La Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques (COP26) démarre lundi à Glasgow. La Suisse veut inciter les autres pays à mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat. Cependant, la Suisse elle-même est loin d’être un modèle en la matière. À l’aune de sa capacité d’action et de sa responsabilité dans la crise climatique, ses efforts en matière de protection du climat sont bien trop faibles. Si tous les pays agissaient de la même manière que la Suisse, le climat se réchaufferait de plus de 3 degrés.

Au lieu de réduire systématiquement les émissions de gaz à effet de serre dans son pays, la Suisse s’appuie sur la compensation de ses émissions de CO2 à l’étranger. À cette fin, elle a conclu des accords bilatéraux avec le Pérou, le Ghana, la Géorgie et d’autres pays.

« La Suisse utilise des pays pauvres, afin de pouvoir détruire davantage le climat elle-même. Compenser les réductions ainsi obtenues par rapport à son propre objectif climatique c’est du Greenwashing et cela n’aide pas le climat », déclare Georg Klingler, chargé de campagne climat pour Greenpeace Suisse. « Cela ne témoigne pas d’une politique de protection du climat tournée vers l’avenir, car tous les pays doivent réduire leurs émissions à un niveau net zéro le plus rapidement possible. »

Les pays riches comme la Suisse sont tenus d’accroître massivement leurs ambitions en matière de protection du climat afin de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 degré. Jusqu’à présent, la Suisse n’est pas sur la bonne voie. Si tous les pays suivaient son approche, la terre se réchaufferait de plus de 3 degrés.

Par conséquent, une protection climatique équitable de la part de la Suisse signifie:
-Réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le pays de 60 % d’ici à 2030.
-Contribuer, par des mesures supplémentaires à l’étranger, à ce que d’ici 2030, on puisse éviter chaque année dans d’autres pays au moins autant d’émissions que la Suisse n’en émet aujourd’hui (environ 50 millions de tonnes d’équivalents CO2 par année). L’essentiel est que le bilan des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse soit négatif d’ici 2030 par rapport à 1990. [1]
-Définir enfin des règles et des normes efficaces afin que les flux financiers transitant par la place financière suisse soient dirigés vers des activités respectueuse du climat afin de transformer l’économie réelle.
-Augmenter la contribution au Fond vert pour le climat et ainsi apporter un plus grand soutien aux pays qui en ont besoin pour lutter contre la crise climatique et surmonter ses conséquences.

« La Suisse peut faire la différence avec une protection ambitieuse du climat et épargner de grandes souffrances aux populations du monde entier », conclut Georg Klingler.

[1] Analyse des performances de la Suisse par le thinktank Climate Action Tracker : https://climateactiontracker.org/countries/switzerland/.

Contact:

Georg Klingler, chargé de campagne climat , Greenpeace Suisse, +41 79 785 07 38, [email protected]

Greenpeace à la COP26:

Greenpeace est présent à Glasgow avec une petite délégation. L’organisation environnementale a préparé un document de briefing pour les médias. Les positions et les demandes de Greenpeace pour la COP26 sont à retrouver dans le COP26 Policy Brief.

Pour les interviews avec les représentants de Greenpeace présent sur place, veuillez contacter le service de presse de l’organisation (24h/24h) au +31 20 718 2470 ou, par e-mail: [email protected].