Il y a trois ans jour pour jour, la population acceptait la loi climat aux urnes. À l’occasion de cet anniversaire et compte tenu de la situation géopolitique actuelle, plus de 20 organisations environnementales et de coopération internationale ainsi que divers partis politiques réclament davantage d’efforts pour appliquer la volonté populaire. Plus de 10’000 signataires réclament dans un appel adressé à la Confédération et aux cantons des mesures pour une sortie rapide du pétrole et du gaz.
Le 18 juin 2023, 59,1 % des personnes ont voté pour l’adoption de la loi sur le climat et l’innovation, disant oui à la sortie du pétrole et du gaz ainsi qu’à une Suisse climatiquement neutre d’ici 2050. Trois ans plus tard, la Suisse est en bonne voie pour manquer le premier objectif intermédiaire fixé, soit une réduction de la moitié de ses émissions d’ici 2030. L’objectif fixé reste lointain : actuellement, la réduction n’est qu’à 27 %. En 2026, la Suisse est encore fortement dépendante du pétrole et du gaz importés qui couvrent environ deux tiers de nos besoins énergétiques. « La guerre en Iran nous fait ressentir une fois de plus les conséquences de cette dépendance. Lorsqu’une guerre ou une crise éclate, le prix du pétrole monte en flèche et les consommatrices et consommateurs paient plus cher pour se chauffer et faire le plein », explique Oliver Daepp, secrétaire général de l’Association suisse pour la protection du climat. Selon les estimations, la hausse des prix des énergies fossiles liée à la guerre en Iran nous coûtera environ 5 milliards de francs rien que cette année.
L’indépendance énergétique permet de réduire les coûts et d’assurer la sécurité
La réponse à la crise actuelle du prix du pétrole est claire : il faut sortir du pétrole et du gaz et passer aux énergies renouvelables locales. Le surcoût de 5 milliards de francs que la population déboursera cette année pour faire face à la hausse des prix liée à la guerre en Iran permettrait de remplacer environ 100’000 systèmes de chauffage au mazout et au gaz. Cette somme pourrait rendre les cantons de Lucerne, des Grisons, de Fribourg et de Schwyz indépendants des chauffages à énergie fossile. « Si nous agissons maintenant, nous nous protégeons contre de futurs chocs pétroliers, nous économisons des frais de chauffage et d’essence et nous mettons en même temps la Suisse sur la bonne voie pour lutter contre le changement climatique », explique Daepp.
Pour que cela fonctionne, les responsables politiques doivent envoyer des signaux clairs. Avec l’appel à l’indépendance énergétique déposé aujourd’hui, 23 organisations et partis réclament la sortie du pétrole et du gaz à travers des mesures concrètes. L’appel propose des mesures immédiates, notamment dans les domaines du bâtiment, des transports et de l’énergie, que la Confédération et les cantons peuvent mettre en œuvre rapidement. Il s’agit par exemple d’exploiter le potentiel solaire des infrastructures existantes et d’appliquer les normes actuelles des lois sur l’énergie (MuKEn 25) dans tous les cantons.
Interventions parlementaires aux niveaux cantonal et national
Parallèlement au dépôt de l’appel aujourd’hui, des interventions parlementaires sont soumises aux niveaux national et cantonal. Au niveau fédéral, le conseiller national Jürg Grossen (PVL, BE) dépose aujourd’hui une motion sur les coûts de la dépendance aux énergies fossiles et les conséquences des crises géopolitiques pour la Suisse. Parallèlement, des interventions visant à mettre en œuvre les prescriptions énergétiques actuelles (MuKEn 2025) sont prévues dans plusieurs cantons afin d’accélérer la sortie du pétrole et du gaz.
Pour tout renseignement, veuillez contacter :
- Oliver Daepp (DE/FR), secrétaire général de l’Association suisse pour la protection du climat, 079 747 17 28, [email protected]
Communiqué de presse conjoint publié par :



