Une nouvelle étude de Greenpeace « Leaving Traces » montre qu’il y a de dangereux produits chimiques dans les équipements et vêtements de célèbres marques d’articles de plein air telles que North Face, Mammut, Columbia et Haglöfs. Greenpeace a fait analyser 40 produits issus de 19 pays pour voir s’ils contiennent des per- ou polyfluorocarbures (PFC). 90% en contiennent encore!


Dites à Mammut et North Face de passer de la parole aux actes et de bannir les PFC! ©Greenpeace/Fotju
Dites à Mammut et North Face de passer de la parole aux actes et de bannir les PFC! ©Greenpeace/Fotju

« Le secteur du plein air continue d’utiliser des polluants dont une partie s’accumule dans la nature et peut même avoir un effet cancérigène. Ce sont des résultats décevants pour les amateurs de plein air qui souhaitent que leur équipement soit propre et durable pour l’environnement, » dénonce Manfred Santen, spécialiste en chimie chez Greenpeace. Les résultats ont été présentés aujourd’hui à l’ISPO de Munich, le plus grand salon européen d’articles de sport. C’est le premier rapport qui a été réalisé en collaboration avec la communauté Outdoor et des fans de la nature. Plus de 30’000 votes ont déterminé le choix des 40 produits qui ont ensuite été testés.

Greenpeace a élargi aux articles de camping sa troisième étude sur les équipements de plein air depuis 2012. Les tests ont porté sur la présence de PFC dans des vestes, des pantalons, des chaussures, des tentes, des sacs à dos, des sacs de couchage, des gants et une corde d’alpinisme. Seuls 4 articles sur 40 ne contenaient pas de PFC. Dix-huit des articles analysés contenaient encore de hauts niveaux de PFOA à longue chaîne très nocifs pour la santé et utilisés par des leaders du marché tels The North Face et Mammut.

« Les consommateurs devraient réfléchir avant leurs achats s’ils ont besoin d’un équipement pour gravir un sommet ou simplement pour se promener à la campagne, » a ajouté Manfred Santen. « Il existe des alternatives sans PFC pour la plupart des activités. » Les textiles en polyester et en polyuréthane résistent par exemple au mauvais temps et ne contiennent pas de PFC. Des marques telles que Fjällräven, Paramo, Pyua, Rotauf et R’adys proposent de tels tissus.

Les plus hauts niveaux de PFC ont été retrouvés dans un sac de couchage The North Face, un pantalon Jack Wolfskin, des chaussures Haglöfs et Mammut, et un sac à dos Mammut. Cette étude montre aussi que de nombreux fabricants utilisent maintenant, au lieu de PFC à longues chaînes tels que le PFOA (l’acide perfluorooctanoïque est soupçonné de provoquer le cancer chez les êtres humains. ), des produits chimiques fluorés volatils. Ceux-ci sont utilisés à des concentrations plus élevées, se dispersent encore plus facilement dans l’environnement et sont volatils. Certains peuvent se dégrader en PFOS (l’acide perfluorooctanesulfonique est associé au cancer du foie et de la thyroïde chez les rats). Les PFC nuisent particulièrement à la santé publique et à l’environnement dans les pays de production.

Alors que la plupart des grandes marques de plein air sont encore très dépendantes des produits chimiques dangereux, Páramo a annoncé aujourd’hui son engagement Detox. Páramo est la première marque dans le secteur Outdoor qui a déjà éliminé les PFC de sa chaîne de production, démontrant ainsi que les équipements haute performance sans PFC sont possibles. La marque du Royaume-Uni rejoint ainsi 34 marques internationales de mode et de sport déjà engagés dans la campagne Detox. Greenpeace exige des fabricants de textiles qu’ils remplacent les produits chimiques dangereux par des alternatives favorables à l’environnement.