Produire des textiles sans produits toxiques devient aussi la norme chez les grands distributeurs. C’est le résultat d’un bilan intermédiaire de Greenpeace. Coop, le 2e grand distributeur en Suisse, fait partie des pionniers en Europe. En revanche, Migros reste en queue de peloton.


La campagne Detox a aussi montré l’impact en Suisse, plus de 85% des micropolluants sont libérés lors des lessives et finissent dans les cours d’eau. ©Greenpeace
La campagne Detox a aussi montré l’impact en Suisse, plus de 85% des micropolluants sont libérés lors des lessives et finissent dans les cours d’eau. ©Greenpeace
Aldi, Lidl, Rewe/Penny, Tchibo et Coop sont les pionniers d’une production textile propre chez les grands distributeurs européens. C’est la conclusion d’un bilan intermédiaire publié (en allemand) par Greenpeace. Sous pression depuis le lancement de la campagne Detox en 2011, ces supermarchés ont décidé de retirer les produits chimiques les plus nocifs de leur production.

Ils publient en outre des données sur les rejets liquides et mettent en place des programmes de collecte et de recyclage. « Les vêtements fabriqués sans produits toxiques deviennent de plus en plus la norme dans les supermarchés, » constate Julia Bangerter, chargée de la campagne Detox à Greenpeace Suisse. La pression monte pour Migros qui se trouve en queue de peloton. Ses clients ont aussi droit à des vêtements sans substances toxiques.

Cela fait deux ans que Coop s’est engagée à décontaminer son secteur textile et a signé un engagement dans ce sens. Le bilan intermédiaire montre que Coop tient sa promesse. La notion de transparence sur toute la production textile est essentielle pour les engagements Detox: « La plus grande partie des fournisseurs de Coop publie déjà le contenu de leurs rejets, » reconnaît Julia Bangerter. Plus précisément, 80% des données sur les rejets de Coop sont actuellement publiques.

Mais même si le groupe a signé pour davantage de transparence, a d’ambitieuses listes noires pour les produits chimiques et une collection durable « Naturaline », il y a encore un pas à franchir : « Nous serions ravis si Coop était encore plus innovant en matière de collecte et de recyclage de vêtements – et prenait la tête de son secteur, » poursuit Julia Bangerter.

Le plus grand distibuteur de Suisse, Migros, n’a toujours pas signé d’engagement Detox. Au lieu de cela, le géant orange mise sur ses propres normes que Greenpeace juge trop faibles – en particulier concernant la transparence. L’objectif de la campagne Detox est que les producteurs de textiles cessent de polluer l’eau des pays producteurs avec des produits chimiques toxiques et le prouvent publiquement.

Mais Migros garde le secret sur ses rejets liquides. « Ce manque de transparence est inacceptable, car les clients ont le droit de savoir dans quelle mesure la fabrication de leurs vêtements pollue la population et son environnement, » explique Julia Bangerter. En raison du manque de transparence et des listes noires de produits chimiques incomplètes, le principal distributeur de Suisse, la Migros, se trouve parmi les moins bons élèves Detox, de même que les chaînes allemandes Edeka/Netto, Norma, Metro/Real, ainsi que l’autrichienne Interspar.

Les produits chimiques utilisés par l’industrie textile polluent les eaux de surface et les eaux souterraines des pays de production – la plupart d’entre eux sont en Asie. Greenpeace a lancé la campagne Detox au niveau international en 2011 pour lutter contre cette situation. 33 marques internationales de vêtements et de supermarchés ont déjà signé les engagements Detox. Ils vont ainsi éliminer d’ici à 2020 tous les produits chimiques toxiques de leurs chaînes de production et publier les données sur les rejets chimiques générés par leurs produits.