Ce week-end, près de 720’000 personnes ont pris part aux plus de 2’300 événements qui se sont tenus dans 175 pays afin d’interpeller les délégations qui se rendent à la Conférence de Paris sur les changements climatiques (COP21). Leur message est simple: dépasser les discours de bonnes intentions et passer aux actes. Il s’agit de notre avenir à tous!


A Genève, ce sont près de 5'000 personnes qui ont pris part à la grande marche pour le climat. © Greenpeace/Van Asperen
A Genève, ce sont près de 5’000 personnes qui ont pris part à la grande marche pour le climat. © Greenpeace/Van Asperen
En Suisse, ce sont plus de 15’000 personnes qui ont pris part aux manifestations de samedi et dimanche. L’Alliance climatique a soutenu les manifestations de Genève, Zurich, Berne, Lucerne, Lugano, St-Gall et Lausanne. Grâce aux initiatives de militants locaux, les habitants des villes de Neuchâtel, Fribourg, Sierre, Delémont, Yverdon et Sierre ont également pu faire passer leur message aux décideurs politiques, suisses et étrangers.

La Suisse doit impérativement revoir sa copie en ce qui concerne la politique climatique. Pour l’heure, la position de la Confédération n’est absolument pas compatible avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C. Pour corriger le tir, les autorités fédérales doivent s’engager à réduire de 60% les émissions de CO2 d’ici à 2030, et pour une sortie complète des énergies fossiles d’ici à 2050.

En outre, la Suisse doit soutenir financièrement les pays en développement qui ont peu contribué au dérèglement climatique, mais qui en subissent les conséquences. Ceci ne doit pas se faire aux dépens de la coopération au développement. Les autorités sont encore loin de remplir les différents objectifs.

Suite aux attentats du 13 novembre, la marche prévue à Paris le 29 novembre a malheureusement été interdite. Mais les militants pour le climat ont réussi à trouver plusieurs parades créatives afin de contourner cette interdiction. D’abord l’initiative March4me, qui permet aux personnes interdites de marche de trouver des manifestants leur offrant de marcher virtuellement dans une autre ville. Cette initiative a été mise sur pied dans un temps record et a réussi à mobiliser près de 30’000 personnes.

Ensuite, les militants ont aussi réussi à battre le pavé en contournant les interdictions. C’est ainsi qu’on a pu voir la place de la République de Paris recouverte de milliers de chaussures, orientée en direction du Centre de conférence du Bourget où se déroule la COP21. Ces chaussures ont ensuite été données à des œuvres de bienfaisance. Enfin les militants ont mis en œuvre des chaînes humaines dans différentes grandes villes de France. Celle de Paris a réuni 10’000 personnes dans une ambiance bon enfant et pleine d’espoir.

« Les entreprises actives dans le gaz, le charbon et le pétrole, ont déjà trois fois plus de réserves d’énergies fossiles dans leurs livres de comptabilité que ce que l’atmosphère peut absorber, sans dépasser le seuil critique de 2 degrés de réchauffement, qui est déjà gigantesque », déclarait Susanna Jourdan, directrice de la Revue Durable dans un discours prononcé à la fin de la manifestation organisée à Genève.

Pour éviter que ces réserves énergétiques soient brûlées, il est important de rappeler aux différentes institutions financières et autres investisseurs potentiels que d’investir dans les énergies fossiles, c’est financer le réchauffement climatique et ses conséquences catastrophiques.

Avec la campagne « Mon argent zéro fossile« , vous pouvez demander des comptes aux principaux investisseurs suisses, et envoyer des courriels à la Banque nationale suisse (BNS), à l’AVS, à la Suva, à Publica et à Swiss Re pour leur demander de prendre leurs responsabilités en matière de protection du climat.