la portée limitée de cette mesure. Enfin, le Conseil National a montré clairement qu’il donnait plus d’importance aux intérêts des exploitants de centrales nucléaires qu’à la sécurité de la population.

La centrale nucléaire de GösgenLes dernières semaines ont été chargées en actualités autour du nucléaire. Les Suisses habitant une zone d’un rayon de 50 kilomètres autour des centrales nucléaires ont reçu leurs comprimés d’iode. Greenpeace a tout fait pour informer la population sur la portée limitée de cette mesure. Enfin, le Conseil National a montré clairement qu’il donnait plus d’importance aux intérêts des exploitants de centrales nucléaires qu’à la sécurité de la population.

La possibilité d’un accident nucléaire est bien réelle en Suisse. Les autorités l’ont officiellement confirmé avec la distribution d’iode. Près de 5 millions de Suisses ont reçu une douzaine de ces pilules à leur domicile. Cette opération a été menée sous le slogan « Bien protégé en cas d’urgence », qui est bien trompeur. Le fait que les comprimés ne permettent pas d’éviter une évacuation massive de la population, le fait qu’il est pratiquement impossible de prévenir la population à temps pour la prise de ces médicaments, ou encore le fait que l’iodure de potassium ne protège l’organisme que contre l’un des nombreux produits radioactifs susceptible de s’échapper d’une centrale en cas d’accident manquent dans le discours officiel. Des omissions que nous ne pouvions laisser en l’état.

Nous avons mis en ligne un site Internet spécial, contenant les informations nécessaires afin de comprendre les tenants et aboutissant de la distribution d’iode et de la situation particulière de la Suisse en matière de nucléaire. Plus de 8’000 personnes ont soutenu notre pétition, et plus de 2’000 d’entres elles ont décidé d’adresser un message personnel aux parlementaires fédéraux qui discutaient de la Stratégie énergétique 2050 lors de la session parlementaire d’hiver. Mais nous avons aussi décidé d’informer directement les ménages en faisant parvenir un courrier à près d’un millions de ménages.

Malheureusement le Conseil national est resté sourd à nos messages. Il aurait pourtant été bien inspiré de protéger la population en imposant une date limite pour la fin de service des centrales nucléaires. Au lieu de cela, la chambre basse du Parlement laisse les installations les plus anciennes du pays fonctionner jusqu’à 60 années d’activité. Les centrales plus récentes de Gösgen et de Leibstadt continueront de produire de l’électricité indéfiniment. Il appartient au Conseil des Etats de corriger le tir lors de son examen de la Stratégie énergétique 2050. Greenpeace continuera bien entendu de se battre contre le danger que le nucléaire fait peser sur la population de notre pays.

Mathias Schlegel est porte-parole Climat et Energie pour Greenpeace Suisse

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