Däniken, dans le canton de Soleure, mercredi 28 janvier 2026
Des militant·es Greenpeace ont projeté mercredi soir un film et une série de messages sur la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Gösgen, à l’arrêt depuis mai dernier. L’objectif est de dénoncer les décennies de dissimulations qui entourent la gestion de la faille de sécurité dans le système d’alimentation en eau et le risque qu’elle représente pour la population. La production d’électricité est interrompue depuis huit mois pour travaux.
“Une faille connue depuis 30 ans. Combien d’autres vices cachés?”, “Non au retour du nucléaire!”, tels sont certains des messages projetés sur la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Gösgen par une demi-douzaine de militant·es. Une vidéo dénonçant les manœuvres politiques du lobby nucléaire pour orchestrer un retour du nucléaire en Suisse a également été diffusée.
“Depuis 1979, la centrale de Gösgen tourne avec une épée de damoclès sur son système d’alimentation en eau”, rappelle Lukas Bühler, expert des questions énergétiques pour Greenpeace Suisse. “Cela fait trois décennies que l’exploitant et l’autorité de surveillance le savent. Pourtant les travaux nécessaires ne sont fait que maintenant. Combien d’autres vices cachés comptent ce réacteur ou les autres réacteurs de Suisse?”
La centrale est censée être reconnectée au réseau dans environ un mois. Pourtant bien des questions restent sans réponse:
- Pourquoi la centrale de Gösgen a-t-elle eu le droit de tourner jusqu’en mai alors que le signalement de la faille de sécurité à l’IFSN en mars aurait dû entraîner un arrêt immédiat selon l’Ordonnance sur l’énergie nucléaire (OENu)?
- Pourquoi, alors que la faille est identifiée depuis le mois de mars, aucune information sur la nature du problème n’a été rendue publique avant la fin du mois de juin?
- Pourquoi a-t-il fallu attendre près de deux mois avant de connaître la durée exacte de la prolongation de l’arrêt de la centrale, et près de trois mois avant d’en connaître précisément les causes?
- Et qui paiera les pots cassés? Le manque à gagner que représente l’interruption de la production pendant plus de 8 mois, pourrait monter à un demi-milliards de francs. S’y ajoutent les coûts de la réparation qui coûteront des millions de francs. Ce sont les propriétaires – Axpo, Alpiq, CKW ainsi que les services industriels EWZ (Zurich) et EWB (Berne), qui sont tous majoritairement détenus par les pouvoirs publics – qui doivent assumer la charge. La population devra-t-elle payer la facture au travers d’une hausse des prix de l’électricité ?
“Cette situation démontre l’absence de fiabilité du nucléaire et les dangers auxquels nous sommes exposés depuis des décennies”, conclut Lukas Bühler. “Pourtant, malgré huit mois d’arrêt, nos bougies sont restées dans leur placard. On le doit à l’essor des énergies renouvelables, en premier lieu du solaire. Voilà la voie à suivre.”
La situation à Gösgen:
La centrale nucléaire de Gösgen est à l’arrêt depuis le début de sa révision annuelle en mai 2025. Cette opération de maintenance de routine est planifiée de longs mois à l’avance. Ce qui n’était pas prévu, c’est que le réacteur ne puisse pas redémarrer comme prévu fin juin. Pendant des semaines, les informations sur la nature du problème et la durée de l’arrêt, transmises tant par l’exploitant que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), sont restées lacunaires. Le fait que la centrale doit rester à l’arrêt jusqu’en février 2026 ne sera rendu public qu’à la fin du mois d’août. Ces mois d’arrêt constituent le temps nécessaire pour effectuer le remplacement de clapets anti-retour dans le système d’alimentation en eau.
Un communiqué de l’IFSN publié mi-septembre, soit près de trois mois après l’annonce de la prolongation de l’arrêt, informe sur le fait que la faille de sécurité avait déjà été identifiée en 1998. Elle a été à nouveau signalée à l’autorité de surveillance en mars 2025. Le recours à de nouvelles méthodes de calculs ont alors démontré que la faille de sécurité pourrait potentiellement conduire à un “accident de dimensionnement”, conduisant à un rejet de radioactivité. Le risque existe depuis l’entrée en service de Gösgen en 1979.
Les photos et les vidéos de la projection
Contacts:
- Lukas Bühler, expert des questions énergétiques, Greenpeace Suisse, +41 76 406 70 23, [email protected]
- Mathias Schlegel, porte-parole, Greenpeace Suisse, +41 79 794 61 23, [email protected]


