Le Conseil national a aujourd’hui renoncé à limiter dans le temps la durée d’activité des centrales nucléaires. Les conseillers nationaux ont également renoncé à renforcer les exigences de sécurité. Les recommandations de l’autorité de surveillance du nucléaire ont été sciemment ignorées. Avec les décisions prises aujourd’hui, la sortie du nucléaire peut être comparée à un tour de grand-huit effectué sans freins, ni ceinture de sécurité.
Centrale nucléaire de LeibstadtIl y a un an, et suivant les recommandations de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), le Conseil national s’était prononcé en faveur du concept d’exploitation à long terme, avec une confortable majorité de 114 voix. Cette stratégie aurait également permis de fixer une date limite pour l’activité de Beznau 1, le plus vieux réacteur en activité sur la planète. Malheureusement, 22 conseillers nationaux issus des rangs des partis bourgeois ont retourné leur veste entre temps, et n’ont même pas jugé bon de voter en faveur d’une version édulcorée du concept d’exploitation à long terme.

« La majorité des conseillers nationaux oublient les enseignements de Fukushima, et prolongent l’activité de Beznau, le plus vieux réacteur au monde, alors même qu’il est à l’arrêt depuis un an pour des raisons de sécurité », déclare Florian Kasser, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace Suisse. Les recommandations de l’IFSN sont simplement ignorées, alors même qu’elles se bornent à demander qu’une marge de sécurité suffisante soit garantie jusqu’au terme de l’activité des centrales nucléaires. « Les conseillers nationaux bourgeois transforment la sortie du nucléaire en un tour de grand-huit sans ceintures de sécurités ni freins. Ce faisant, ils font prendre des risques vertigineux au pays tout entier », ajoute Florian Kasser.

Dans ces conditions, la sortie du nucléaire ne peut plus être considérée comme sûre. L’idée de construire des nouvelles centrales nucléaires a certes été abandonnée. Mais avec une autorité de surveillance désarmée, qui n’aura pas le pouvoir de s’imposer face aux exploitants, les réacteurs les plus vieux risquent de devenir l’objet de nombreux problèmes de sécurité. Au sein du Parlement, la politique de l’atome n’est plus qu’un grand champ de ruine. Seule l’initiative populaire « Sortir du nucléaire » permet d’en finir avec ce jeu politique dangereux.
P.S.: Florian Kasser revient d’un voyage de 3 semaines dans la région de Fukushima et se tient également à disposition des médias afin de partager son expérience de terrain. Retrouvez son journal de bord.

Mathias Schlegel est porte-parole Climat & Energie pour Greenpeace Suisse.

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